Voyez notre tcnie L", p
« ma fonction sera plus belle que la vôtre; la Henriade peut « plaire à quelques curieux ; mais VAnti-Madiiavel doit être « le catéchisme des rois et de leurs ministres ». (Voltaire à Frédéric, 28 décembre lySg).
En même temps, Voltaire proposait au Prince royal « d'cla- « guer quelques branches de ce bel arbre. Le zcle contre le « précepteur des usurpateurs et des tyrans a dévoré votre âme «généreuse; il vous a emporté quelquefois... j'attendrai les « ordres précis de mon maître, et je conserverai le manuscrit, « jusqu'à ce qu'il permette que j'y touche et que j'en dispose. »
Cependant les derniers chapitres de V Anti-Machiavel parvenaient, à Cirey, en janvier et février 1740 (voyez Frédéric à Voltaire, 6, 10 janvier et 3 février; Voltaire à Frédéric, 26 janvier et 23 février); \'oltaire, après en avoir pris connaissance, attirait de nouveau l'attention du Prince royal sur la longueur de quelques passages, et lui présentait, (le 23 février), un petit projet de Préface <:\Wû venait d'esquisser. Mais Frédéric n'eut pas le loisir de corriger lui-même son ouvrage, et il l'abandonna à Voltaire, « persuadé qu'il s'embellirait entre ses mains ; a il faut, lui dit-il, votre creuset pour séparer l'or de l'alliage. » (à Voltaire, 2G avril). Voltaire prit les libertés que le Prince royal lui avait données, égala à peu près les longueurs des chapitres à ceux de Machiavel et jeta a quelques poignées de « mortier dans un ou deux endroits d'un édifice de marbre ». (à Frédéric, fjuin) 1740; lettre 1284 de l'édition Moland ').
Déjà, des le i'"" juin, il était entré en pourparlers avec un libraire de La Haye, nommé Van Duren, pour l'impression de l'ouvrage. Le texte de Machiavel devait figurer, soit en italien, soit en français, à côté de la réfutation, le tout en beaux caractères et avec grande marge. Les dix-huit premiers chapitres du manuscrit furent envoyés à Van Duren dans la première quinzaine de juin (Voltaire à Van Duren, i3 et i5juin); le k) juin. Voltaire faisait parvenirà l'imprimeur les chapitres XIX, XX et XXI; le 23, les chapitres XXU et XXIII; enfin le 27 juin, les chapitres XXIV, XXV et XXVI. Mais, sur ces entrefaites, Frédéric était devenu roi de Prusse, (le 3i mai i 740), et sa nouvelle position avait singulièrement refroidi l'ardeur qu'il avait témoignée jusque-là de voir paraître V Anti-Machiavel. Le 27 juin, il écrivait à Voltaire d'acheter toute l'édition; en même temps M. de Camas, ' qu'il venait de
1. Dans cette même lettre, Voltaire demande à FrcJâric la permissioa de retrancher « ce qui se trouve, au sujet des disputes de religion, dans le chapitre XXI. 1)
2. Sur Paul-Henri Tilio ouTiliole de CamaSj né à Wesel. en 16SS, mort à
charger d'une mission officielle en France, recevnit l'ordre de s'iirrcter à Bruxelles, où se trouvaient Voltaire et madame du Châtelet, et de faire suspendre l'impression de l'ouvrage 1. Voltaire répondit au roi que le livre était déjà à moitié imprimé; qu'il avait d'ailleurs pris la liberté d'adoucir les quelques endroitsqui auraient pu déplaire à certaines puissances, etqu'en tin de compte, il serait difficile «d'arrêter l'empressement avide « d'un libraire » à qui une aussi bonne aubaine était échue (lettre iSoy de l'édition Moland. Cf. la marquise du Châtelet à Frédéric, 14 juillet 1740. Lettres de la marquise du Châtelet, éd. Asse, Paris, Charpentier, 1878, p. 386). Néanmoins Voltaire écrivit le 10 juillet à Van Duren, pour lui demander où il en était de l'impression, et quelques jours après, il se mit lui-même en route pour La Haye, décidé à se conformer aux ordres du roi et à retirer le manuscrit des mains