II. Odes
2306. Ode sur les coxauÊTHS du roi, par M. de Voltaire, La Haye, Pierre Paupie, 1744. In-40 de 7 pp.
Voltaire parle de cette ode dans une lettre à d'Argental d'août 1744 : « S'il est bien vrai que le roi ait dit de.lui- « même que l'ode de M™" Bienvenu était trop mauvaise pour « être de moi, nous sommes trop heureux. Nous avons un « roi qui a du goût » (M. 1670) '. Cette ode a été admise dans la Collection complète des Œuvres de M. de Voltaire, Amsterdam {Rouen), 17G4, t. V, p. 374. — Un avocat ayant composé une ode sur les mêmes rimes que « celle attribuée à M. de Voltaire », un anonyme fit paraître une Ode en réponse à celle de M. l'avocat *** sur les mêmes rimes. S. l. n. d. (in-4° de 4 pp.; Bibl. nat., Z., 2284 Zd. 2546, 26).
Boissy, dans son Elève de Terpsicliore (1718, 2" partie, p. 87), cite la strophe suivante d'une ode de Voltaire :
« Minerve les conduit. Cette immortelle guide « A quitté pour jamais son casque et son égide; « Le sang n'arrose plus ses paisibles lauriers; « Et mon œil enchanté voit marcher sur ses traces
« Les Muses et les Grâces
« A côté des guerriers. »
Si ces vers sont de Voltaire, ils ne peuvent appartenir qu'à une première version de l'Oie sur les malheurs du temps.
Une Ode à M. D'""',par M. de F***, est imprimée dans le Mercure de juillet 1745, pp. 120-122.
En 1758, Grimm reproduit dans sa Correspondance (i^"" novembre, éd. Tourneux, IV, 44-46) une ode intitulée: Voltaire pénitent. « Ceux qui ont cru cette ode de M. de « Voltaire, ajoute Grimm, ne doivent jamais se mêler de « juger des vers. » Néanmoins M. Ed. Fournier, dans son étude intitulée : Voltaire au théâtre, et placée en tête du Théâtre complet de Voltaire [Paris, Laplace, Sanche\ et Cie ^ 1874, gr. in-S", p. vi), n'hésite pas à affirmer que cette
I. Cf. Voltaire à M. de Marville, 22 octobre 1744 (M. 10,2.12). La K Bienvenu », dont il est également question dans cette dernière lettre, était libraire quai des Augustins (voyez les Archives de la liaslillc, t. XI!, p. 223).
ode, qu'il intitule Ode sur le repentir, est bien de notre auteur; et il rappelle en même temps que, dans un très curieux recueil de la Bouïsse [le Calendrier d'Eléonore, i8o3, in-i2, p. 9), « se trouve un cantique non recueilli de « Voltaire : Notre bonheur n'est qu'en Dieu ' ». Nous croyons que les éditeurs modernes des Œuvres complètes ont eu raison de ne pas réimprimer VOde sur le repentir, et de laisser le Cantique enfoui dans le Calendrier d'Eléonore et autres recueils antérieurs : l'une et l'autre pièce nous semblent dépourvues de tout caractère d'authenticité.
UOde sur la guerre, insérée dans le Journal encyclopédique du !'='■ août 1761, et attribuée « à un illustre auteur », est de Borde. Voltaire écrivait, le 16 septembre 1761, à Pierre Rousseau, qu'il ne « connaissait pas cette ode 2. Elle " me paraît, ajoute-t-il, d'un homme de génie; mais il y a « trop de fautes contre la langue. Elle commence par des « idées très fortes, peut-être trop fortes, mais elle ne se « soutient pas. Elle est d'un étranger qui a beaucoup « d'esprit... » L'Oie sur la guerre a été réimprimée avec le nom de Frédéric dans le recueil intitulé : Elite de poésies fugitives {Londres [Paris], 1764, t. I, p. 24?).
L'Ode à Mlle Le Couvreur, qui fait partie desMélanges de littérature de 1768 (voyez ci-dessus notre n" 2219, p. 243), et VO.ie imprimée dans le volume intitule : Etrennes aux
1. Cf. l'Intermédiaire des chercheurs et curieux de 1SG4, pp. 210, 254, 3oo. t( Ce cantique, dit M. Moland (t. XXXII de son édition des « Œuvres de Vollair-e, p. 439% a été longtemps inséré dans les recueils « de ce genre de poésie, au nom de Voltaire. On le trouve pour la prea mièrc fois dans un recueil de Paris, en 4 volumes in-S» [Opuscules (I sacrés et lyriques, ou Cantiques sur différents surets de piété avec tt les airs notés, à l'usage de la jeunesse de la paroisse de Saint-Snlpice, « Paris, Craparl), publié en 1772, c'est-à-dire du vivant de Voltaire. — « Il est encore dans le recueil de Tours, Marne, i8^8, avec cette va- « riante du titre « Le vrai bonheur n'est qu'en Dieu. » Il a disparu du u recueil de i863.
« Il nous souvient aussi d'avoir entendu, dans notre jeunesse, attri- « buer à Voltaire un cantique qui commençait ainsi :
« Tout n'est que vanité, « Mensonge et fragilité, « Dans tous ces objets divers « Qu'offre à nos regards l'univers, etc. » « Mais il n'y' a sans doute là qu'une confusion produite par son imi- M tation de VEcclésiasle... »
2. On la trouve dans le Premier recueil de nouvelles pièces fugitives de M. de Voltaire. Genève et Paris, Duchesne, ï-jC)y, pp. l\xiii à lxxxii (voyez ci-dessus, n» 2207).
li ! BLIOGRAPHI E DE SES ŒUVRES 281
belles données par Voltaire quinze jours avant sa mort, Paris^ F<-' Guillainne, 1/83, p. 43 (voyez notre n° 2240), ne sont pas de Voltaire. — La dernière de ces deux odes avait paru avec le nom de Bernard, son véritable auteur, dans VElite de poésies fugitives, 17(34, t. II, p. loS.
Disons enfin que la Strophe d'une ode, insérée dans le Portefeuille trouve, t. 1, p. 3i, appartient à VOde sur la paix, et que le Fragment d'une ode qu'on lit dans la Troisième suite des Mélanges (17G1, p. 427) est emprunté à VOde sur la félicite des temps '.