‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 10 sur 94 · Voyez plus haut page 11, note · texte numérisé non relu

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l'édition de Baie [Londres), qui se trouve dans sa collection (n" 5oo) porte: <( Il y a quelques phrases de plus dans l'e'dition d'Amsterdam, ' qui paraissent avoir été omises dans celle-ci. » C'est qu'en effet, loin d'avoir subi des retranchements, l'édition de Jore renferme quelques additions, notamment aux pages b, 41 et 42, 47 et 48, 86, 107, i58, 174, 214 et 2i5, 234, 241 et 242.

Quanta l'édition en 124 et 07 pages, elle contient, outre les vingt-quatre lettres sur les Anglais, une vingt-cinquième lettre sur les Pensées de M. Pascal, dont il sera question plus bas.

Nous avons tout lieu de croire que cette édition est celle qui fut imprimée clandestinement par François et René Josse '. (Voyez Voltaire à de Formont, 5 juin 1734; — à Jore, 24 mars 1736. M. Léouzon-le-Duc (Voltaire et la police, page i23,) date cette dernière lettre du 26 mars).

François et René Josse ayant eu entre les mains un exemplaire de l'édition de Jore, que Voltaire « tenait prête, pour la « lâcher quand cela serait indispensable • (à de Formont, 26 juillet 1733), copièrent, paraît-il, le livre en une nuit, et le firent imprimer secrètement. C'est là du moins le récit de Voltaire, confirmé par les déclarations de Jore. (Voy. Voltaire et la police, par M. Léouzon-le-Duc, p. m.)

Les premiers exemplaires des Lettres philosophiques commencèrent à se répandre dans le public vers le milieu d'avril de l'année 1734. (Voy. Voltaire à Cideville, 24 avril). Selon toute vraisemblance, ces exemplaires appartenaient à l'édition en 124 et Sy pages. En eff"et, Jore, dans son Mémoire ^, nous apprend qu'il réussit à prouver» que l'édition n'était pas « de son imprimerie et qu'il n'avait point de caractères sembla- « blesn {Voltaire et la police ^.11^). iorc a]QVi\.Q qMe son édition « iut surprise et saisie y) (ibidj.Q^Q quelques exemplaires en aient

1. Dans la Notice bibliographique que nous avons fait paraître à la fin du tome L« de l'édition des Œuvres de Voltaire^ publiée par .M. Moland, nous avons dit que c'est l'édition en 354 (lisez 324) pp., qui a été donnée par Fr. et R. Josse. L" a examen plus attentif des cinq éditions de 1734 nous a fait changer d'avis, et nous croyons que c'est l'édition in-8 en 124 et Sy pages qu'il faut attribuer à Fr. et R. Josse. En effet, non seulement on a suivi, pour cette édition, l'orthographe et la ponctuation de l'édition en 387 pp.; mais le fleuron des pcges 28, 41, 96 et 124 est une contrefaçon du fleuron imprimé sur je frontispice de l'édition de Jore.

2. Sur l'affaire Jore, dans les détails de laquelle il nous paraît impossible d'entrer sans allonger outre mesure la notice, déjà si longue, que nous consacrons aux Lettres philosophiques, voyez Desnoiresterres, Voltaire à Cirey, pp. 87 etsuiv.; — Léouzon le Duc, Voltaire et la police, pp. 91 et suiv.; — l'abbé Maynard, Voltaire, sa vie et ses œuvres, t. I, pp. i83-2ii.

été saisis chez M. de Forment, cela est probable (voy. Voltaire à de Formont, 5 juin 1734 : cf. Voltaire à Cideville 29 mai 1733)'; mais ce qui est plus probable encore, c'est qu'aussitôt après la publication de l'édition des Josse, Jore, trahissant les promesses qu'il avait faites à Voltaire, et ne se souciant plus que de ses propres intérêts, débita des exemplaires de l'édition en 387 pages qu'il vendait, nous dit Voltaire, «à'6, à 8, à 10 livres pièce » (à Cideville, mai 1734, lettre n» 408 de l'édition Moland). Si l'e'dition avait été saisie et détruite, il n'en resterait pas aujourd'hui un sigrand nombre d'exemplaires.

L'édition en 387 pages, donnée par Jore, contient vingtcinq lettres. On lil le mot Fin, au bas de la vingt-quatrième Lettre (p. 288); les cinq premières pages de la vingt-cinquième Lettre (280 à 2f)3) sont imprimées avec des caractères plus gros ^ « Il existe des exemplaires », lisons-nous dans une note manuscrite de Beuchot, « présentant quelques dissem- « blanCes dans quelques lignes de la page 386 et peut-être « ailleurs. Je crois cependant qu'il n'y a pas là deux éditions. « 11 y aurait eu seulement remaniement ou autre accident «typographique». P. 2 1 , ligne i5, village pour village; p. 22, ligne antépénultième i sans point; p. 262, ligne 20, Marie Stuard, M gâtée; p. 268, ligne 16, lionoré, à gâté.

La vingt-cinquième lettre est sur les Pensées de M. Pascal.

