Tome LXVII (174G-1768). 2 ff. de titre, m et 5o3 pp
— 244 lettres.
T. LXMII (1769-1778). 2 ff. de titre et 424 pages. 192
Scliouvalow, etc., etc. {Correspondance inédite de Decroix avec Ruanlt, passim.)
Mme de Buchwald, à qui on s'était adressé directement, refusa ses lettres, sous prétexte que « c'étaient des plaisanteries qui n'avaient « jamais été destinées à soutenir l'éclat du jour. On prétend même, « ajoute Decroix, dans une lettre à Ruault, du 3 avril 1784, qu'elle en a « refusé des extraits à l'impératrice de Russie ». — La même correspondance renferme quelques autres renseignements sur les lettres de Voltaire à M™" du Deffand, au cardinal de Bernis, à Cideville (Decroix à Ruault, 8 novembre 1781, i3 Janvier 1782, 20 octobre 1784).
I. Voici ce qu'écrivait Decroix à Ruault, le samedi saint de l'année 1786, au sujet de la correspondance de Voltaire avec le roi de Prusse : « Plus nous avançons dans cette correspondance du R. de P. et plus je « vois malheureusement qu'elle est très incomplète. Nous n'avons vériu tablement d'un peu suivi que la correspondance du prince royal de « 1736 à 1740, grâce à ce volume copié par M. ou iM™e de Champbonin « à Cirey, et qui s'est trouvé comme par hasard dans les chiffons de « M™'' Denis. Il est cote A. Il est assez vraisemblable qu'il y a eu une « suite qui est perdue. Encore avons-nous vu beaucoup de lettres « incomplètes dans ce premier volume. Je suis tenté de perdre le res- « pect que je porte à Voltaire et d'invectiver sa mémoire, quand je vois « le peu de soin qu'il a pris pour conserver dans toute son intégrité et « transmettre à la postérité un monument si précieux et si admirable. « Qu'on dise après cela qu'il était plein d'orgueil et de vanité. Cette « déplorable négligence est peut-être la meilleure preuve qu'il ait donnée « du contraire. Si du moins le roi avait été plus soigneux des lettres de a Voltaire, et si ce trésor tombait après lui en des mains dignes de le « posséder et d'en faire l'usage qui convient, on se consolerait en espé- « rant qu'un jour ce monument serait réintégré presque dans sa totalité « par la réunion des deux recueils. On trouverait toutes les lettres de « Voltaire dans celui du roi, et presque toutes celles du roi dans le » nôtre. »
lettres. PP. 314-344. Éloge de Voltaire par le roi de Prusse. — PP. 345-424. Éloge de Voltaire par La Harpe. — Nous avons dit, dans notre tome 111°, p. 214, que le texte de la correspondance de Voltaire avec d'Alembert avait été mutilé par les éditeurs de Kehl, et que Beuchot l'avait rélabli d'après les originaux. Nous possédons de l'édition de Kehl un exemplaire sur papier dit à la j-, dans lequel le tome LXVII contient la correspondance avec l'impératrice de Russie; les tomes LXVIII et LXIX sont formés par la correspondance avec d'Alembert.
T. LXIX', Lettres de l'impératrice de Russie et de M. de Voltaire. — Lettres de plusieurs souverains à AL de Voltaire. 2 tT. de titre et 38o pp. — i53 et 52 lettres.
Tome LXX, Vie de Voltaire par le tnarquis de Condorcct, suivie des Mémoires pour servir à la vie de M. de Voltaire écrits par lui-même. — Ordre des volumes. — Table générale alphabétique des Œuvres de Voltaire en 70 volumes in-8°. — Table chronologique des Œuvres de Voltaire. — Eclaircissements, additions et corrections. 3 ff. de titre et 544 pp. — Dans le tirage sur papier dit à la -|-, ce tome LXX*^ n'a que 5iG pages, parce que les fautes d'impression des volumes de la première livraison ayant été en partie corrigées dans les secondes éditions, on a fait pour celles-ci un Errata particulier, moins développé naturellement que celui de l'édition originale (voyez VAvertissement de ce tome LXX, p. 429 du tirage sur papier dit à la -|" )•
Il existe des exemplaires de l'édition de Kehl en 70 volumes in-8'' avec le millésime 1784- ; d'autres, en plus grand nombre, avec le millésime 1785; le tome LXX" porte le millésime 1789. Mais ces dates ne sont point celles de la distribution des volumes, lesquels ont paru de 1785 à 1790: trente volumes en 1785, et le reste de Tédition de
1. Il existe des exemplaires en grand papier vélin sur le frontispice desquels on lit : Tome ."ijiwinlc-septiL'mi:. — Dans le tableau de VOrJrc des volumes de la nouvelle édition des Qutvres de Voltaire, etc. (t. LXX de l'édilion de Kehl, p. 2So), le tome LXVII est aussi indiqué comme contenant la Correspondance de l'impératrice de Russie. C(. ibid., p. 536.