de l'imprimeur. Mais Van Duren n'entendait pas s'en dessaisir. « Quand « je vis, écrit Voltaire au roi, le 20 juillet 1740, « que j'avais '< affaire à un Hollandais qui abusait de la liberté de son pays. <. et à un libraire qui poussait à l'excès son droit de persécuter t> les auteurs, ne pouvant ici confier mon secret à personne, ni ^( implorer le secours de l'autorité, je me souvins que votre '< Majesté dit, dans un des chapitres de VAnti-Machiavel, qu'il « est permis d'employer quelque honnête finesse en fait de " négociations. Je dis donc à Jean Van Duren que je ne venais (1 que pour corriger quelques pages du manuscrit : « Très •( volontiers, monsieur, me dit-il; si vous voulez venir chez .< moi, je vous le confierai généreusement feuille à feuille, <. vous corrigerez ce qu'il vous plaira, enfermé dans ma chama bre en présence de ma famille et de mes garçons. »
« J'acceptai son offre cordiale, j'allai chez lui, et je corrigeai (I en etfet quelques feuilles qu'il reprenait à mesure, et qu'il « lisait pour voir si je ne le trompais point. Lui ayant inspiré « par là un peu moins de défiance, j'ai retourné aujourd'hui « dans la même prison où il m'a enfermé de même, et ayant « obtenu six chapitres à la fois pour les confronter, je les ai « raturés de façon et j'ai écrit dans les interlignes de si hor- « ribles galimatias et des coq-à-l'âne si ridicules, que cela ne CI ressemble plus à un ouvrage. Cela s'appelle faire sauter son « vaisseau en l'air, pour n'être point pris par l'ennemi. J'étais « au désespoir de sacrifier un si bel ouvrage; mais enfin
Brcsiau, le 14 avril 1741, voyez la notice de M. Preuss (Œuvres Je Frc.icric le Grand, t. XVI, pp. xvni-xix).
1. Voyez les Etudes diplomatiques de M. le duc de Broglic, dans la Revue des Deux Mondes du i5 noveiiibie 1S81, p. aSy : La première lutte de Frédéric II et Marie-Tliéri'se, d'après des documents nouveaux.
« j'obéissais au roi que j'idolâtre, et je vous re'ponds que j'y « allais de bon cœur. Qui est étonné à présent et confondu? « c'est mon vilain. J'espère demain faire avec lui un marché « honnête, et le forcer à me rendre le tout manuscrit et impri- « mé; et je continuerai à rendre compte à Votre Majesté. »
Frédéric n'insista pas : il remit V Anti-Machiavel à la disposition de Voltaire, se reposant entièrement « sur son cher éditeur » qu'il autorisait à « rayer, changer, corriger et remplacer » tous les endroits qu'il lui plairait (à Voltaire, 5 et 8 août 1740). Cependant Van Duren faisait paraître en même temps deux éditions de V Anti-Machiavel dont il avait, dit-on, fait revoir le manuscrit par Bruzen de la Martinière (voyez le tome XXXV de l'édition Moland, p. 485); l'une de ces éditions était intitulée :
Examen du prince de Machtavel avec des notes historiques ET politiques. La Haye, Jean Van Duren, 1741 (1740). Avec privilège. In-8 de xxxii et 364 pp. (Bibl. N'«* E, 3264). — Le faux titre porte: L' A nti- Machiavel ou Examen du prince de Machiavel. Sur le frontispice une vignette de Coster, gravée par Besoct (Minerve, Mercure, avec cette devise: Utroque favente).
L'autre édition avait pour titre:
Examen du prince de Machiavel, avec des notes historiques ET politiques. A Londres, chez Guillau.me Meyer, libraire DANS le Strand. 1740 (1741), in-8 de xx pp., 2 ff. non chifl". et 340 pp. (Bibl. N'' * E 3205). C'est la même édition que celle qui porte le nom de La Haye et l'adresse de Van Duren; la même composition a servi pour les deux impressions; toutefois, dans l'édition à& Londres, on ne trouve pas:
i" UEpiire dédicatoire d'Amelot de la Houssaye au grand duc de Toscane (pp. XXI- XXVI de l'édition de La Haye).
