‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 47 sur 94 · On lit au faux titre : Nouvelle édition très exacte · texte numérisé non relu

On lit au faux titre : Nouvelle édition très exacte

2. Avec une variante qui a été reproduite par Beuchot, (t. XXV de l'édition Moland, p. 514). — Dans cette réimpression on n'a mis que l'initiale B..., au lieu du nom de Belleval, qu'on lit dans les éditions précédentes. Sur Belleval, voyez {'Extrait de la lettre d'Abbeville du 7 juillet 1706, dont il est question plus haut et Voltaire à Frédéric, 11 mars 1774..

3. Beuchot a emprunté à cette édition quelques variantes qu'il donne, à tort, comme étant de 1775 (voyez le tome XXV de l'édition iMoiand, pp. ro5-5o7 et 509).

4. L'édition de Hollande, dont il est question dans cette lettre, doit s'entendre de l'édition publiée à Genève, sons la rubrique d'Amsterdam. Cf. la lettre 10^2 I de l'édition Moland.

« M. de Voltaire; elles en sont dignes par ce cri de l'humanité « qu'il fait entendre partout, et par ce sarcasme fin dont il « assaisonne tout ce qu'il dit... Le Parlement est furieux « contre ces lettres, et l'on assure que le premier président en a a porté des plaintes au roi. »

Ces lettres ne nous sont point parvenues; néanmoins un fragment de l'une d'elles est imprimé dans une lettre de Voltaire à Damilaville, du 25 juillet 1766.

En 1775, Voltaire écrira le Cr/ du sang innocent, qui est un supplément à la Relation de la mort de La Barre (voyez plus loin, année 1775).

1723. Avis au public sur les parricides imputés aux. Calas et aux Sirven. S. l. n. d. [Genève, 1766), in-8 de 34 pp. (Bibl. n'% Ln^', 3382). — S. /. n. d. [Genève ou Paris), in-8 de 30 pp. (C. V. Beuchot, 1 1 1 bis).

Comme l'affaire Calas, comme l'affaire du chevalier de La Barre, l'aftaire Sirven appartient aux causes célèbres du xviii* siècle.

La famille Sirven était calviniste et habitait Castres. Elle se composait du père, Pierre-Paul Sirven, commissaire à terrier du pays de Castres, de la mère, Toinette Léger, et de trois filles, Anne, Elisabeth et Jeanne, la première mariée à Raimond Périé, marchand à Castres, les deux autres habitant chez leur père.

Le 6 mars 1760, Elisabeth Sirven, âgée alors de vingt-deux ans, disparaît de la maison paternelle et se réfugie dans un couvent des Dames régentes, où la sœur de l'évêque de Castres, M"" de Barrai, abusant de la faiblesse d'esprit de la jeune fille, l'avait engagée à chercher un asile, afin d'y embrasser plus facilement la religion catholique. Au couvent, Elisabeth Sirven devient folle; elle est sujette à de fréquentes attaques d'hystérie, qui nécessitent l'emploi de la camisole de force, et qui décident les Dames régentes à la renvoyer dans sa famille (9 octobre 1760). Dans la nuit du i5au i6 décembre 1761, nouvelle disparition d'Elisabeth Sirven, dont le cadavre est retrouvé le 3 janvier 1762, dans un puits du village de Saint-Alby.

Après une procédure sommaire, dont on trouvera les curieux détails dans l'ouvrage de M. C. Rambaud, intitulé : Sirven, Etude historique, d'après les documents originaux et la Correspondance de Voltaire. Ma:{amet et Paris, if>38, in-12, pp. 3i el suivantes, les Sirven sont décrétés d'accusation, comme prévenus d'assassinat; le père se réfugie à Genève, puis

I7ï VOLTAIRE

à Lausanne, où sa femme et ses deux filles le rejoignent au mois de juin de l'année 1762. Le 2g mars 1764, les Sirven, reconnus coupables de parricide, sont condamnés, le père et la mère à être pendus, et les deux sœurs complices à assister à l'exécution de leurs père et mère et à être bannies à perpétuité du territoire de Mazamet'.

Cette sentence, confirmée par une ordonnance du Parlement de Toulouse en date du 5 mai 1764, fut exécutée par effigie le 1 1 septembre suivant.

Voltaire, à qui Moultou avait présenté les Sirven -, les prit

sous sa protection et résolut de leur faire rendre justice. Mais

il ne voulut point élever la voix en leur faveur, avant que le

. procès des Calas ne fût terminé (voyez ses lettres à Debrus,

de 1762; n°^ 4997 et 5o83 de l'édition Moland).

L'arrêt qui réhabilite les Calas est du 9 mars 1 765, et dès le I"" mars, Voltaire, dans une lettre adressée à Damilaville et destinée à la publicités essaye d'établir l'innocence de la famille Sirven « livrée à l'opprobre et à la mendicité chez les « étrangers. • Mais il ne se dissimule pas que cette affaire est plus difficile à traiter que celle des Calas « parce que les « Sirven se sont enfuis, et hors du royaume; parce qu'ils « sont condamnés par contumace; parce qu'ils doivent se pré- « senter en justice; parce qu'enfin, aj-ant été condamnés par t un juge subalterne, la loi veut qu'ils en appellent au parlet ment de Toulouse. » (A Damilaville, 8 mars 1765.)

