‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 21 sur 94 · MÉMOIRES POUR SERVIR A LA VIE DE M. DE VOLTAIRE ÉCRITS PAR · texte numérisé non relu

MÉMOIRES POUR SERVIR A LA VIE DE M. DE VOLTAIRE ÉCRITS PAR

LUI-MÊME. Berlin, 1784, in-8» de =1 f. non chiff., et 106 pp. (Bibl. N'», Ln", 20.791) '. — Berlin, 1784, in-8" de 80 pp. (Bibl. Nie, Ln", 20.791 A et C. V. Beuchot 556, 557 et i<^32), — Londres, 1784, in-8» de 117 pp. Titre encadré (C.V. Beuchot 558 - ). — S. l. (Dresde ou Berlin), 1784, in-12 de 166 pp. (Bibl. N'% Ln", 20.791. B. et C. V. Beuchot 555).

S'il fallait s'en rapporter à une note de M. Ravaisson publiée dans le tome XII des Archives de la Bastille {Paris, Pedone-Lauriel, 18S1, in-8, p. 36i), une partie de ces Mémoires serait antérieure au départ de Voltaire pour la Prusse. En effet, le 20 juillet 1751, M. Berryer écrivait la note suivante : a II y a un livre de M. de Voltaire intitulé : Mémoire {sic) pour a servir à la vie de '". M. de Voltaire l'a laissé à madame De- « nis. On croit qu'elle l'a encore. L'abbé Raynal qui est fort « aimé de M. de Voltaire et de madame Denis pourrait en savoir « des nouvelles. — Savoir ce que c'est que ce livre » ^ M. Ravaisson a mis au bas de cette note du lieutenant de police : « Oétaient les Mémoires pour servir à la vie de Voltaire. » Nous ignorons quel est l'ouvrage de Voltaire auquel Berryer a voulu faire allusion *; mais, ainsi que le fait fort judicieusement remarquer M. Moland, il n'est point vraisemblable que Voltaire ait commencé ses Mémoires en 1751.

Les biographes de Voltaire varient presque tous sur l'époque

sur les vaines terreurs de la mort et les frayeurs d'une autre vie, dont il est question dans le dernier alinéa des Mémoires. Voyez cette Epître dans les Œuvres de Frédéric le Grand [édition Preuss), tome X, pp. 194-20!!.

1. Le Catalogue du British Muséum porte l'indication d'une édition avec le

r 0662. de \ nom de D^rlin, ornée' d'un portrait de Frédéric. (British Muséum, 1

2. Sur le titre de départ on lit : Mémoires de M. de Voltaire, etc... — Le Catalogue du British Muséum porte lindication d'une seconde édition avec le nom de Londres, in-S (British Muséum, 83 1 d. 22). — Kayscr [Index locuplctissimus. etc., t. VI (iSlïfi) p. 108), cite une édition de Leipzig. Linckc (Rottmann, Berlin). 178?, in-8. — Lowndes {The Bibliograplier's Manual, V, 2794) indique une édition de 1781, avec le noin de Robinson, à Londres, et NI. Claudin. dans ses Archives du Bibliophile, décembre iS.^3, une édition àt Berlin, 1784, in-i8, format Cazin (no 7o36i).

3. Cette note a été reproduite par M. Moland, dans le tome I de son iià\- X\on àti, Œuvres complètes de Voltaire, p. 3 19. [Documents biographiques, XLI).

4. Pailiet de Warcy parle dans son Histoire de la vii et des ouvrages de Voltaire {Paris. 1S24, t. 1, p. 114), d'une Vie pricée de Frédéric H, que Voltaire aurait composée à Leipzig en 1753, et dont le roi aurait en connaissance. Cf. Lepau, Vie politique, etc , de Voltaire. 4' édition, 182^, p. 197. Mais il ne faut donner que peu de créance au témoignage de ces historiens.