1" La Lettre de Nicolas Machiavel, citoyen et secrétaire de Florence au très illustre Laurent de Mcdicis, duc d'Urùin, seigneur de Pesaro, etc. (pp. XXVIII-XXIX de l'édition de La Haye).
3° Les extraits et le catalogue qui se trouvent aux pages 343 à 364 de cette même édition de La Haye.
En outre, il y a su réimpression, pour les pages 337 à 340 de l'édition de Londres.
Ces deux éditions étaient connues de Frédéric, le 7 octobre : il n'en fut pas satisfait; il résolut de changer ce qui ne lui plaisait point et de faire de V Anti-Machiavel une nouvelle édition, sous ses yeux, à Berlin : « J'ai, pour cet effet,» écrit-il à Vol-
taire le 7 octobre 1740, « donné un article pour les gazettes, « par lequel l'auteur de l'Essai désavoue les deux réimpres- « sions '. Je vous demande pardon ; mais je n'ai pu faire au- " trement, car il y a tant d'étranger dans votra édition que ce « n'est plus mon ouvrage. J'ai trouvé les chapitres XV et XVI « tout différents de ce que je voulais qu'ils fussent: casera « l'occupation de cet hiver que de fondre cet ouvrage. »
Voltaire prit les devants, et dès le 12 octobre, il envoyait à Frédéric les premières feuilles d'une nouvelle édition, qui adoucissait certains traits de l'ouvrage, et dont les exemplaires devaient être distribués « dans toute l'Europe, pour faire tomber « l'édition de Van Duren, qui d'ailleurs est très fautive » (à Frédéric 12 octobre). Le 17 octobre, cette nouvelle édition avait paru; elle est intitulée:
Anti-Machiavel ou Essai critique sur le prince de Machiavel
PUBLIÉ PAR M. DE VoLTAIRE. A La HaYE (CHEZ PaUPIE), AUX DÉ-
pEiNS DE l'Éditeur, 1740 in-8 de xvi, igi pp. et 3 pp. non chilF. pour un Avis de l'éditeur et la Table des chapitres (Bibl. N''' * E. 3256 "). On trouve, aux pp. m à v la Préface de Véditenr avec un n. b. daté du 12 octobre 1740 (voyez le tome XXllI de l'édition Moland, pp. 147-149 et la note 3 de la pa,L;e 14g ^j. \J Avis de Véditew, qui est au verso de la page igi, dans l'édition de 1740, est réimprimé à la page i 5o du tome XXIII de l'édition Moland, comme Post-Scriptum.
On rencontre souvent l'édition publiée par Voltaire, chez Paupie, avec des frontispices portant soit le nom de Pierre Paupie (Bibl. N'«* E. 3257), soit celui de R. François Foppeni, à Bruxelles (Bibl. Ni" * E. 3258). Cette même édition a éié
1. Ce désaveu n'a point paru dans les journaux (voyez le tom; VIII des Œuvres de Frédéric le Grand, Od. Prcuss, p. xiv). Il y a dans V Avertissement de l'éditeur (M. Preuss), p. xiv du tome VIII des Œuvres de Frédéric le Grand, une inexactitude qu'il importe de relever. La lettre de Frédéric, dans laquelle il dit à Voltaire qu'il désavouera dans les gazettes les deux impressions, et qu'il donnera lui-même une nouvelle édition de YAnli-Machiavel, est du 7 octobre, et par conséquent antérieure à la publication de l'édition donnée par Voltaire, chez Paupie. Voitaire ne reçut la lettre de Frédéric du 7 octobre, que le 28 novembre suivant (voyez lu tome XXX V^ de l'édition IMcland, p. 5 ig).
2. L'exemplaire de la Bibliothèque Nationale, coté* E. 3256, a été apporté à la Bibliothèque, de la part de Voltaire, par M. Dutbrt, le 18 novembre 17^10 (note mss. sur le feuillet de garde).