Pendant qu'EIie de Beaumont rédigeait un Mémoire pour Sirven ^, Voltaire écrivait VAvis au public, etc., qu'il appelle dans sa lettre à Damilaville, du 4 février 1766 « un certificat « de sa façon, » et dans sa lettre du 12 mars, au même, • le

1 . C'est prés de Mazamet qu'avait été découvert le cadavre d'Elisabeth Sirven.

2. Vo}-. Voltaire et les Genevois, par J. Gaberel, deuxième édition, Paris et Genève^ Cherbuliex lî^îy, in-12, pfr: 89-90.

3. Cette lettre fut en effet imprimée : elle forme une brochure in-S de 16 pp. (Voyez Correspondance, année 1765). Une autre « lettre ostensible sur les Sirven » (voyez Voltaire à Damilaville, 27 mars 1767) fut adressée, le 20 mars 1767, par Voltaire à Elie de Beaumont.

4. Mémoire à consulter et consultation pour Pierre-Paul Sirven, etc.. (de l'imprimerie de L. Cellot, 1767), in-4 de 78 et 4 pp. (Bibl Nie, 4», F3, i36i-3o2i9). Les Mémoires secrets du 29 mars 1767 disent que et Mémoire parut sous le nom de V'oltaire. C'est une erreur; ce qui est vrai, c'est que, comme le fait remarquer l'éditeur des Mémoires sur Voltaire (Paris, 1826, t.I, p. 255, note 17), Elie de Beaumont» ne publia rien dans cette affaire sans u l'avoir communiqué auparavant à Voltaire. »

« petit discours qu'on prétend mettre à la suite du mémoire « pour les Sirven. • (Cf. Voltaire à Damilaville, 24 mars et 23 juin 1766).

VAvis au public fut envoyé au roi de Pologne (voyez Voltaire à madame Geoffrin, 5 juillet 1766; — cf. les Mémoires secrets du 21 juillet 1766 : Additions) ; — à Catherine II (Catherine à Voltaire, 29 juin, 9 (lisez : 11) juillet 1766); — à Frédéric (voyez Frédéric à Voltaire (juillet) 1766; lettre 6409 de l'édition Moland).

Les Mémoires secrets parlent de cette brochure, le i5 septembre 1766 ; voyez aussi Voltaire à Damilaville, 28 novembre et i5 décembre 1766,

Le Mémoire d'Elie de Beaumont parut en février 1767 (voy. Voltaire à Elle de Beaumont, 4 mars 1767; — les AJémoires secrets du 29 mars 1767; — la Correspondance littéraire de Grim.m, éd. M. Tourneux, t. VII, pp. 287-288; i«'' avril 1767). Mais ce n'est que le 25 novembre 1771 que le Parlement réforma la sentence du 29 mars 1764 : « Il avait fallu neuf ans « pour faire rendre justice à l'innocence. » (Voltaire au comte de Rochefort, décembre 1771 ; lettre 8440 de l'édition Moland) '.

Quérard, dans les Supercheries littéraires dévoilées, éd. Daffis, I, 653, dit que VAvis au public, etc., ainsi que les Mémoires d'Elie de Beaumont et de de Lacroix ont été publiés sous le nom de Cassen; ce renseignement est inexact. Quérard a confondu, en outre, le Mémoire de. 1767 avec celui de 1771.

h' Avis au public, etc., a été réimprimé en 1766, à la suite d'une édition du Philosophe ignorant (voy. plus loin, année 1766); — en i767dans le tovaelW de.?, Nouveaux Mélanges, etc., pp. 222-254. Cf. les tomes XVI de l'édition in-4, p. 53o; — XXXV de l'édition encadrée, p. 394; — XXX de l'édition de Kehl, p. 266.

1724. Commentaire sur le livre des délits et des

PEINES PAR UN AVOCAT DE PROVINCE. S. l. {GenèvC)

1766, in-8 de viii et 120 pp "^. (Bibi. n'% F. 56,. 4. 4.

I. Un nouveau Mémoire pour le sieur Pierre-Paul Sirven feudiste, etc. . fut publié en 1771, in-8 de 2 ff. et 219 pp. (G. V. Beuchot, 53o). Ce Mémoire fut rédigé par un avocat de Toulouse, nommé de Lacroix. (Voyez Voltaire à de Lacroix, 23 novembre et 28 décembre 1770.)

:. C'est par erreur que dans notre Notice bibliographique du tome L» de rddition Moland, nous avons signalé l'existence de deux éditions de 1766, in-8 de VIII et 120 pp. La vérité, c'est que tous les exemplaires de l'édition de

et C. V. Beuchot, 165). — Nouvelle édition corrigée et augmentée. S. l. {Genève), 1767, in- 12 de 2 fF. de titre, 121 pp. et III pp. de table. (C. V. Beuchot, 165 bis).