2. Ces exemplaires avec le millésime 17S4 sont en général du picmicr tirage : une partie des fautes qu'ils renferment ont été corrigées dans les exemplaires avec le millésime 1785. Le tirage sur papier dit à la -t- (et peut-être aussi celui sur papier bis) ajant eu lieu postérieurement au tirage sur papier vélin, est moins fautif que ce que les éditeurs appellent l'édilion originale, c'est-à-dire les volumes du premier tirage.
i38 VOLTAIRE
1787 à 1790, sans qu'il soit possible d'assigner une date précise à la publication de chaque volume.
Le tome I'^'' de l'édition de Kehl est précédé de la Préface suivante des rédacteurs de la nouvelle édition:
« M. de Voltaire n'a donné aucune édition de ses ouvrages « avant celle que MM. Cramer publièrent en 1757.
« Voici la lettre qu'il leur écrivit alors, et qui fut impri- « mée à la tête du premier volume (suit la lettre de Voltaire « aux Cramer, de 1756, M. 3i44).
« Cette première édition de Genève est la seule que l'au- « teur ait avouée. Les ouvrages qu'il a publiés depuis ont « été recueillis et ajoutés à rédition sous le titre de Noii- « veaux Mélanges ; mais ces additions faites sans ordre, sans « correction, renferment un grand nombre de pièces fausse- « ment attribuées à M. de Voltaire. Quelques-uns de ses « propres ouvrages n'y ont été insérés qu'avec des retran- « chements qu'exigeait alors la prudence.
« L'édition in-40, l'édition in-S" encadrée, ont à peu près « les mêmes défauts. D'ailleurs, quelques soins qu'eussent « pu prendre les éditeurs, toute édition faite du vivant de « M. de Voltaire serait devenue défectueuse en très peu de " temps. Ce n'était plus pour sa gloire qu'il écrivait: c'était « tantôt par des motifs d'utilité publique, tantôt pour « obéir à l'impulsion de son génie, tantôt pour satisfaire à « un premier mouvement, soit d'humeur personnelle, soit « d'indignation, contre les persécuteurs ou les oppresseurs. « Ces ouvrages imprimés sur-le-champ, quelquefois arrêtés « par lui-même avant qu'ils fussent répandus, corrigés ou « changés de forme, et réimprimés avant d'être connus, ne « pouvaient être rassemblés avec ordre, et il n'aurait pas « éié moins difficile de ne pas en laisser échapper un très '< grand nombre, et de n'y en pas insérer qui fussent d'une « autre main.
« L'édition qui paraît aujourd'hui peut donc être regar- « dée comme la seule vraiment authentique et vraiment « complète.
« On n'a rien négligé pour se procurer tous les ouvrages « imprimés ou manuscrits attribués à M. de Voltaire; mais « on a exclu de la collection parmi les ouvrages manuscrits:
« 1° Ceux dont les auteurs inconnus au public ne l'étaient « ni aux rédacteurs ni aux gens de lettres qui cultivent cette « partie de l'histoire de la littérature;
« 2° Ceux pour lesquels on n'avait aucune preuve qu'ils « fussent réellement de M. de Voltaire, et qui n'avaient d'ail- « leurs rien de la manière de ce grand homme;
« 3° Un très petit nombre de morceaux restés trop im-
KIBLIOGRAPHir: DE SES ŒUVRES
« parfaits pour que le respect dû à sa mémoire permît « publier.
« Quant aux ouvrages déjà imprimés, et surtout à ceux « qui étaient insérés dans les éditions précédentes, on a cru « n'être autorisé à les supprimer que dans le cas où l'on « avait une véritable preuve qu'ils n'étaient pas de M. de « Voltaire.
« Nous citerons parmi les additions: un Ti-aitc de victa- «■ physique adressé à M™^ la marquise du Châtelet; un « morceau d'histoire ecclésiastique assez étendu; plusieurs « autres ouvrages historiques ou polémiques, tels que les « Lettres chinoises, le Chrétien contre six Juifs, la Disserta- » tion sur le feu, envoyée par M. de Voltaire à l'Académie « des sciences, pour concourir au prix en 1740; une autre « dissertation sur les forces vives; les tragédies d'Eriphyle, «. d'Irène, d'Agathocle, l'opéra des Rois pasteurs, le Baron « d'Otranie et /t^:> Deux Tonneaux, opéras-comiques; plu- « sieurs épîtres et beaucoup de petits ouvrages en vers et « en prose, dont une partie n'avait jamais été imprimée et <( le reste n'avait été recueilli dans aucune édition.