3. Beuchot dit que dans l'édition de Van Duren, la Préface de l'éditeur est datée de La Haye. « 24 )uiu 1740.' » — La première édition donnée par Van Duren ne contient pas cette Pré/ace; on ne la trouve que dans l'édition publiée par ce libraire en 174.1, 2 vol. in-8, et dont il sera question plus loin.
i-jiniprimcc en 1741 à Coyenhague chez Jacques Prctiss (in-H de XV, I p. non chiff., 214 pp. et i p. de Table non chifl'. Titre rouge et noir. C. V. Beuchot, 99) *.
Voltaire fit demander au roi s'il était satisfait de son édition et s'il ne désirait pas y corriger encore quelque chose (voyez sa lettre à M. de Camas, du 18 octobre); mais Frédéric lui répondit, le 26 octobre, qu'étant surchargé d'atTaires, il ne pouvait plus travailler à Y Anti- Machiavel.
En 1741, Van Duren, qui avait été publiquement accusé par Voltaire d'avoir imprimé l'ouvrage du roi de Prusse sur un texte • très différent du manuscrit original » et avec a des omis- « sions considérables, des interpolations, des fautes en très « grand nombre, etc.. », donna une nouvelle édition de VExamen du Prince de Machiavel, etc.. C'est la Troisième édition oirichie de plusieurs pièces nouvelles et originales, la plupart fournies par M. F. de Voltaire, La Haye, Van Duren. Avec privilège de S. M. Impériale, 1 vol. in-8 de 2 fl". de titre, lx et 248 pp. (t. I"); —-i ff- de titre et ^22 pp. (t. II; Bibl. IS'«*E. 3261).
Cette édition reproduit le texte de celles de ha Haye et de Londres ; le texte de X'oltaire est en variantes, au bas des pages. On trouve aux pages 204 et suivantes du tome Ib plusieurs lettres de Voltaire à Van Duren, et un Mémoire des changements, omissions, interpolations que M. F. de Voltaire a fait {sic) aux quatre premières feuUles imprimées de l'édition originale. Ce Mémoire est daté de Bruxelles, le 20 août 1740: il n'a pas été recueilli dans les Œuvres de Voltaire.
Citons encore de V Anti-Machiavel les éditions suivantes:
A). An'Ti-Machiavel ou Essai de critique sur le prinxe de Machiavel publié par M. de Voltaire. Nouvelle édition où l'on a ajouté les variantes de celle de Londres. A.msterj>A.M, Jacques La Caze, 1741, in-8 de xxxii, 82, 112, 67 et 3 pp. de Table non chiff. (Bibl. N'» * E. 3269).
Le libraire,'dans un Avertissement des pages iii-iv, annonce qu'il a suivi le texte de l'édition donnée par Voltaire. « Peut- « être» dit Barbier, « cette édition (de 174 1) n'est-eliequelaréim- « pression de celle qui porte: A Marseille, chez les frères « Colomb, 1741, qui est aussi divisée en trois parties, dont l'en-
1. Il parait que Prault aussi impiinia IWiiti-Machiaiel eu 1740, mais sanô y mettre son nom (voyez Voltaire à Moussinot, 7 octobre 1740; — à Helvé- US) 7 janvier 1741).
niniJOGRAPHir; de ses œuvres 373
« semble produit 261 pages, et qui est qualifiée de 5" par le « libraire». {Dict. des ouvrages anonymes, éd. Dafris, I, 216 ').
B). Anti-Machiavel ou Examen, etc. Publié par M. de Voltaire. Enrichi de pièces nouvelles et originales, la plupart fournies par lui-meme. pour servir de supplément a ses œuvres. Nouvelle édition où l'on a mis au bas des pages par
DES renvois en FORME DE NOTES, LES DIVERSES LEÇONS DE TOUTES LES ÉDITIONS PRÉCÉDENTES. ToME P' (SIO). AMSTERDAM. AuX DE
pens de LA Ci% 1750 (174g?), in-i2 de i t., lxix et 480 pp. (C. V. Beuchot, loi).
Sur cette édition, voyez la note de Barbier, Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daffis, I, 21(1; cf. V'oltaire à Frédéric, 28 juillet 1749. Beuchot, dans une note mss., dit qu'il a vu de cette édition un exemplaire avec le millésime 1747; Barbier {Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daffis, II, 358), en signale un exemplaire, avec le millésime i 740, et le nom de La Haye^.