Le Traité des délits et des peines de César Bonesana, marquis de Beccaria, fut publié en 1764 (voy. Di:{ionario di opère anonime e pseiidonime di scrittori Italiani di G. M. Milan, 1848, gr. in-8, t. I, p. 281, col. II).

a Ce petit traité fut accuailli avec enthousiasme par tous les « hommes généreux. L'auteur, tenant d'une main ferme la ba- « lance de la justice, assure les droits de l'opprimé, et donne « une garantie à l'innocence. Il limite la faculté de punir, en « ne laissant que la latitude nécessaire pour atteindre le crime « et frapper le coupable. Entre le pouvoir législatif et le pou- « voir judiciaire, il trace une ligne de démarcation que ne a doivent franchir ni le juge ni le législateur, pour conserver « intacts leurs droits respectifs, et pour maintenir dans l'Etat « une harmonie salutaire. Ainsi, il établit que l'interprétation

176'î ne sont pas constitués delà même façon. Dans l'exemplaire coté, à la Bibliothèque Nationale, F. 365. 4. 4., on trouve une lettre adressée « A Mon- « seigneur, le marquis d'Hautefort, chevalier des ordres du roi ». et signée i< Jean-Jacques Rousseau •. Voici le texte de cette lettre, qui n'existe pas dans l'exemplaire de la collection Beuchot, in" i65) : « Monseigneur, Le bruit « s'est répandu dans toutes les provinces et dans les pays étrangers que vous « avez été persuadé par la lecture de l'excellent ouvrage sur les Délits et les « peines, que vous l'avez hautement mis sous votre protection et que vous vous « êtes beaucoup agité pour obtenir une recision (rescision) du code criminel « français. Sur cette nouvelle, M. le comte de Beccaria vient de partir pour la (i France, s'assuraiit que. possédant comme vous -faites, l'oreille de sa Majesté, « vous le ferez nommer premier président du Tribunal de la recision des lois. i< Une suite naturelle de votre faveur étant la magnificence de votre palais, le (I comte Beccaria compte aller descendre chez vous, pour jouir du charma « qu'un concert unanime de sentiment ûoit apporter dans un commerce intime. « La douceur d'une telle société me fait regretter bien vivement d'être exilé de « France; au moins, Monseigneur, ai-je assez de relations à la cour pour sa- 11 voir que je ne dois pas adresser à d'autre qu'à vous les réflexions que j'ai « ajoutées à cet ouvrage. J'espère que vous voudrez bien accorder au Com- « mentaire \a mëm<: protection qu'au texte, et que désormais les peuples, dans « leur reconnaissance,, joindront ensemble les truis noms de l'auteur, du com- « mentateur et du protecteur. J'ai l'honneur d'être, avec un profond respect, <i de votre Grandeur, le très humble, obéissant serviteur. J. J. R. ».— Cette facétie, qui n'a pas été recueillie dans les Œuvres de Voltaire, parut au-devant de la première édition du Commentaire, au moment même où Rousseau accusait publiquement Voltaire d'avoir écrit la Lettre au docteur Pansophe, (voy. plus loin); Voltaire, qui devait désavouer cette Lettre, supprima sans doute, par mesure de prudence, la prétendue lettre de Jean-Jacques au marquis d'Hautefort.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES i;5

« des lois n'appartient pas aux juges, et que les législateurs, « à leur tour, n'ont pas le droit de prononcer des jugements. « 11 proscrit les arrestations arbitraires;. .. il demande que les « crimes et les délits soient clas.-és d'une manière naturelle, et t que les punitions soient toujours dans une juste proportion « avec les uns et les autres. Il s'élève avec force contre les atroce cités de la torture, qui n'aurait jamais dû souiller le code « même .de la tyrannie. 11 pensait surtout que si le devoir des « magistrats leur prescrivait de réprimer les délits, qui sont « le vrai tléau de la société, il leur commandait plus impé- « rieusement de chercher tous les moyens de les prévenir. « Entin, en proposant de donner aux juges, pour la procé- « dure criminelle, des assesseurs choisis par la voie du sort, il « eut le premier l'tjonneur de provoquer l'établissement du « jury. » {Nouvelle biographie universelle, t. Y, p. 75.)

Dès 1765, le Traité des délits et des peines fut traduit de l'italien par l'abbé Morellet '. (Voyez Grimm, Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VI, pp. 'iig et 422.) Voltaire qui avait commencé à lire le texte italien le 16 octobre 1765 (voyez sa lettre à Damilaville du 16 octobre), fit paraître son Commentaire VQV?, la tin d'août ou le commencement de septembre 17G6 (voyez Voltaire à d'Argental, i3 septembre; — Cf. la Correspondance littéraire de Grimm, éd. M. Tourneux, t. Vil, pp. iSS-iSg; i" octobre 1766). Le Commentaire était l'œuvre d'un avocat de Besançon « ami intime... de l'humanité. « (Voltaire à d'Argental, i3 et 19 septembre; 8 octobre; — à Helvétius, 27 octobre; — à Damilaville, 17 novembre 1766.)