« Quelques morceaux en assez grand nombre se trouvaient (( répétés dans les anciennes éditions; on a cherché à éviter « cet inconvénient. Mais en même temps, on a cru, pour la « commodité des lecteurs, devoir laisser quelques pages qui « se trouvaient répétées dans des ouvrages différents, sur- « tout lorsqu'on y a trouvé quelques changements, ou que, » ces pages étant également nécessaires dans les deux ou- « vrages, leur suppression eût obligé les lecteurs de recourir « à un autre volume.
<c On a choisi, pour les différents ouvrages, la leçon qui « a paru la meilleure, en observant seulement de suivre « dans ce choix l'opinion de M. de Voltaire lui-même, « toutes les fois qu'on n'était pas sûr que son choix avait " été dirigé par des motifs étrangers à la bonté de l'ou- « vrage.
'< Il n'y a point de variantes pour les ouvrages de prose ; « mais on a rassemblé pour la poésie toutes celles qui ont « paru pouvoir être utiles aux littérateurs, ou donner lieu « à des observations sur les opinions de l'auteur à dilTérentes « époques de sa vie.
" On a cherché à mettre le plus d'ordre qu'il a été possible.
<< L'édition est partagée en ouvrages de poésie et en ou- « vrages de prose.
« Le Théâtre, les poèmes grands et petits, les épîtres, les « odes, les stances, les satires, les contes, et enfin les pièces « qui n'appartiennent à aucun des genres précédents, for- " ment autant de divisions. Les Lettres en prose et en vers « sont une partie séparée.
« Les grands morceaux d'Histoire, les ouvrages faits pour les cclaircir et pour les défendre, les écrits sur la Législation et la Politique, ceux qui ont la Physique pour objet, ceux qui traitent de matières philosophiques, les écrits purement littéraires, les Romans, les Facéties, sont autant de divisions de la partie de prose, qui est terminée par un Dictionnaire philosophique, formé des articles de plusieurs dictionnaires publiés du vivant de l'auteur, de ceux qui ont été trouvés dans ses papiers, de plusieurs morceaux séparés qu'on a placés sous l'ordre alphabétique, parce qu'il eût été difficile de les classer différemment. Enfin le recueil des Lettres complétera l'édition. Mais ces lettres seront choisies : c'est-à-dire qu'on n'imprimera que celles qui paraîtront dignes du public, soit en elles-mêmes, soit par les particularités qu'elles renferment, les circonstances où elles ont été écrites, les lumières qu'elles donnent sur l'àme et le caractère d'un homme vraiment unique, et digne par son génie et la singularité de ses talents d'être pour les philosophes un objet d'étude, comme il est un objet d'admiration pour tous les hommes impartiaux et éclairés.
« Les lettres qui pourraient blesser des personnes vivantes ont été sévèrement retranchées.
« Les rédacteurs ne se sont permis qu'un petit nombre de corrections de dates et de noms propres. Cependant, comme une grande partie des ouvrages a été imprimée sur un exemplaire corrigé par M. de Voltaire en 1777 et en 1778, on y trouvera un grand nombre de changements et d'augmentations assez importantes (sic). « On a rassemblé quelques notes destinées à éclaircir, à défendre, quelquefois à combattre M. de Voltaire. Les lecteurs pourront y reconnaître différentes mains, et n'y pas trouver toujours ni les mêmes idées ni les mêmes opinions. En recueillant ces notes on n'a pas prétendu leur enseigner ce qu'ils devaient penser, mais les mettre en état de prononcer sur les objets qu'on a cru que M. de Voltaire n'avait pas suffisamment éclaircis. Au reste, on a pris dans ces notes le même ton qu'on aurait eu en écrivant à M. de Voltaire lui-même. Ce ton seul est convenable en parlant d'un grand homme qui vient de disparaître, dont le génie a conservé toute son autorité, dont les amis sont encore au milieu de nous. « Les préfaces qui sont à la tête de quelques ouvrages particuliers ont été écrites dans le même esprit. On y trouvera toujours du respect pour le génie, et un respect plus grand pour la vérité. Ces deux sentiments ne se combattent point : ils sont même inséparables. Comment celui qui aime la vérité se permettrait-il d'insulter
« l'homme qui a su la lui faire connaître et la lui faire « aimer?
« Permettra-t-on aux rédacteurs de placer ici une remarque « qui les a frappés? Personne n'admirait plus sincèrement « qu'eux M. de Voltaire ; personne n'avait plus lu ses ou- « vrages : cependant, en revoyant dans la nouvelle édition « ces mêmes ouvrages distribués avec ordre, et de manière « qu'on puisse en saisir l'ensemble, M. de Voltaire s'est « encore agrandi à leurs yeux, et ils ont appris que jusque- <' là ils ne Pavaient pas connu tout entier.