C). Examen du prince de Machiavel avec des notes historiques ET politiques. Genève, Gosse et compagnie, 1739, in-8 de XX, 2 ft". non chiff. et 335 pp. Sur le frontispice, une contrefaçon du fleuron de 1741, signée Cliovin. (C. V. Ben).
Le texte est celui des éditeurs de La Haye et de Londres, de 1741. Ce même texte a été réimprimé :
1" En I78(), dans l'édition des Œuvres de Frédéric, publiées du vivant de l'auteur, Berlin, t. II. (Voyez les Œuvres de Frédéric le Grand, éd. Preuss, t. VIII, p. xiv).
2» En 1834, dans l'édition publiée sous ce titre :
Examen du Prince de Machiavel, corrigé pour la plus grande partie d'après le manuscrit original de Frédéric II, avec une introduction et des notes historiques, Hambourg, Frédkric Perthes, in-8 de xlvi et 243 pp. Fac-similé (Bibl. N'« * E. 3263).
M. G. Friedlander, qui a publié cette édition, a suivi le texte qui se trouve dans le 11" volume des Œuvres de Frédéric II, publiées du vivant de l'auteur; mais possesseur d'une partie du manuscrit original, donné à son grand-père par le
1. M. (}. Friedlander, dans Y Introduction placée au devant de l'édition de 1S34 (voj'ez plus loin) décrit ainsi cette édition de Marseille: in-8 de xxii, 82 112 et 60 pp.
2. Kàyicv (Index lociipletissimus, etc., I (1834), p. 81), cite deVAnti-Machiavel une édition de 17C7 {Studffctrd, Met^ler, in-8), et une édition de 1780 (Strasbourg, Treuttel et Wurt'^, in-8). — Sur cette édition de 1789, voyez tarbier, Dict. des ouvrages anonymes, éd, Daflis, I, 217.
libraire Voss, qui le tenait de M. de Moulines, chargé d'éditer les Œuvres de Frédéric en 1789, il a reievé, dans son édition, toutes les variantes que présente ce manuscrit.
3» Enfin, en 1848, dans le tome VIII des Œuvres de Frédéric le Grand, publiées par M. Preuss. Cet éditeur nous apprend (pp. XV et XVI de son Avertissement, t. VIII), qu'il a reproduit le texte de Van Duren, en corrigeant quelques fautes légères, d'après l'édition publiée par Voltaire chez Paupie, et d'après la troisième édition de Van Duren. M. Preuss a donné en outre, pour la première fois, la Réfutation du Prince de Machiavel (c'est le titre primitif de ÏAnti-Machiavel), (( d'après le manuscrit exact et complet du Roi, sans y rien .( changer, ni modifier, sauf les corrections grammaticales .< indispensables; malheureusement tout le chapitre second ( manque. Vingt-trois chapitres de cette Réfutation, de la ■'. main de l'Auteur, se trouvent aux Archives royales du ca- « binet (caisse i365, J)... V Avant-propos et les chapitres m, u XI, xii, XIII, XIV, XV, xvu-xxvi, ainsi que la rédaction améic liorée du m" et du xxvr chapitres... sont la propriété de fC M. Benoni Friedlander... Il est naturel que tous ces divers < manuscrits se trouvent à Berlin, puisque Frédéric n'en avait « envoyé à Voltaire que les copies, faites en partie par son ■( ami Keyserlingk, en partie par un de ses secrétaires nommé u Gaillard '. )>
Dans l'édition de M. Preuss, V Anti-Machiavel est aux pp. 09 à 162, et la Réfutation du Prince de Machiavel aux pp. iô3 à 299 du tome VIII des Œuvres de Frédéric le Grand.
La Préface de Voltaire est au tome XL VII de l'édition de Kehl, p. 473. Elle y est intitulée : Sur V Anti-Machiavel ; elle n'a pas le N. B., daté du 12 octobre 1740, dont nous avons parlé page 371 .
UAvis de l'éditeur, imprimé, dans l'édition de 1740, au verso de la page 191, est donné par les éditeurs de Kehl, comme Post-scriptum (pp. 476-477).