Le I" décembre de la même année, « l'avocat de Besançon » annonce à Damilaville « qu'il a beaucoup augmenté son ou- « vrage. L'édition est entièrement épuisée. Pourriez-vous, » ajoute-t-il, « demander à M. Marin, si on permettra, dans « Paris, l'entrée d'une nouvelle édition conforme à ce qui a « déjà été imprimé, et très circonspecte dans ce qui sera « ajouté-' »

Il s'agit de la seconde édition du Commentaire , qui n'est pas, ainsi que le dit Grimm, dans sa Correspondance littéraire (éd. M. Tourneux, t. VII, p. 164), « augmentée du double »; car les prétendues augmentations se bornent à l'addition d'un

I. Traité des délits el des peines, traduit de l'italien d'après la troisième édition revue, corrigée et augmentée par l'auteur. Avec des additions de l'auteur qui n'ont pas encore paru en italien. Lausanne, 17Ô6, iti-12, .x.x.xn- 2S6 pp. fBibl. N's, F.) — Nouvelle édition plus correcte que les précédentes, Philadelphie, 1766, in-8, .\xv111-14S pp.

passage omis en 1766 (voyez pp. 61 et suiv..., de rédition de 1767). Les fautes signalées dans V Errata de l'édition en 120 pp. - (cet Errata est aux pp. 1 19-120), sont corrigées dans l'édition en 121 pp. >.

Réimpr. en 1767, dans le tome IV des Nouveaux Mélanges, etc., pp. 343-402. Cf. les tomes XVI de l'édition in-4, p. 148 ; — XXXIV de l'édition encadrée, p. 365; — XXIX de l'édition de Kehl, p. 209.

Dans toutes ces réimpressions, les paragraphes sont au nombre de vingt-trois. « Quelques éditions, dit Beuchot, en

• ont vingt-quatre, cela vient de ce qu'en changeant le chiffre « des paragraphes suivants, on avait formé un paragraphe xi « de l'article xxii du Prix de la justice et de l'humanité, écrit

• en 1777 » (t. XXV de l'édition Moland, p. 539).

Le g IV [De V extirpation des Hérésies) formait, en 1771, la section n du mot Hérésie dans les Qiiestions sur l'Encyclopédie; — le g XVI (De la révélation par la confession) fut reproduit (moins les deux derniers alinéas), dans les Qiiestions sur l'Encyclopédie, à l'article Confession; — le g xxi {De la confiscation attachée à tous les crédits dont on a parlé) est répété dans le chapitre xli (aujourd'hui xlii) du Précis du Siècle de Louis XV^, et, avec quelques différences, dans l'article Confiscation des Qiiestions sur l'Encyclopédie; — entîn plusieurs alinéas du g xxii (De la procédure criminelle et de quelques autres formes), se retrouvent dans le chapitre xli (aujourd'hui xlii) du Précis du Siècle de Louis XV et dans l'article Criminel des Qi(eslions sur l'Encyclopédie.

Le Commentaire sur le livre des délits et des peines, condamné par décret de la Cour de Rome du iq juillet 1768, (Catalogue des ouvrages 7)iis à l'index, Paris, 1825, in-8, p. 35o), a été réimprimé en 1773, in-8 (Catalogue des ouvrages de M. de Voltaire ou qui lui sont attribués, joint à un exemplaire des Lois de Minos ; C.V. Beuchot, 535) ; — en 1782, par Brissot, dans sa Bibliothèque philosophique du législateur, du politique et du jurisconsulte, Berlin et Paris, Désauges, 1782 et années suivantes, in-8, (t. I, pp. 201-266) ; — en 182 1, par M. Dufey (de l'Yonne), à la suite de sa traduction du Traité de Beccaria, Paris, Dalibon, in-8, pp. 181-257; — en 1822, par M. Colin de Plancy, à la suite d'une nouvelle traduction des Délits et des Peines, Paris, Brière, Brissot-Thivars, in-8 (pp. 275-358).

I. Sur cette seconde édition, voyez Voltaire à Christin, 25 février 1767 et à Borde, 27 mars 1767. Voltaire dit qu'elle fut imprimée par Grasset : les caractères sont bien cependant ceux des Cramer.

bibliographie de ses œuvres 177

1725. Appel au public contre un recueil de prétendues LETTRES de M. DE VOLTAIRE (176Ô).

Le recueil dont il s'agit dans cet Appel au public, est intitule : Lettres de M. de Voltaire à ses amis du Parnasse, avec des notes historiques et critiques, Genève (Amsterdam), i-jbb, in-<S de 4 Û'. non chiff., xvi et 200 pp. L'éditeur de ce recueil fut Robinet, qui avait déjà fait paraître à la fin de 1764, avec le millésime 1765, les Lettres secrètes de M. de Voltaire, yubliées par M.L. B., Francfort ci Lcip:;ig, Eslinger, in-8 de 2 fl'. non chilï. et 210 pp. (voy. Correspondance, années 1764 et 17G5).

Il est question, dès le i5 janvier 1760, dans la Correspondance littéraire, etc., de Grimm (éd. M. Tourneux, t. \'l, p. 470), des « Lettres de M. de Voltaire à ses amis du Par-

• nasse..., brochure grand in-8 de deux cents pages ' ». Voltaire ne parait avoir connu qu'assez tard l'existence de ce recueil : «On m'a fait voir enfin, » écrit-il le 5 septembre i-jûG à Damilaville, • mes prétendues lettres imprimées à Amster-

• dam, par le sieur Robinet... » Cf. Voltaire à Damilaville, 8, i6, 24, 26 septembre; i" et 10 octobre; — à Deodati de Tovazzi, g septembre; — au duc de la Vallière, 9 septembre; — à Blin de Sainmore, y septembre; — à M*", 22 septembre; — à Lacombe, 26 septembre; — à d'Argental, 8 octobre, 3 et 20 novembre; — à du Clairon, 4 novembre, etc., etc., etc.