« On a distingué dans le Prospectus les éditeurs des « rédacteurs; ainsi on ne peut désapprouver que nous ren- « dions ici aux éditeurs la justice qu'ils méritent, en témoi- « gnant qu'ils n'ont épargné ni soins ni dépenses pour « rendre l'édition aussi belle, aussi complète, aussi exacte « que les circonstances ont pu le permettre. »
Ainsi que nous l'avons dit plus haut, Pcdilion de Kehl a été annotée en grande partie par Condorcet, qui a écrit en outre des Avertissements pour la plupart des ouvrages de Voltairej tous ces morceaux ont été recueillis dans les Œuvres de Condorcet (éditions de 1804, t. VI et VIT, et de 1847, t. IV). Les rares notes de Beaumarchais sont signées de ces mots : Note du corrcspo)ida)it général de la Société typographique. Enfin Decroix, qui a corrigé avec une patience au-dessus de tout éloge les épreuves des 70 volumes, a fourni aussi quelques notes à l'édition de Kehl; la notice sur d'Argental, imprimée au tome LXX, pp. 5i5 et suivantes, est de lui, ainsi que toutes les remarques, observations, etc., de VErrata général, qu'il a rédigé, et auquel il travaillait encore en août 1789 (voyez sa lettre à Ruault du 23 août 1789). Les Tables alphabétique et chronologique sont également l'œuvre de Decroix, qui se proposait, vers i8o5, de publier un Supplément a l'édition de Kehl (Decroix à Ruault, 14 octobrei8o3); mais il ne donna pas suite à ce projet.
Dans le Prospectus des éditeurs de Kehl (p. 5) il est dit que les personnes qui ont communiqué des notes aux éditeurs « ont exigé que leurs noms restassent ignorés; nous « avons fait pour nous, ajoute VAveriissement des rédac- <'. teurs, la même prière aux éditeurs, et ils ont cédé au « désir que nous avons de rendre à la mémoire de notre « illustre ami un hommage aussi libre que désintéressé ».
Aussi est-il très difficile de faire nettement la part de chaque éditeur et d'affirmer que telle note est de Condor-cet et telle autre de Decroix. — Cependant Barbier, qui
avait tiré de l'édition de Kehl toutes les notes de Condorcet pour les communiquer aux éditeurs de l'édition de ses Œuvres complètes (voyez sa lettre aux éditeurs de Condorcet dans le Bulletin des arts du lo août 1845), dit que ces notes « sont désignées par des chiffres arabes ». Faut-il en conclure que les autres notes, celles qui par exemple sont marquées d'une *, sont dues à Dccroix, ou à d'autres rédacteurs? — Ajoutons que les propres notes de Voltaire sont désignées généralement par des lettrines.
Nous empruntons à Barbier {Dictionnaire des ouvrages anonymes, éd. Daffis, III, 69g) la notice suivante sur la Table que Chantreau a fait paraître en 1801, pour l'édition de Kehl, et dont un exemplaire se trouve dans la collection Beuchot, n° 41 bis (t. I, 6 ff. et .53i pp.; t. II, 483 pp.) :
« P.-N. Chantreau, traducteur des « Tables chronolo- « giques de John Blair », a publié en l'an IX-1801, et en « 2 vol., à Paris, che:{ Dctcrville, la « Table analytique et « raisonnée des matières contenues dans les 70 vol. in-S» de « l'édition dont il est ici question. Cette table est aussi utile « que commode : quelques personnes la trouvent inexacte; « mais c'est un premier essai. D'ailleurs il y a peu de res- « semblance entre les exemplaires du Voltaire de Beaumar- « chais : dans les uns, VHistoire de Charles XII, les An- « nales de l' Empire, la Politique et la Législation, enfin la « Physique de Newton, forment les tomes XXIII, XXV, «XXIX, XXX et XXXI; dans d'autres, les tomes XXII, « XXVIII, XXIX, XLV et XLVI sont composés des Annales « de l'Empire, de VHistoire de Charles XII, de la Physique « de Newton, enfin de la partie intitulée Politique et Legis- « lation. Chantreau lui-même ne paraît pas avoir remarqué <( cette diversité dans l'arrangement des volumes. L'exem- « plaire dont il s'est servi ressemble aux premiers dont je « viens de parler. »
L'édition de Kehl a été, de la part de Palissot, l'objet de blâmes généralement peu fondés (voyez le Génie de Voltaire apprécié dans tous ses ouvrages, Paris, 1806, pp. 3 et suivantes). C'est ainsi que l'auteur de la Dunciade désapprouve Beaumarchais « d'avoir publié jusqu'aux lettres que Vol- « taire avait écrites à ses gens d'affaires »; qu'il critique, dans l'édition de la Société littéraire typographique, le désordre des matières, la réimpression de pièces que l'auteur « avait constamment rejetées de toutes ses éditions »; la dispersion par fragments des Lettres philosophiques ; les doubles emplois; la publication des Remarques sur Corneille « détachées du texte de Corneille » ; enfin la reproduc-
BIBLIOGRAPHIli DE SES ŒUVRES 143
tion, dans la Correspondance, d'une foule de lettres que Voltaire « avait évidemment condamnées à l'oubli, et qui « détruiraient l'idée qu'on doit avoir de son caractère moral, « si l'on était assez injuste pour le juger d'après ces élans « rapides d'une àme passionnée ». Nous ne nous attacherons pas à réfuter Palissot, qui, lorsqu'il adressait ces reproches aux éditeurs de 1784-1789, se préparait à faire paraître lui-même une édition des- Œuvres de Voltaire, et « était dominé par la pensée de discréditer les éditions de « Kehl' ».
