A MADEMOISELLE DE
Vous objectez toujours votre âge; Pouvant jouir, vous regrettez; Sur vos pas le plaisir volage Veut se fixer : vous le quittez.
Vous ne vous croyez qu'estimable, Et vous ne voulez qu'estimer; Tout le monde vous trouve aimable ; Pourquoi refusez-vous d'aimer?
Des premiers^ feux de notre aurore
Au crépuscule de nos jours,
il est un intervalle encore
Que doivent remplir les amours.
Comme au milieu de ses journées Pliébus rassemble tous ses feu.t, C'est au midi de nos années Que l'amour comble tous nos vœux.
Tendre, complaisant et solide.
Plus vrai sans être moins charmant.
Il devient d'autant plus timide Qu'il coiuiaît mieux le sentiment.
1. Sur un recueil d'Odes, publié en lyiii, et attiibué à Voltaire, voyez plus loin le no 23 16.
2. Il faut peut-ctre lire : Des iit'r«KTS feux... [Noie de M. Moland.)
j82 voltaire
Ce dieu vient de tracer lui même Ces vers dictés par la raison.
Quand on peut trouver qui nous aime, L'amour est toujours de saison.
Ces stances ont été réimprimées par M. .Moland, dans le tome XXXII de son édition, parmi les Poésies attribuées à Voltaire (p. 429).
Voyez d'autres Stances {irréguUères) dans le tome XII de l'édition des Œuvres de Voltaire, de 1764 (avec le nom d^ Amsterdam], p. 85 ; et, dans le Dernier volume des Œuvres de Voltaire (1861), des stances intitulées : Portrait de la marquise du Châtelet (réimprimées par M. Moland dans le tome XXXII de son édition, p. 43o). Uns note des premiers éditeurs nous apprend que ces « quatrains >> sont demeurés tout un siècle au château de Beaufeu, « dans des papiers cotés et parafés par les notaires » (p. 273). Ils ne nous en paraissent pas plus authentiques, et nous ne voyons dans ce morceau qu'un mauvais pastiche de la manière et du style poétique de Voltaire. Le tour aimable et facile des stances rapportées par Grimm nous ferait croire, au contraire, qu'elles sont de notre auteur.
Les Stances sur l'Italie, qu'on lit dans V Ahnanach des Muses de 1785, p. 260, sont empruntées à la XX'' Lettre sur les Anglais [Lettres philosophiques ; voyez le tome XXII<^ de l'édition Moland, p. i63). — C'est une traduction de l'anglais.