Les Lettres de M. de Voltaire à ses amis du Parnasse, etc., ayant été imprimées sans le consentement de l'auteur, et l'éditeur ayant « altéré et empoisonné » plusieurs lettres adressées par Voltaire à Damilaville, à Deodati de Tovazzi, au duc de la Vallière, à lord Lyttelton, à madame du Deffand, etc., etc.. Voltaire fit paraître chez les Cramer une brochure s. l. n. d., in-8 de 8 pp., intitulée -.Lettres de AL de Voltaire à ses amis du Parnasse; avec des notes historiques et critiques. .4 Genève, 1766 (Bibl. N'"', Z. 2284; Zd. 2545; 21) et contenant :

i'^ V Avertissement de V éditeur des Lettres de AL de Voltaire à ses amis du Parnasse (pp. 1-2); — 2" trois certificats de d'AmilaviUe (sic), de Deodati de Tovazzi et de Wagnièrc (pp. 2

I. Ce recueil commence par trois lettres « formant 16 pages et ayant une « pagination particulière, qui ne sont pas comprises dans la table du volume." (Voy. la note de Beuchot, tome XXV de l'édition Moland, p. 5i>3.) Ces trois lettres sont « supposées écrites par Montesquieu à un anglais nommé le che- « valier de Bruant, n (Voy. l'exemplaire de la collection Beuchot, n» :.'i .) Elles ont été, dit Voltaire, aioutées après coup à l'édition (voy. sa lettre à Du (Clairon, du 4 novembre 1766).

à 5j; — 3» une déclaration de Voltaire, datée du château de Ferney, 26 octobre lybb.

Cette brochure fut réimprimée (avec des additions '), dans le Journal encyclopédique du i5 novembre 1766, pp. 127-136, sous le titre suivant : Appel au public contre un recueil de prétendues lettres de M. de Voltaire,

Beuchot a réimprimé ['Appel au public, etc., conformément au texte inséré dans \& Journal encyclopédique (t. XLII de l'édition Lefèvre, p. 478) ; il ne paraît pas avoir connu l'édition pr inceps de cet écrit.

1726. Du GOUVERNEMENT ET DE LA DIVINITÉ d'AUGUSTE.

Imprimé en 1766, à la suite des notes qui accompagnaient l'édition princeps d'Octave et le jeune Pompée ou le 7'riumvirat, avec des remarques sur les proscriptions, Amsterdam et Paris Lacombe, 1767 (1766), in-8, pp. 147-150 (voy. notre tome I", page 67).

Réimpr. en 1770, dans les Qiiestions sur l'encyclopédie (ii« partie, article Auguste-Octave;, avec une variante indiquée par Beuchot (voy. le tome XXV de l'édition Moland, p. 587); la fin du morceau, à partir de ces mots : a Ce fut dans cet es- « pace de temps que les mœurs changèrent avec le gouverne- • ment », a été supprimée dans cette réimpression.

Les éditeurs de Kehl avaient fait de ces remarques sur le Gouvernement et la divinité d'Auguste, l'article Veletri ou l'Vlitri ' de leur Dictionnaire philosophique (voyez le tome XLIII' de l'édition de Kehl, p, 392) ; ils avaient reproduit le texte de 1766.

1727. Des Conspirations contre les peuples ou des Proscriptions.

Imprimé, comme le morceau précédent, dans le volume inti-

1. Ces additions consistent dans un Avis prcliminairc des auteurs du Journal encyclopédique, (voy. l'cdition iMoiand, t. XXV, p 579), et dans un certificat du duc de La Valliere, daté du i" novembre 1766. — Le certificat de Wagnière, dati, dans l'édition en 8 pp., du \" octobre 1766, porte, dans !a réimpression qui fait .partie du Journal encyclopédique, la date du 1er novembre. Enfin, dans cette dîrnière réimpression, la déclaration de Voltaire n'est pas datée.

2. Cet article est intitulé : « Veletri ou Velitri, petite ville d'Ombrie, à « neuf lieues de Rome; et, par occasion, de la divinité d'Auguste, n

lUBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES 179

tulé : Octave et le jeune Pompée, etc., 1767 (1766), pp. i5ii8o'.

Réimp., en 1771, dans les Questions sur l'encyclopédie (iv partie; article Conspirations contre les peuples ou Proscriptions) et en 1784-1785, dans le tome XXVlil de l'édition de Kehl, pp. 302-382.

Sur les additions et les changements laits en 1771, voyez les notes de Beuchot (t. XVIII de l'édition Moland, p. 244 et t. XXVI, pp. 1,4, 5, 6, II).

Les éditeurs de Kehl ont réimprimé le texte de 1771.

1728. Lettre de M. de Voltaire au docteur J.-J. Pansophe.

Nouscroyons, avec M. Moland (voy. son A vertissemànt, t. XX V« de son édition, pp. i7-i(j), que la Lettre au docteur Pansophe est de Voltaire. Cette Lerfrt' parut, en 1766, sous le titre suivant : A letter from M. Voltaire to M. Jean-Jacques Rousseau. LonJon, J. Payne, in-12 de 2 ff. et 84 pp. (Bibl. N'', Z, 1035 + Ba).