Certes ces éditions laissent à désirer sous plus d'un rapport : Condorcet et Beaumarchais n'étaient ni des érudits, ni des bibliographes de profession; ils ont négligé de faire des recherches sérieuses dans les éditions publiées avant les leurs, et principalement dans l'édition originale de chaque écrit de Voltaire; ils n'ont pas toujours respecté le texte de leur auteur, soit qu'ils aient voulu corriger quelques négligences échappées à sa plume^, soit qu'ils aient été forcés de se soumettre aux exigences de la censure, ou qu'ils aient tenu à ménager nombre de personnes encore vivantes au moment où paraissait leur édition, et que Voltaire avait plus ou moins maltraitées dans sa Correspondance. Le travail critique (à part la réunion de quelques variantes et un certain nombre d'observations grammaticales de Decroix, dans VErrata général), est à peu près nul; les Avertissements de Condorcet ont un caractère beaucoup plus philosophique qu'historique ou littéraire; la distribution de la Prose en Mélanges historiques, Politique et Législation, Philosophie, Physique, Dialogues, Facéties, etc., est arbitraire; la Correspondance aurait gagné à ne pas être divisée en Correspondance générale et en Correspondance particulière ; enfin l'exécution matérielle ne répond pas toujours
1. Beuchot, Préface générale du nouvel éditeur, en ttte du tome I de l'édition Lefèvre, p. xx.
2. Le 8 juin 1781, Decroix écrit à Ruault : « J'ai trouvé dans Aga- « thocle deux expressions un peu hasardées : « cet enfant de la terre », « parce qu'il était potier, et « succomber aux tendresses ». Qu'en pen- « .sez-vous ? Vous pourriez les changer si elles vous blessent.» Cf. une lettre du même au même, en date du 20 juin 1783 : « Vous avez raison « sur le 2« distique. Je verrai à le tourner dillcremment. » — Dans l'édition des Œuvres choisies de Voltaire, que nous publions en ce moment même à la Librairie des bibliophiles, nous avons rétabli en plus d'un endroit le vrai texte de Voltaire, arbitrairement modifie par Condorcet et Decroix, et nous avons donné en variantes les leçons de ces éditeurs. On pourra se convaincre en parcourant notre édition que presque toujours la version originale est préférable à celle des éditeurs de Kelil.
aux immenses sacrifices faits par Beaumarchais pour en assurer la perfection.
Néanmoins, telle qu'elle est, avec ses défauts et ses lacunes, l'édition de Kehl jouit aujourd'hui encore d'une autorité et d'un crédit incontestables et justifiés. Toutes les éditions publiées jusqu'à nos jours, y compris les éditions Beuchot et Moland, ne sont, à vrai dire, que des réimpressions de cette édition, avec des additions plus ou moins nombreuses, avec des changements plus ou moins heureux dans la distribution des matières. Il faut savoir gré aux éditeurs de Kehl de n'avoir rien épargné pour mener à bonne fin l'œuvre méritoire qu'ils avaient entreprise, et surtout d'avoir su réunir, au prix de grands sacrifices et de réelles difficultés, une bonne partie de cette admirable Correspondance de Voltaire, qui forme près du quart de leur édition. Les éditeurs de Kehl ont d'ailleurs répondu eux-mêmes aux critiques que peut soulever principalement l'exécution t3pographique de leur collection, dans cet Avertissement des rédacteurs, imprimé aux pages 353 à 356 du tome LXX :
« Une opération de librairie aussi considérable que cellc- « ci, exécutée hors du royaume, à cent vingt lieues des ré- « dacteurs et des éditeurs, ne pouvait être exempte de fautes. « Et si l'on considère que dix années de travaux de toute « espèce ont à peine suffi pour la terminer; que les enne- « mis de l'auteur et des éditeurs, ou plutôt ceux des lu- « mières et de la philosophie, ont opposé des obstacles sans « nombre à sa réussite, en soulevant à la fois l'autorité « royale, le clergé, les corps de magistrature, dès les pre- « mières livraisons, sans parler d'une foule de libelles « obscurs par lesquels on espérait renverser l'entreprise, en « lui ôtant la faveur du public; si l'on fait attention aux « accidents de tout genre qui arrivent dans des établisse- « ments considérables, tels que ceux-ci, qu'il a fallu créer à « très grands frais dans des lieux où tous les secours man- « quaient, on sera surpris sans doute que cette collection de '< soixante-dix volumes in-S" et de quatre-vingt-dou^e vo- « lûmes in-i2 n'offre pas un plus grand nombre de fautes, « et qu'on ait atteint, dans l'exécution typographique, une « perfection peu commune, même dans les petits ouvrages « exécutés en France.