Enfin, les quatre alinéas qui, dans l'édition de Kehl, suivent ce Post-scriptum Cpp. 477-479) paraissaient alors pour la première fois (voyez la note de Beuchot, tome XXIIl de l'édition Moland, p. i5o).
1893. Recueil des facéties Parisiennes pour les six
I. Dans sa lettre à Voltaire, du 10 janvier 1740, Frédéric ne parle que de Gaillard, dont la main, dit-il, ressemble beaucoup à celle de Césarion (Kayserlingk).
PREMIERS MOIS DE l'an 1760. S. L. (Genève) in-o de
Nous avons dit, sous le n" 1649 du présent volume, que le Recueil des facéties parisiennes a été formé par Voltaire et que ses éditeurs auraient dû admettre dans ses Œuvres, tous les Avertissements et la plupart des Notes dont il a enrichi cet ouvrage.
Barbier {Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daffis, IV, ici), attribue la publication du Recueil des facéties parisiennes à l'abbé Morellet; cf. la note de Beuchot (t. XXIV de l'édition Moland, p. 127). Mais comment l'abbé Morellet aurait-il pu être l'éditeur de ce Recueil, puisqu'il entrait à la Bastille le 10 juin 17(30 (voyez Delort, Histoire de la détention des pliilosoplies et des gens de lettres, etc., Paris, Didot, 1829, t. II, pp. 328-33o) et que ce même jour. Voltaire écrivait à d'Alembert : « On fera sans doute un recueil des pièces du procLs » (entre Le Franc de Pompignan, Palissot et les philosophes); (( serait-il mal à propos de mettre à la tête une belle préface, K dans laquelle on verrait un parallèle des mœurs, de la « science, des travaux, de la vie des frères, de leurs belles et « bonnes actions, et des infamies de leurs adversaires? » Ci. Voltaire à Thieriot, 7 juillet : « Ramponeau n'est point si plai- (( sant que le Pauvre Diable; mais Ramponeau peut tenir son
« coin dans le Recueil » L'abbé Morellet qui avait été
arrêté pour avoir composé la Vision de Charles Palissot (voyez plus loin), sortit de la Bastille, le 3o juillet 1760 ; il avait pris l'engagement « de ne jamais écrire sur aucune matière qui « pût déplaire au gouvernement et d'employer son temps, à « l'avenir, à des ouvrages utiles. » (Delort, ibid.. pp. 343 et 344). Or la Vision de Charles Palissot a été réimprimée dans le Recueil des facéties parisiennes, qui parut au plus tard au commencement d'octobre 1760'; peut-on croire qu'à peine rendu à la liberté, l'abbé Morellet ait de nouveau bravé le lieutenant de police, en reproduisant lui-même, dans ce /\ecucil, la pièce qui avait amené son incarcération? Pour nous,
I. Grimm en rend compte le i3 octobre (voyez sa Correspondance littéraire, etc., éd. M.Tourneux, t. IV, p. 3o3. « Recueil des facéties parisien- « nés, etc.. C'est sous ce titre que M. de Voltaire a fait ramasser tous les Il petits écrits occasionnés par le discours de M. Le Franc de Pompif;nan et u par la comédie des Philosopha, et dont la plupart le reconnaissent pour . leur père. M. de Voltaire les a enrichis de préfaces et de notes très plai- « santés. 11 y en a plusieurs de très violentes contre Palissot. U ne fallait ni « faire l'oifice d'ami dans les lettres, ni prendre celui de bourreau dans les Il notes; il fallait se respecter et se taire. »
comme pour Grimm, comme pour Quérard (voyez la France littéraire, t. VI, p. 3o8), le Recueil des facéties parisiennes a été publié par Voltaire; et c'est pour cela que nous devons en parler avec quelques détails.
Le Recueil s'ouvre (pp. in-iv) par une Pré/ace, dont il a été déjà question sous le n» 1649. Nous avons dit que cette Préface a été allongée par les éditeurs de Kehl, de quatre alinéas, dont trois empruntés à VAvertissement mis par Voltaire au devant du Factum du sr. Saint-Foi (sic) et le quatrième alinéa, des éditeurs de Kehl eux-mêmes. (Voyez la page 85 du présent volume.)