La traduction anglaise est en regard du texte français, qui est très incorrect. Le faux litre porte : A letter from M. Voltaire to Doctor John James Rousseau. Le titre de départ de la version française est le suivant : Lettre de M. de Voltaire au docteur J.-J. Pansoplie.

On trouve, in fine (pp. 63-84), un Appendice intitulé : Extracts from a Book just published, etc.

Il est question, dès le i" mai 1766, dans la Correspondance de Grimm (éd. M. Tourneux, t. VII, p. 33), de la Lettre au docteur Pansophe. « On a imprimé à Londres, en français et « en anglais, une lettre de M. de Voltaire, adressée à Jean- « Jacques Pansophe, autrement dit Rousseau. Dans cette « lettre... M. de Voltaire se défend de l'imputation d'avoir nui « à M. Rousseau, à Genève, imputation certainement aussi « fausse et aussi injuste qu'odieuse '■'... •

1. V^ollaire parle de ce morceau dans sa lettre à d'Argentai du r.' nia

2. La LcUre an docteur Pansophe débute en ettet par cette pliras-e : « Quoi 'i que vous en disiez, docteur Pansophe, je ne suis certainement pas la cause 0 de vos malheurs » Des le ;■! 1 janvier 1765, Rousseau parle dans uue lettre à du Pe.yrou des « persécutions de Voltaire, ce tigre altéré de son sang »

i8o VOLTAIRE

Comme le rappelle justement M. Moland, tous les contemporains ont été' unanimes à attribuer à Voltaire la Lettre au docteur Pansophe (voy. le Mercure de France, décembre 1766, page 134; — les Mémoires secrets du i5 novembre 1766; — V Année littéraire de, 1766, t. VII, pp. 175 et suivantes, etc.). D'autre part, l'éditeur des Mémoires sur Voltaire, etc.. (Beuchot) fait remarquer, dans une note de la page -ibo du tome 1^'' de cet ouvrage « qu'en rapprochant et en examinant « les désaveux de Voltaire, on n'en est que plus porté à croire « que la Lettre au docteur Pansopiie est de lui. »

Voltaire, en effet, désavoua cette Lettre dans une déclaration du 29 décembre 1766, insérée dans le Mercure de janvier 1767, t. II, pp. 8S-89 (voyez plus loin).

Dès le 2 juin 1766, il écrivait à Damilavrlle : «Je ne sais ce « que c'est que la Lettre sur Jean-Jacques, ie. soupçonne qu'il « s'agit d'une lettre que j'écrivis, il y a quelques mois, au « Conseil de Genève, par laquelle je lui signiriais qu'il aurait « dû confondre la calomnie ridicule qui lui imputait d'avoir « comploté avec moi la perte de Rousseau. »

Voltaire avait, en effet, adressé, le i3 novembre 1765, à M. Tronchin-Calendrin, conseiller d'Etat de la république de Genève, une lettre dans laquelle il se défendait d'avoir sollicité le Conseil d'Etat contre Rousseau. Mais il est évident que dans la lettre à Damilaville du 2 juin 1766, Voltaire entend parler de la Lettre au docteur Pansophe et que, s'il fait mention de la lettre â Tronchin-Calendrin, c'est uniquement pour essayer de dérouter le public', qui lui attribuait la lettre sur Jean-Jacques. Et la preuve en est, que le 23 juin 1766, il envoyait à Damilaville cette lettre, qu'il disait « avoir enfin retrouvée »; ce qui ne l'empêchait pas, le 7 juillet, de demander, toujours à Damilaville « la lettre qu'on prc':endait qu'il avait « écrite à Jean-Jacques et qu'assurément il n'avait^point écrite».

Ce n'est qu'après la publication des brochures intitulées : Le docteur Pansophe ou Lettres de Monsieur de Voltaire; et Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau, etc.. (seconde édition), brochures dans lesquelles la Lettre au docteur Pansophe était réimprimée sous le nom de Voltaire, que celui-ci s'avisa de donner cette Lef ire d'abord à Borde (lettre à Lacombe du 17 no-

et il ajoute dans la même lettre : « Quand l'inquisiteur Voltaire m'aura fait (1 brûler, ce ne sera pas plaisant pour moi, je l'avoue; mais avouez que pour « la chose, cela ne saurait l'être plus. »

I. On sait que toutes les lettres que Voltaire écrivait à Paris étaient colportées, lues et commentées dans les cercles et daae les salons.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES i8i

vembre 1766J, puis à l'abbé Coyer (lettre à la marquise du Deftand, du 21 novembre).. Cf. Voltaire à Damilavilie et à Lacombe, 21 novembre; — à l'abbé Moreilet, 26 novembre; — à Borde, 29 novembre et i5 décembre; — à Damilavilie, 8, 17 et 29 décembre; — à Lacombe, i5 décembre; — à Marmontel, 20 décembre, etc., etc..

Dans toutes ces lettres, c'est tantôt sur l'abbé Coyer, tantôt sur Borde que Voltaire rejette la paternité de la Lettre au docteur Pansophe.