« Nous devons rendre ici cette justice aux éditeurs qu'ils « n'ont épargné ni soins ni dépenses pour remplir l'attente « du public. Ils ont sacrifié des volumes entiers, déjà im- « primés, plutôt que d'ajouter par forme de supplément aux « matières anciennes les nouvelles qui survenaient trop « tard, pour le recueil des Epitres, des Lettres, et pour plu-
« sieurs autres parties de celte immense collection. I.e « noble motif de rendre à l'auteur un hommage digne de « lui les a seul soutenus dans le cours de cette longue et « très épineuse carrière; et ce n'est pas là faire une opéra- « tion de Jïnance, comme quelques libellistes les en ont ac- « cusés iàcliement ! »
Parmi les plus beaux exemplaires de l'édition de Kehl en 70 volumes, nous citerons les suivants :
1" L'exemplaire de la Bibliothèque nationale (Z. Réserve), offert par Beaumarchais à la Bibliothèque, le 2 juillet 1791. On a joint au tome F'' la lettre d'envoi de Beaumarchais à M. l'abbé des Aunais : cette lettre est, croyons-nous, inédite; c'est pourquoi nous la reproduisons à cette place :
« Depuis longtemps, Monsieur, on me pressait d'offrir à '< la Bibliothèque du roi un exemplaire des Œuvres de « Voltaire; mais les motifs dont on usait pour m'cngnger « au sacrifice étaient précisément ce qui m'en détournait. 11 « me semblait qu'on ne me crût pas libre de me refuser à « ce don; j'aurais cru, moi, le dégrader, si je ne l'eusse fait « librement. Les aspects sont changés. La nation rend à « Voltaire les honneurs que le despotisme et le fanatisme « kii refusèrent; il me paraît juste aujourd'hui que celui « qui a consolé ses mânes de tant d'outrages qu'on leur fit <i reconnaisse en son nom que les Français devenus libres « ont réparé les torts d'un gouvernement arbitraire. A ce « titre, Monsieur, je prie ceux qui dirigent la Bibliotlièque « nationale de recevoir au nom de ce grand homme l'hom- « mage que je fais du plus bel exemplaire orné d'estampes, « et satiné, que j'aie pu composer de ses Œuvres complètes. « Si je l'envoie en feuilles, c'est pour laisser la liberté de le « relier comme on le jugera convenable. Cette collection « des fruits d'un immortel génie aura sa place, à la transla- « tion de Voltaire, devant les gens de lettres, ses disciples et « ses enfants; c'est delà qu'elle sera portée à la Bibliothèque « nationale. En présentant, Monsieur, cet exemplaire à mes « concitoyens, je ne suis que l'écho du vœu que ce grand « homme en eût formé lui-même, s'il eût été présent aux « honneurs mérités que la nation et son siècle lui rendent, « et je l'acquitte avec plaisir. Je vous salue, vous estime et « vous aime.
« Caro.n de Beaumarchais. »
Cet exemplaire a les figures de Moreau en très bonnes épreuves (mais pas avant la lettre); le tome LXX contient le
tableau des œuvres de Voltaire, dont il a déjà été question : les titres des différents ouvrages de Voltaire sont gravés dans des médaillons reliés les uns aux autres par des branches de laurier : les chiffres indiquent les tomes; — 2° l'exemplaire qui renfermait les dessins originaux de Moreau '; cet exemplaire, que Beaumarchais destinait à l'impératrice Catherine II, mais qu'il ne lui livra pas, passa, dit Brunet, après la mort de Beaumarchais, à M. Delarue, son gendre, et, en 184g, il fut porté sous le n" 1627 du catalogue imprimé pour la vente de Viollet le Duc (Paris, Jannel), n" 1623. Dans la vacation du 21 novembre, il fut offert à 3, 000 francs, et retiré faute d'enchères. Depuis M. Delarue le céda à M. Fontaine, qui le vendit i3,5oo francs à M. Double, à la vente duquel il fut adjugé pour 9,025 francs, et acquis par M. de Saint- Albin pour l'impératrice Eugénie; cet exemplaire fut réduit en cendres le 24 mai 1871, dans l'incendie des Tuileries; — 3° les exemplaires de M. Clos (V. son catalogue, 18 12, n° 203); — de M. Coste, vendu ggS francs en 1846; — de M. Bertin, vendu 3,qoo francs en 1854; — 4" un exemplaire relié par Kœhler, avec les figures de Moreau avant la lettre, etc., coté 10,000 francs dans le catalogue Fontaine de 1875 (n° 1857), puis 10,000, 7,000 et 4,000 francs dans le Bidletiii mensuel de MM. Morgand et Fatout (n°* 3466, 9033 et iô,8o3).