La Préface du Recueil des Facéties parisiennes est au tome XXIV de l'édition Moland, p. 127.
Viennent ensuite :
I) PP. 5 à 25 : Mémoire pour le sieur Gaudon, entrepreneur de spectacles sur les boulevards de Paris, contre le sieur Raniponcau ci-devant cabareticr à la Courtille. Ce Mémoire est signé M" Elie de Beaumont, avocat, — Dargilières, procureur- Sur Ramponeau et Gaudon, voyez la note de M. Tour-
neux (t. IV de la Correspondance littéraire de Grimm, etc.-, p. 239).
II) PP. 2602. Plaidoyer de Ramponeau prononcé par luimême devant ses juges.
Voyez notre n" 1G45.
III) PP. 33-37. Les Quand précédés d'un Avertissement.
Voyez notre n" 1G44. L'Avertissement (de Voltaire) a été imprimé, avec quelques légères différences, par les éditeurs de Kehl, t. XLVI, pp. I i3-i 14, et conformément au texte de 17G0. par Beuchot (voyez le tome X' de l'édition Moland, p. i 14. Cf. les pp. 82-83 du présent volume).
IV) PP. 38-45. Les 5/.— Les Pourquoi.
Les Si et les Pourquoi sont de l'abbé Morellet. L'édition princeps intitulée : Les Si, les Pourquoi, a paru en 1760 {Lyo)i, J.-M. Bruiset, in-12; voyez Barbier, Dict. des ouvrages anonymes, éd. Dafhs, IV, 486). Les Si et les Pourquoi ont été réimprimés avec les Qiiand (de Voltaire; voyez notre n» 16^4); les Si font partie du tome 111 des Nouveaux Mélanges {i-ji]b), p. 202, et du tome XLVI de l'édition de Kehl, p. 117.
V) PP. 46-52. U Assemblée des monosyllabes. Les Pour. —
Les Que. — Les Qui. — Les Quoi. — Les Oui et les Non (do Voltaire).
Voyez notre tome I", pp. 3oi-3o2.
On lit au bas des Pour (p. 46 du Recueil des Facéties, etc.): Dédié par le sieur A...;— au bas des Que (p. 48): Prononcé par le sieur F...; — au bas des Qui (p. 49) : Offert par Ramponeau; — au bas des Qjioi (p. 5o) : Présenté par Arnoud ; — au bas des Oui (p. 5i) : Essayé par Mathieu Ballot* ; — au bas des Non (p. 52) : Répondu par Jacques Agard.
VI) PP. 53-56. La Vanité (de Voltaire).
\'oyez notre tome I"'', pp. io5-i()G. — La note 2 de la p. 1 14 du tome X« de l'édition Moland est de 17(10.
Vil) PP. 57-72. Le Russe à Paris (de Voltaire).
Voyez notre tome I", pp. 196-197.
VIII) PP. 75-92. Le Pauvre Diable (de Voltaire). Voyez notre tome l", pp. igS et suivantes.
IX) PP. 93-110, La Prière universelle, traduite de l'anglais, de M'^ Pope, par l'auteur du Discours prononcé le i o mars à VAcadémie française, avec cette épigraphe ;
Adeo indulgent sibi latins ipsi.
[Juvcn. Sa t. xiv )
Edition conforme à celle qui a paru en i'/40, sous le nom de Londres, che^ Paul Vaillant, in-42.
Avec un Avertissement et des Notes, par l'abbé Morellet.
Sur la Prière universelle, etc.. (qui a été réimprimée par les éditeurs de Kehl, dans le tome XLVI de leur édition, pp. 147 et .917...) voyez la Correspondance l^téraire, etc., de Grimm, éd. M. Tourneux, t. IV, pp. 268-269; — les Mémoires inédits de l'abbé Morellet, deuxième édition (Paris, Ladvocat, 1822), t. I, pp. 88-S9 ; — l'Histoire de la détention des philosophes et des gens de lettres à la Bastille, etc., par Delort, (Paris, Didot, 182g), t. H, pp, 320 et suiv.; — Barbier, Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daffis, III, 1017.