Voltaire s'étend longuement sur son (< petit Anti-Pascal » dans une lettre à Thieriot du 14 juillet 1733. 11 y expose toutes les raisons qui l'empêchent de « réserver l'impression de ces Remarques pour une seconde édition », et il prie Thieriot de s'en tenir, dans son édicion en anglais, «aux Lettres et à l' Anti-Pascal. »

Mais Thieriot, n'ayant pas r;çu en temps utile les Remarques sur Pascal, l'édition de 1733 parut sans cette vingt-cinquième lettre, qui fut publiée pour la première fois, en 1734, dans les éditions françaises des Lettres philosophiques imprimées en France et en Hollande.

Dans les premières éditions, les Remarques sur Pascal sont au nombre deLVII;(p. 333, ligne 12 de l'édition en 387 pp., on lit XXII au lieu de XX). Selon Beuchot, qui appuie son

1. Voyez dans le volume intitule : Voltaire. Documents inédits recueillis aux Archives nationales, etc., par Emile Campardon , différents proccsverbaux de saisie des Lettres philosophiques, à Paris (pp. 14 à 24).

2. Le fleuron du titre est le même que celui qui se trouve sur le fiontispice du tome I" de VHistoire de Charles XU, éd. de Baie, Revis, {Rouen. Jore) 1731. Les mûmes caractères ont été employés pour la composition des deux ouvrages.

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dire sur une note de Voltaire, ces cinquante-sept premières Remarques sur Pascal auraient été écrites en 1728 (voy. le tome XXI[ de l'édition Moland, p. 27, note I). M. Avenel croit qu'elles ont été composées en 172g {ibid.}. La note de M. Avenel, rapportée par M. Moland, est judicieuse; mais elle ne nous fixe pas sur la date positive de la composition des Remarques sur Pascal, que Voltaire peut avoir écrites aussi bien en 1729 qu'en lySo, lySi, 1732, ou 17^3. Il semble même que c'est plutôt en 1733 que Voltaire entreprit « de porter « quelques coups à ce vainqueur de tant d'esprits » (à Formont, juin 1733); c'est en 1733 qu'il parle pour la première fois de « son projet sur Pascal », et ce n'est que le i" juillet 1733, que les Remarques sont envoyées au très diligent, tnais très fautif Jore .

Sur les divers changements apportés par Voltaire dans les Remarques sur Pascal, voyez les éditions d'Amsterdam, 1738, t. IV, pp. 356 et 357, et de Genève, Bousquet (Paris), 1742, t. IV, pp. 284-290. Les Remarques sur les Pensées de M.Pascal sont augmentées, dans cette dernière édition, de seize remarques nouvelles, dont huit numérotées LVIll à LXIV, et huit Remarques numérotées I à VIU (ces huit dernières portant la date du 10 mai 1738). Cf. l'édition de M. Moland, t. XXII, pp. 44 et 45, 5o, 5i, 55.

Il nous reste à parler de deux autres éditions des Lettres philosophiques parues en 1734, l'une avec le nom d'Amsterdam, l'autre avec celui de Rouen.

Voici la description de ces deux éditions :

Lettres philosophiques par M. de V... a Amsterdam, chez E. Lucas, au livre d'or (Paris?) 1734, in-12 de 2 ff. non chiff. (pour le titre, la Table et les Fautes à corriger) et 354 (lisez 324) pages (Bibl. N'" io33 -f-A2 et C.V. Beuchot, 5i8).

Lettres PHILOSOPHIQUES par M. de V... a Rouen, chez Jore libraire (Amsterdam, Ledet?), 1734, in-12 de 2 tf. non chift'. (pour le titre et la Table) et 190 pp. (C. V. Ben).

L'édition en 354 pages est évidemment postérieure aux éditions de Baie {Londres), et d'Amsterdam (Paris et Rouen) en 124 et 387 pp.; car elle contient les vingt-cinq lettres im]'rimées uniformément.

Cette édition pourrait bien être la contrefaçon de René Josse, dont il est question dans les lettres de Voltaire à Formont, du 5 juin 1734 et à Jore du 24 mars 1736. Il semble résulter des termes d'un arrêt du conseil du 23 octobre 1734. cité par Quérard (Bibliogr. Volt., p. 3) que cette édition a été imprimée à Bayeux.

Par suite d'une faute de pagination, la page 169 est cotée 199, la page 170, 200, etc. La page 07 est cotée i3. Page 164, lignes 2 et 8, on lit réflexion pour réflection, etc., etc.

Enfin l'édition en igo pp. contient vingt-six Le/fres (la vingtsixième est celle sur l'incendie d' Aliéna). Jore en parle dans son Mémoire (voy. Voltaire et la police, p. 1 12) comme d'une édition étrangère qui se vendait chez Ledet, imprimeur de Voltaire, à Amsterdam.

Selon Beuchot (note 2 de la page 75 du tome XXII de l'édition Moland), le nom de Jore est imprimé fautivement sur cette édition. Tous les exemplaires qui ont passé sous nos yeux portent bien cependant Jore '.

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