‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 45 sur 94 · I-2I. DÉCLARATION. — AUTRE DÉCLARATION · texte numérisé non relu

I-2I. DÉCLARATION. — AUTRE DÉCLARATION

Ces deux Déclarations, imprimées en 1808, dans le tome II du Supplément au recueil des Lettres de AL de Voltaire, Paris, Xlirouet, Deterville et Petit, pp. Sy et 42, sont relatives au Mémoire de Vernet, dont il est question sous le n» précédent (ce Mémoire était suivi de divers Extraits des registres du Conseil, de la Compagnie et du Consistoire qui «déclaraient « convaincants les éclaircissements donnés par Vernet sur les « reproches que lui adressait V'oltaire •); — et à un deuxième Mémoire, qui n'était encore qu'en manuscrit, et dont Voltaire parle dans sa lettre à d'Alembert du 3o juillet 1766.

1. Sur le Traité de la vérité de la Religion chrétienne, \ voyez Quérard, La France littéraire, t. X, p. 120. — La première édition des Lettres critiques d'un voyageur anglais est de 1761; la seconde de 1763; la troisième (C. V. Beuctiot, 1476), de 1766. (Voyez Qaérard, Les supercheries littéraires dévoilées,'^. Hafiii, III, 9S0. Cf. la note de Beuchot, t. XX^' de l'édition Moland, p. 492J.

2. Nous croyons, contrairement à l'opinion de M. Desnoiresterres, que V Eloge de l'Hypocrisie est postérieur à la Lettre curieuse (voyez Voltaire et Genève, p. 74. Cf. notre tome \", n» ôqSj,

Les Déclarations relatives au libelle du sieur Vernet sont au tome X« de l'édition Desoer, Paris, 1817, pp. io53 et 1077. Cf. le tome XX1X« de l'édition des Œuvres de Voltaire donnée par MM. Lefèvre et Deterville (Paris, i8uS, pp. 562-564).

1722. Relation de la mort du chevalier de la Barre, PAR M. Cass*** (Cassen), avocat au Conseil du Roi. a Monsieur le marquis de Beccaria. S. /. 15 juillet 1766 (1768) in-P. de 24 pp. (C. V. Beuchot, 70 et 75 bis).

« La nuit du 8 au 9 août 1765, un crucifix de bois placé « sur un pont, à Abbeville, est mutilé à coups de sabre ou de « couteau de chasse. Un peuple superstitieux et aveugle s'en fait « un sujet de scandale. L'évêque d'Amiens ', un des plus fanait tiques d'entre les évêques de France, se transporte avec son « clergé en procession sur les lieux... On publie des moni- « toires pour découvrir l'auteur de ce crime. Plus de cent « vingt fanatiques ou têtes troublées déposent-... Mais tous « rapportent des ouï-dire, des bruits vagues qui chargent la « principale jeunesse de la ville de propos impies, de préten- « dues profanations, de quelques indécences qui pouvaient « mériter tout au plus l'animadversion paternelle... Cinq « enfants des principales familles, tous mineurs, se trotivent

• impliqués dans une procédure criminelle^. Leurs parents

• les avaient fait évader; mais la même animosité qui leur « avait suscité cette mauvaise afiaire dénonça leur fuite. On « courut après eux, et des cinq l'on en prit deux, savoir : le « jeune chevalier de la Barre, et un jeune enfant de dix-sept « ans, appelé Moisnel. La sentence rendue à Abbeville, le

• 28 février dernier (1766), condamne Gaillard d'Etallonde à « faire amende honorable, à avoir la langue et le poing cou- « pés, et à être brûlé vif... Jean-François Le Fèvre, chevalier

• de la Barre, est condamné par la même sentence à faire « amende honorable, à avoir la langue coupée, ensuite la tête « tranchée et son corps réduit en cendres » (Grimm, Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VII, pp. 75-76).

! . Louis-François-Gabriel de la .Motte.

2. M. Desnoiresterres, qui a inventorié avec le plus grand soin les cinquante et une pièces dont se compose, aux Archives nationales (Parlement Criminel X2 B. 1893), le dossier de l'nflfaire d' Abbeville, dit qu'on avait entendu soixante-dix-sept témoins.

3. Ils s'appelaient : Gaillard d'Etallonde, La Barre, Moisnel, Douvilie de Maillefeu et Dumaisniel de Saveuse.

if.S VOLTAIRE

Le procès ayant été porté au Parlement de Paris, un arrêt du 4 juin 1766 confirma le jugement de la sénéchaussée d'Abbeville, et La Barre fut exécuté, le i" juillet 1766, par cinq bourreaux envoyés de Paris; on sait qu'il mourut t avec un a courage et une tranquillité sans exemple'. »

Dans les perquisitions faites, au cours de l'instruction, chez le chevalier de la Barre, on avait saisi, entre autres livres, le Dictionnaire philosophique (qui fut jeté dans les flammes, en. même temps que le corps de l'infortunée victime); La Barre avait, en outre, avoué qu'il savait par cœur des vers de la Piicelle et de VE^pitre à Uranie, et qu'il avait prêté à Moisnel cette Epitre de Voltaire, ainsi que les Lettres philosophiques et la Lettre sur Vâme *.

D'autre paft, lors des débats de l'affaire devant le Parlement, le conseiller Pasquier s'était élevé « avec beaucoup de

• violence contre les philosophes et contre Voltaire, qu'il avait « nommé, et avait présenté les profanations d'Abbeville « comme un effet funeste de l'esprit philosophique qui se ré- « pandait en France '. » Aussi Voltaire, justement alarmé, écrivait-il à Damilaville le i" juillet 1766 : « On me mande, « mon cher frère, une étrange nouvelle. Les deux insensés

• qui ont profané une église en Picardie ont répondu, dans

• leurs interrogatoires, qu'ils avaient puisé leur aversion pour

• les saints mystères dans les livres des encyclopédistes et

• de plusieurs philosophes de nos jours. Cette nouvelle est c sans doute fabriquée par les ennemis de la raison, de la u vertu et de la religion. » Cf. Voltaire à d'Alembert, i" juillet, et à l'abbé Morellet, g juillet 1766.

Beuchot dit que la première édition de la Relation, in-8 de 24 pp., parut en 1766 (voyez sa note t. XXV de l'édition Moland, p. 5o3). Nous ne sommes pas de cet avis, et nous croyons que la Relation, quoique datée du i5 juillet 1766, ne fut imprimée qu'en 1768.

En effet, Grimm, Bachaumont, M"»» du Deffand parlent tous, en 1768, de cet écrit comme d'une nouveauté; (voyez la Correspondance littéraire de Grimm, éd. M. Tourneux, t. VIII, p. 47: i3 mars 1768; — Xt?, Mémoires secrets du 10 mars 1768; —

1. Grimm, Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, ibid. — Sur l'affaire d'Abbeville, voyez Desnoiresterres, Voltaire etJ.-J. Rousseau, pp. 4^7 et sq... Cf. V. Hugo. Le Discours pour Voltaire, Paris, Calmann Lévy, 1878, in-8, pp. 8-10.

2. Voyez Desnoiresterres, Voltaire etJ.-J. Rousseau, chap. X passim ; — Grimm, Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VIT, p. 77.

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