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où cet ouvrage a été écrit; cependant, aucun d'entre eux ne lui assigne une date antérieure à Tannée ijbS. Lepan dit que Voltaire le composa à sa sortie de Brandebourg {Vie politique, etc.. de Voltaire, 4*^ édition, Par/5, 1824, in-8, p. 385j; — selon les éditeurs de Kehl, cette autobiographie fut commencée par l'auteur, peu de temps après l'aventure de Francfort, c'est-à-dire peu de temps après le mois de juin de l'année 1753. Le marquis de Villette, dans une lettre au comte de Guibert, dont il sera question plus loin, nous apprend que les Mémoires furent écrits aux Délices '; or Voltaire n'acheta les Délices qu'au commencement de i-jbo (voyez sa lettre à M, de Brenlcs, du 9 février i-]bb); — enhn M. Dcsnoiresterres croit que l'ouvrage est de 1769 {Voltaire, son retour et sa mort, p. 458). C'est aussi notre avis : en effet l'auteur, dés les premières lignes, parle de la mort de Kœnig (survenue le 21 août 1757; 2, et de celle de la margrave de Dareith, qui est du 14 octobre 1758)'. Il est vrai que dans le paragraphe V de ses Mémoires, Voltaire, parlant de la traduction des Principes mat'iématiques de Newton par madame du Châtelet, dit : « On en .1 a commencé une édition; il n'est pas honorable pour notre « siècle qu'elle n'ait pas été achevée ». Beuchot a mis en note c.u bas de ce passage : « L'impression ayant duré plusieurs « années, Voltaire a cru qu'elle n'a pas été achevée » (voy. l'édition Moland, t. I, p. 8). Ailleurs (t. XXIII, p. 5i5), le même éditeur dit que les Principes mathématiques ont été imprimés en 1^56. Nous avons déjà eu l'occasion de rectifier cette date (voyez plus haut, p. bgj; les Principes mathématiques n'ont été publiés qu'en i75g, et dès lors l'objection qu'on pourrait tirer de ces indications de Beuchot, tombe d'elle-même. — C'est en septem.bre 1759 que Grimm annonce la publication de Touvrage posthume ue M™" du Chàtelcl {Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. IV, p. hS) ; cela ne prouvc-til pas surabondamment que les Mémoires de Voltaire sont postérieurs à 1758, et antérieurs à la fin de l'année 1739.'

Une autre question, non moins controversée, et assurément plus difficile à résoudre, est de savoir comment ces Mémoires ont vu le jour en 1784.'... Faut-il croire avec Wagnière ' que

1. Œuvres du marquis de Villette, Edimbourg et Paris, 17S8, in-S, p. 2 }«.

2. CI Le cOlchi'e Kœnig, qui est mort professeur à La Haye... »

■3. La margrave de Bareitli mourut le jour même de la bataille de Hochkirck (voy. Histoire du la Guerre de sept ans. Œuvres de Frédéric le Grand, cd. Prcuss, t. IV', p. 223). — Voici le passage des Mémoires auquel nous faisons allusion : « Il en resta à la princesse une contusion au-dessous du <( leton gauche, qu'elle a conservée toute sa vie, comme une marque des senti liments paternels, et qu'elle m'a fait l'honneur de me montrer. "

4. Mémoires sjir Voltaire, etc. Paris ii)2l, in-8, t. H, pp. b3-}.\. Cf. une

le manuscrit des Mémoires fut soustrait du cabinet de Voltaire en 1768. On a voulu rendre La Harpe responsable de ce méfait, mais s'il est à peu près certain que La Harpe prit dans la bibliothèque de Voltaire le second chant de la Guerre civile de Genève ^, il n'est nullement établi qu'il ait de'robé le manuscrit des Mémoires ni même qu'il l'ait copié 2.

En effet, au dire même de Wagniére, l'original, de la main de Voltaire, fut brûlé par l'auteur ^ ; et quant au deux copies qui se retrouvèrent parmi les papiers de Voltaire après sa mort, nous voyons dans VExamen des Mémoires de Bachaumont qu'elles étaient de la main de Wagniére, que l'une d'elles fut envoyée à l'impératrice de Russie ^, et que « dans le der- « nier voyage qu'il avait fait à Paris, Wagniére avait vu l'autre « entre les mains de Beaumarchais \ »

Ce récit est en contradiction formelle avec le passage suivant de la lettre du marquis de Villette au comte de Guibert : « Il (Voltaire) serre avec soin son manuscrit; mais « ce beau génie n'a Jamais eu l'esprit de rien enfermer, ni « l'adresse de cacher Une clef, pas même celle de ses doubles « louis. On a fait à son insu deux copies de cet ouvrage ». Or, Wagniére avoue que ces deux copies étaient écrites de sa main; dés lors pourquoi faire peser sur la mémoire de La Harpe une accusation aussi peu fondée?... Pourquoi supposer, comme l'a fait l'éditeur des Mémoires sur Voltaire ' que La Harpe, possesseur d'une quatrième copie des Mémoires, la garda très secrètement jusqu'après la mort de Voltaire et que ce fut l'origine de l'édition publiée en 1784 ?

Bailleurs La Harpe, dans un passage de sa Correspondance littéraire consacré aux Mémoires de Voltaire, a commis une erreur matérielle, qui prouve qu'il n'a pas été en possession du manuscrit. Voici comment il s'exprime dans ce passage : « En

lettre du marquis de Villatte à M. le comte de Guibert, Œuvres du marqids de VUL'tte, Edimbourg et Pans, 17S8, in-8, p. 249, et Desnoiresterres, Voltaire et Genève, p. 196, note i .

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