L'abbé Coyer a désavoué cet écrit (voy. sa lettre, du 2 janvier 1767, à Guy, libraire de J.-J. Rousseau, dans le t. XXVI de l'édition Moland, p. iS). — Quant à Borde, nous savons par la lettre que lui adressa Voltaire le i5 décembre 176G, qu'il ne voulait point se reconnaître l'auteur de la Lettre au docteur Pansophe. Pour nous, il n'est point douteux que cette Lettre n'ait été écrite par Voltaire; c'était, d'ailleurs, le sentiment du principal intéressé, J. J. Rousseau (voy. ses lettres à du Peyrou, du 10 mai, et à d'Ivernois, du 3i mai i-jhf)).

La Lettre au docteur Pansophe a été réimprimée :

1° Dans Le docteur Pansophe ou Lettres de M. de Voltaire, Londres (Paris), 1766, in-12 de 44 pp. (C. V. Beuchot, 910).

2» Dans la seconde édition de VExposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau, avec les pièces justificatives auxquelles on a joint le iJocteur Pansophe ou Lettres de M. de Voltaire. Londres (Paris), l'jGG, in-12 de i32 pp. (C. V. Beuchot, 1217).

3» Dans le tome JCXV1« de l'édition Moland, p. 19.

Aucune de ces trois réimpressions ne reproduit le texte complet de la Profession de foi qui termine la Lettre au docteur Pansophe. Grimm en avait fait déjà la remarque, le I"' novembre 171)6 [Correspondance littéraire, éd. M. Tourneux, t. VU, p. i63); mais l'attention des éditeurs et des bibliographes modernes n'avait pas encore été attirée sur ce point. Aussi croyons-nous devoir reproduire ce passage, qui est pour ainsi dire inédit, puisqu'il n'a paru que dans une édition publiée hors de France*. Il suffira, croyons-nous, de lire cette Profession de foi, pour se convaincre que la Lettre au docteur Pansophe ne peut avoir été écrite que par Voltaire.

« J'adore un Dieu créateur, intelligent, vengeur et réinuné-

I. \'oyez l'cditioii de Lon.ires, pp. S-i-ûa (liibl. N'', Z. lojli + Ba).

iX2 VOLTAIRE

« rateur, un Dieu universel' et non celui d'une telle nation, « d'une telle province ou d'une telle secte. Je l'aime et le sers « le mieux que je puis, dans l2s hommes, mes semblables et a ses enfants; mais je ne crois pas qu'il préfère certain peuple, « certaine secte. Les princes qui sont faibles, comme vous et « moi, préfèrent les meilleurs flatteurs; Dieu ne veut pas qu'on « le flatte en cérémonie ; son vrai temple c'est le cœur de « l'homme de bien. Il ne s'agit pas tant de s'assembler à cer- '( tains jours, pour lui dire qu'il est bon et miséricordieux, « que d'imiter sa bonté et sa miséricorde. Tout mortel qui « aime les hommes et sa patrie, qui chérit sa femme, qui « élève sagement ses enfants, qui observe la justice, qui con- « sole les malheureux, qui fait du bien aux pauvres, qui n'est « pas fou-, sert Dieu comme il l'exige et accomplit la loi. Je « ne connais d'autres impies que les méchants, les fripons et « les calomniateurs.

<( Je crois fermement que tout homme juste croit en Dieu; « ce Dieu est un bon roi qui veut que ses sujets soient hon- « nêtes gens et rien de plus. Je crois fermement que notre « Père commun sauvera les honnêtes catholiques, les honnêtes « protestants, les honnêtes Indiens, le vicaire savoyard, et le « bon Jean-Jacques, s'il se repent de sa folie et de ses men- « songes.

« J'admets les causes finales dans le système de la Provi- « dence, et je crois humblement que c'est pour un bien que ti j'ignore que les fripons volent, que les mouches piquent et « que Jean-Jacques écrit. Je pense qu'il m'est permis d'exa- « miner modestement ce qu'on appelle la révélation du ciel, et « je plains les gouvernements qui brûlent des livres et des « hommes.

« Je crois en Dieu de tout mon cœur et à la religion chré- « tienne de toutes mes forces. L'homme qui paraît l'être le a plus malheureux de toute la création, vit et meurt dans la I douleur; des prêtres et des docteurs gâtent son enfance, le « nourrissent d'amertume et de visions, dans l'âge viril, assiè- « gent sa vieillesse, le font mourir en lâche et le poursuivent (( jusque dans l'autre monde. On appelle tout cela religion, et

i . Le texte du Docteur PatiMphe, dans la seconde édition de VExposé succinct, etc., et dans l'édition .Molaiid porte simplement :

« J'adore un Dieu créateur, intelligent, vengeur et rémunérateur; je l'aime, (i et le sers le mieux que je puis dans les hommes mes semblables et ses en- « fants. O Dieu! qui vois mon cœur et ma raison, pardonne-moi mes offen- (, ses, comme je pardonne celles de Jean-Jacques Pansophe, et tais que je (, t'honore toujours dans mes semblables. »

■2. Allusion à J.-J. Rousseau.