2143. Œuvres complètes de \'oltaire. BûsIc, de l'Impriiiicnc de J.-J. Touruciscu, avec des caraclères de G. Haas, on Gotha, Charles-Guillaimie Et linge r , 1784 et années suivantes, 71 volumes in-8. [C.\. Beuchot, 36, 37, 39, 41.)
Réimpression de l'édition de KehI. Les tomes I à LI, dit Beuchot, sont réimprimés page par page. Environ soixante-
I. M. Sieurin pensait que Moreau s'était réservé un certain nombre de collections de ses gravures, d'après un titre gravé qui porte : Estampes destinées à orner les éditions de M. de Voltaire, dédiées à S, A. R. Mgr le prince de Prusse, par J.-M. Moreau, dessinateur et graveur du Cabinet du Roi, et de son Académie royale de peinture et de sculpture; elles se vendent séparément des éditions. A Paris, che:^ l'auteur, rue du Coq- Saint-Honoré, près le Louvre. Beaiiblé scrip. A. P. D. R (Voyez ci-dessus, p. io5.) — Une collection de figures avant la lettre, avec ce titre gravé, est cotée 3, 000 francs dans le Bulletin mensuel de MM. Morgand et Fatout (n» i486). — Les noms des artistes doivent, dans toutes les ligures avant la lettre, être tracées à la pointe. [Guide de l'amateur, etc. 5c édition, col. 6i3.)
dix lettres inédites de Voltaire (la plupart à Darget, quelquesunes du roi de Prusse, et une à ce monarque) ont été réparties dans la Correspondance avec Frédéric et dans quelquesuns des volumes de la Correspondance générale ' ; pour les autres volumes, les éditeurs de Bàle ont repris la réimpression page par page^. — En examinant plusieurs volumes de l'édition de Bàle et de l'édition de Gotha, Beuchot s'était convaincu qu'il n'y avait de différence que dans le frontispice. — D'après Peignot, cette édition a été tirée à 6,000 exemplaires.
2144. Œuvres complètes de Voltaire. Lyon, La MoUicrc, 1791 ? et années suivantes, 100 volumes in-12.
Peignot cite cette édition d'après le catalogue de M. Bast, 1812, n° 63g; Beuchot dit que des exemplaires portent l'adresse de Bàle, d'autres celle de Deux-Ponts, d'autres celle de Hambourg. Nous n'avons vu aucun volume appartenant à cette édition.
2145. Œuvres COMPLÈTES de Voltaire. Paris, Th. L^çsocVj et ^^ Liège, J.-F. Desocr [Liiprinieric de Faiu), 18 17 et années suivantes, 12 volumes in-8. Portrait de Voltaire, gravé d'après Houdon, par Alex. Tardieu. — Table analy-
1. Dans l'exemplaire de la collection Beuchot, la Correspondance avec Frédéric forme les tomes LU, LUI et LIV de l'édition de Bàle. Les lettres de Frédéric, ajoutées par les éditeurs de Bàle, sont celles qui portent dans l'édition Moland les n»* 2098, 2ii5, 2200, 2206, 3.\.io, 3668, 3876, 39S0, 4734. L'édition de Bàle contient en outre une lettre nouvelle de Voltaire à Frédéric (M. 3965) et une soixantaine de lettres inédites de Voltaire à Darget (tomes LVIII à LXI de l'exemplaire de la collection Beuchot). L'addition de ces lettres a forcé les éditeurs de Bàle de donner un volume de plus à leur édition, qui est en soixante et onie volumes.
2. Beuchot fait remarquer que les différentes divisions de la Correspondance ne sont pas, dans tous les exemplaires de l'édition de Bàle, rangées dans le même ordre que dans l'édition de Kehl; mais avec un peu d'attention, ajoutc-t-il, et, en élevant d'une unité le tomage de certains volumes, la table faite par Chantrcau pour l'édition in-S» de Kehl peut servir pour l'édition de Bâle. — On a vu, dans la note ci-dessus, que la Correspondance avec Frédéric, qui, dans les éditions de Kehl, vient après la Correspondance {générale, forme, dans l'exemplaire do l'édition du Bâle de la collection Beuchot. les tomes LU à LIV de cette dernière édition.
TiaUE ET RAISOKXÉE DES MATIÈRES, PAR A. GoUJON. Pdlis,
Dcsoer, 1819, i volume in-8.
Chaque volume de cette édition, dite compacte, peut être divisé en deux tomes. Auger s'était chargé de donner ses soins à l'édition Desoer, de recueillir et de mettre en leur place les additions qu'elle devait recevoir dans plusieurs de ses parties. Parmi ces additions, il faut citer les deux volumes publiés en 1808 sous le titre de : Supplément au recueil des Lettres de M. de Voltaire ; la Correspondance inédite de Voltaire avec le cardinal de Bernis, avec l'abbé d'Olivet, etc.
