Beaumarchais et son temps, par de Loménie, II
4. Voyez dans l'ouvrage de Al. Bettelheim, pp. 65 1-655, le texte du privilège accordé à Jean-François Le Tellier, le 18 décembre 1780.
5. Mémoires secrets, et Correspondance secrète, du 3i janvier 1781.
les caractères de Baskerville (in-40 de 8 pp. et 2 ff. non chiff.; C. V. Beuchot, iS83); et in-S» de 18 pp. plus 12 pp. et I f. pour les Motifs et plan de la repartition de 200,000 livres entre les souscripteurs de l'édition in-octavo des Œuvres complètes de M. de Voltaire, avec les caractères de Baskerville (G. V. Bengesco').
On y trouve un Avis préliminaire, un Avertissement des rédacteurs, un Avertissement des éditeurs, les Conditions de la souscription, les Noms des correspondants de la Société, etc., etc.-.
Aux termes de ce Prospectus, les Œuvres de Voltaire, divisées en deux grandes parties, la Poésie et les Ouvrages en prose, devaient former 60 volumes grand in-S" ou 40 volumes grand in-4° que les éditeurs s'engageaient à livrer aux souscripteurs à la fin de l'année 1782.
Voici quelles étaient les conditions de la souscription :
« La souscription entière sera de cinq mille exemplaires pour les deux éditions in-S" et in-40. L'édition en soixante volumes in-8° sur papier dit grand raisin fin, non lissé, tirée à quatre mille, sera payéeà raison de 6 livres tournois le volume en feuilles. L'édition en quarante volumes in-40 sera tirée à mille, dont six cents nommés de seconde classe, en beau papier médian d'Annonay non lissé, à raison de i5 livres tournois le volume en feuilles, et quatre cents exemplaires, en papier royal anglais superfin, sans pontuseaux ni vergeures, lissés et nommés de première classe, à raison de 24 livres tournois le volume en feuilles. « Les exemplaires in-4°, première classe, lissés, seront numérotés depuis i jusqu'à 400, et les exemplaires, seconde classe, non lissés, depuis 401 jusqu'à 1000. " « Les exemplaires in-8° seront numérotes depuis i jusqu'à « 4000, — etc., etc. »
Pour faire affluer les souscriptions, Beaumarchais avait imaginé d'offrir des primes en médailles et en loterie, et de répartir << par forme de chance, entre les souscripteurs pour « l'édition in-S", la somme de deux cent mille livres qui « serait prélevée sur les produits de l'entreprise ».
1. Il y a quelques légères différences de te.\te entre le prospectus in-.(.o et le prospectus in-S».
2. Le prospectus de Moreau parut en février 1781. Voyez la Corres-^ pondance secrète du 14 février 1781, tome II, pp. 93-94.
ii6 VOLTAIRE
Les reconnaissances d'à-comple, numérotées depuis un jusqu'à quatre mille, étaient le titre de chaque souscripteur dans la répartition suivante:
I lot de. 24,000 livres
36 lots de 1288 livres. . . . 46,368 —
36o — 28S — .... io3,68o —
400 lots 200,000 livres
Les lots devaient être tirés aussitôt que les souscriptions des deux éditions in-4° et in-8° seraient remplies. « Cette lo- « terie, dit M. Desnoiresterres, fut ponctuellement et loya- « lement tirée, encore que le nombre des adhésions fût loin « d'être atteint'. »
A peine cet appel au public avait-il été lancé par la Société litléraive typographique que le clergé s'était mis à menacer les souscripteurs des foudres des censures ecclésiastiques. C'est d'abord l'archevêque de Paris qui, « très « scandalisé de la publication du prospectus, tance les au- « teurs du Journal de Paris de l'avoir annoncé »=. Vient ensuite le tour de l'évêque d'Amiens, Louis-Charles Machault, fils de l'ancien contrôleur général des finances, qui déclare à ses ouailles « qu'elles ne peuvent, sans se rendre « coupables devant Dieu, ni souscrire, ni contribuer en au- « cune manière pour l'édition du recueil abominable qu'on « ose leur proposer» »; — de l'archevêque de Vienne, le célèbre Jean-George, frère de Le Franc de Pompignan, lequel, par un mandement daté du 3[ mai 1781^, défend à ses diocésains de « souscrire, sans pécher mortellement, à l'édi- « tion susdite, d'acheter ces œuvres, de les lire, de les re- « tenir, de les communiquer 5 » ; — enfin, de l'évêque-prince de Strasbourg, le trop fameux cardinal de Rohan, dont le mandement, donné à Versailles le 12 octobre 1781, contenait le paragraphe suivant, plus spécialement dirigé contre l'imprimerie de Kehl :
1. Voltaire, son retour et sa mort, p. 4G1. — Cf. une lettre de Beaumarchais à M. Laustin, dans Beaumarchais et son temps, tome II, p. 236.