BIBLIOGRAPHIE DE SES ŒUVRES iS3

« moi je l'appelle démence. Les prêtres ne sont pas faits pour « nous rendre heureux ni dans cette vie ni dans l'autre. J'es- <( père mourir généreusement et avec confiance; il n'y a qu'un <( vil esclave qui ait peur de rejoindre un bon maître; j'estime « trop le mien, pour craindre sa présence. 11 n'y a certainement « point d'expiations extérieures qui puissent justifier un mé- « chant, quand même il serait inondé d'eau bénite, ou couvert « d'excréments de vache, comme les Indiens du Gange, ou « hérissé de clous comme les Bramines ; mais l'homme de bien « verra Dieu et sera heureux, quand même il aurait adoré « tous les fétiches des Nègres ou les divins Marmousets des a Bonzes. »

1729. Lettre de Monsieur de Voltaire a M. Hume. Ferney, (Genève), 24 octobre 1766, in-8 de 14 pp. (C. V. Ben).

Cette Lettre que M. Moland a placée dans les Mélanges (t. XXVI, p. 29), fut écrite par Voltaire, à l'occasion de la querelle qui s'était élevée entre J.-J. Rousseau et David Hume. Il n'est peut-être pas inutile de rappeler qu'au mois de janvier 1766, J.-J. Rousseau, cédant aux instances de Hume, qui était alors chargé des affaires de Grande-Bretaj^ne à la cour de France, avait pris la résolution de se rendre en Angleterre. Après un séjour de quelques semaines à Londres et à Chiswick, il s'était installé à Woolton (comté de Derby), dans une maison appartenant à un riche Anglais nommé Oavenport. Cependant David Hume, désireux d'être utile à son ami, employait tous ses soins à lui obtenir une pension du roi d'Angleterre, lorsque parut, dans une feuille anglaise, une prétendue lettre de Frédéric II à J.-J. Rousseau, lettre composée à Paris, par Horace Walpole, et à la rédaction de laquelle David Hume avait, paraît-il, contribué'. Rousseau, croyant que cette lettre, dans laquelle on le tournait en ridicule, avait été écrite par d'Alembert, ami intime de David Hume, accusa celui-ci de s'être fait l'éditeur de l'écrit satirique public par les journaux anglais 2.

Telle fut l'origine de la brouille survenue entre David Hume

1. Voyez Œuvres complètes de J.-J. Rousseau, éd. Fume, i81i5, t. I, p. 353.

2. Voyez ]di Déclaration adressée par d'Alembert aux éditeurs (de V-xposé succinct, etc.), pp. 125-127 '^'^ '-^ première édition (Bibl. N^', Ln2 7,

et J.-J. Rousseau, et dans laquelle Voltaire se trouva mêlé, à cause de sa Lettre au docteur Pansophe.

La Lettre de Monsieur de Voltaire à Monsieur Hume parut après la publication de V Exposé succinct, etc.. ' (voy. le n» précédent); elle fut réimprinaée daris le Docteur Pansophe ou Lettres de M. de Voltaire, Londres (Paris), 1766, pp. 3 à 18, et dans la seconde édition de VExposé succinct-, pp. io3 et sg... Dans ces deux réimpressions, on a retranché le passage suivant, qui se trouve à la page i3 de l'édition princeps de la Lettre de M. de Voltaire à M. Hume (lignes 2 à 5) : « Quel- « ques ex-jésuites ont fourni à des évêques des libelles dirta- « matoires sous le nom de mandements; les Parlements les ont a fait brûler. »

Cette phrase a été rétablie dans les réimpressions qui font partie des tomes XIX des Nouveaux Mélanges, etc., p. 246; — XXXVII de l'édition encadrée, p. 429 ; — XXVIII de l'édition in-4, p. 571 et LIX de l'édition de Kehl, p. 493.

1730. Notes sur la lettre de Monsieur de Voltaire A Monsieur Hume, par M. L... S. /. n. d. {Genève, ou plutôt Paris. 1766), in-12 de 32 pp. (C. V. Beuchot, J07 et )Ou.j

Le 17 novembre 1766, Voltaire écrivait à Lacombe : • Si « vous voulez donner au public une lettre à M. Hume avec des « remarques historiques et critiques asse^ curieuses, je vous les « ferai tenir... •

Il s'agit évidemment, dans ce passage, des Notes sur la lettre à M. Hume. Cependant V^oltaire a publié ces Notes sous l'initiale L., et on lit dans une Déclaration de l'éditeur^ (p. 3i de l'édition princeps) : « Ces Remarques sont d'un magistrat •. Le 26 décembre 1 766, Voltaire, dans une lettre à Damilaville, parle de la « triste et dure brochure des Notes sur sa Lettre à

1. Grimm nous apprend que c'est Suard qui fut le traducteur et l'éditeur de M. Hume, c'est-à-dire de YExposé succinct ; d'autre part. -M"" du Deffand, dans sj lettre à Horace Walpole, du 20 octobre 1766, dit que tout le monde reconnaissait d'Alembert dans la préface de ce petit volume (voy. la Correspondance littéraire as Grimm, éd. NL Tourneux, t. \TI, p. 141).

2. La première édition de VExposé succinct parut au commencement d'octobre 1766, (voy. Grimm, Correspondance littéraire, etc., éd. M. Tourneux, t. VII, p. 141 ; octobre i-jfiCf, — cf. les Mémoires secrets du 26 octobre

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