Le tome XW^ contient, outre les Eloges de Voltaire par Frédéric et par La Harpe, le Discours de Ducis, successeur de Voltaire à l'Académie française, et la Réponse de l'abbé de Radonviiliers; VOrdre dés volumes de toute l'édition; la Table générale alphabétique des CEuvres de Voltaire; enfin la Table chronologique des (Euvres de Voltaire'.
La Table renferme 16,1 25 articles, des cartons pour les tomes I, III, V et XII, des Additions, et un Avertissement du libraire-éditeur des Œuvres de Voltaire en i3 volumes in-S°, dont nous extrayons les passages suivants :
<< Nous avons été les premiers en France à concevoir, à « exécuter la réimpression des Œuvres complètes de Vol- « taire^ et, quoique des circonstances imprévues aient « apporté quelques retardements dans l'entière exécution « de nos projets, nous remplissons aujourd'hui le dernier <' des engagements que nous avions contractés en publiant « la Table analytique et en donnant les cartons, ainsi que « Verrala que nous avions promis. Les additions que l'on « trouvera à la fin de cet avertissement prouveront que << nous n'avons négligé ni soins ni dépenses pour rendre « notre édition la plus complète, la plus correcte et la plus <c commode de toutes celles qui ont encore paru. Nous allons « entrer dans quelques détails à ce sujet.
« Dans la distribution des matières nous avons suivi en i< général l'ordre adopté dans l'édition dite de Beaumarchais. « Cependant nous avons placé en tête du i'='' volume la Vie « de Voltaire, par Condorcet, que les éditeurs de Kehl « avaient rejetée au 70'' volume, soit que l'idée d'écrire
I. En 1822, Desoer se proposait de donner une seconde édition des Œuvres complètes de Voltaire (V. Journal de la Librairie, 1822, p. 448). — Sur l'édition Desoer, voyez la Quinzaine littéraire, n° VIII, du i5 avril
« cette Vie ne fût venue qu'après coup, soit qu'elle n'eût rt pas été achevée à temps pour la mettre à sa véritable « place.
« Nous avons rétabli les Lettres philosophiques, connues « aussi sous le nom de Lettres sur les Anglais. Ces lettres « sont un des ouvrages qui ont le plus intîué sur les pro- « grès de l'esprit humain dans le XYIII^ siècle; elles attirè- « rent à leur auteur de longues persécutions, et, le 10 juin « 1734, elles furent honorées d'un arrêt qui les condamnait « à être brûlées. Il fallut donc, pour déguiser les Lettres « philosophiques, les disperser dans les Œuvres de Voltaire. « Mais, ces raisons n'existant plus aujourd'hui, nous avons '< cru honorer sa mémoire en les réimprimant sous leur « forme primitive '.
« Nous avons aussi restitué à l'ouvrage intitulé Siugula- « rites de la nature, qui fait partie du VI" volume, les cha- « pitres 12, i3, 14, i5, 16, 17 et 18, qui en avaient été déta- " chés pour les insérer à l'article Coquille, du Dictionnaire « philosophique.
« Tels sont les seuls changements importants que nous « ayons faits à l'ordre adopté par les éditeurs de Kehl.
« Nous avons augmenté la Correspondance de toutes les « lettres à l'abbé d'Olivet ; elles sont du plus haut intérêt, et '< renferment une foule de choses et d'anecdotes curieuses : « aucune ne se trouvait dans l'édition de Kehl. Nous avons « donné toutes les lettres publiées par M. Auger (en 1808, « 2 vol. in-8°) ; beaucoup de lettres inédites à M, d'Argental, « à M""*^ de Lutzelbourg, au roi de Prusse, etc., etc.; la « traduction d'une ode latine du père Le Jay; entin, nous « avons réuni à la fin de cet Avertissement quelques pièces <c fugitives dans la plupart desquelles on reconnaît l'auteur « de la Henriade ; de sorte que tout ce qui a été recueilli « dans les nouvelles éditions se trouve dans la nôtre : nous « n'avons pas voulu que nos souscripteurs eussent un seul « regret à former, »
La publication de l'édition Desoer, suivie d'une réimpression (également peu volumineuse) des Œuvres complètes de J.-J, Rouss:au, citoyen de Genève^, donna lieu à un Man-
1. Sous le titre de Lettres philosophiques, Desoer a reproduit, dans le tome VII de son édition, 38 morceaux, dont plusieurs n'ont aucun rapport avec l'ouvrage célèbre de Voltaire. C'est Beucliot qui a réimprimé le premier, dans le tome XX de l'édition des Œuvres de Voltaire en 50 volumes in-12, les Lettres philosophiques, conformément au texte original de 1734.