I. Sur Mathieu Ballot, voyez la note de M. Dcsiioiresterrcs (Voltaire aux Délices, p. 42g).
3. L'édition princeps de cet opuscule, s. /. (Lyon, Brtiyset ou Gencve\ 1760, forme une brochure de 16 pp. in-8 (C. V. Ben).
X) PP. III-I22. Lettre du sieur Palissot, auteur de la Comédie des Philosophes au public, pour servir de préface à la pièce.
L'édition princeps est intitulée : Lettre de l'auteur de la comédie « Les Philosophes » pour servir de préface à la pièce, S. L, 1760, in-i2 de 23 pp. (C. V. Beuchot, 911). L'épigraphe imprimée à la page ii3 du Recueil des Facéties parisiennes « Castigas non turpia turpis », ne se trouve pas dans l'édition en 23 pp. Les notes de Voltaire, au nombre de 24, n'ont pas encore été recueillies dans ses Œuvres. — Sur la Lettre du sieur Palissot, etc., voyez la Correspondance littéraire de Grimm, éd. M. Tourneux, t. IV, p. 253; i" juillet 17G0.
XI) PP. i23-i3o. Les Quand adressés au sieur Palissot.
Les Qiiand adressés au sieur Palissot sont de la Condaminc (voyez les Alémoires inédits de Vabbé Morellet, etc., 1" édition, t. I, p. go-gi). L'édition princeps des Qitand, etc.. est intitulée : Les Quand adressés à M. Palissot '.et, publiés par luimême, 1760. S. L, in-i2 de 23 pp. (C. V. Beuchot, 911). IJAvis imprimé au verso du titre, n'a pas été reproduit, dans le Recueil des Facéties parisiennes. Les deux notes de Voltaire qui font partie de ce Recueil n'ont pas été reproduites dans ses Œuvres.
XII; PP. i3x-i38. La Vision de Charles Palissot (psiV l'abbé Morellet).
La Vision de Charles Palissot a été d'abord imprimée sous le titre suivant :
Préface de la Comédie des pJiilosophes. — On la vend séparément. — Paris, che:^ Vauteur de la Comédie {Lyon, Bruyset ou Genève), 1760, in-12 de 20 pp. (C. V. Beuchot, 91 1).
Les deux alinéas suivants, qui se lisent aux pp. ir et 12 de cette éàhion princeps, n'ont pas été réimprimés dans le Recueil des facéties parisiennes :
a Et on verra une grande dame bien malade (la princesse « de Robecq ) désirer, pour toute consolation , avant de « mourir, d'assister à la première représentation et dire: C'est •< maintenant, seigneur, que vous laisse:^ aller votre servante en « paix, car mes yeux ont vu la vengeance.
« Et cette grande dame fera un legs pieux par son testament, « pour "acheter à perpétuité tous les billets de parterre aux i représentations de la comédie, et ils seront distribués, pour (( l'amour de Dieu, à des gens qui s'engageront à applaudir, et « pour être encore plus sûr de leurs suffrages, tu feras dire
« finement par un de tes acteurs que l'ancien goût tient encore « au parterre. »
L'insulte faite à la princesse de Robecq, qui était ou qui avait été la maîtresse du duc de Clioiseul, valut à l'abbé Morellet deux mois de détention à la Bastille (voyez plus haut page SjS).
La Préface de la comédie des philosophes (Vision de Charles Palissot) ayant été attribuée à Diderot, celui-ci écrivit à M. de Malesherbes, le 1" juin 1760, pour l'informer qu'il n'avait aucune part, ni directe, ni indirecte à cet ouvrage (voyez les Œuvres complètes de Diderot, éd. Assézat-Tourneux, t. XIX, p. 455).
Sur la Préface de la comédie des philosophes ou Visio)i de Charles Palissot, voyez la Correspondance de Voltaire, année i7Go,etplus spécialement Voltaireà d'Alembert, 10 et 2 3 juin; g et 24 juillet; — à madame d'Epinai i3 juin ; — d'Alembert à Voltaire, 16 juin et 2 septembre 1760, etc. ; — la Correspondance littéraire de Grimm, éd. M. Tourneux, t. IV, pp. 25-|, 3o6-3o7 ; — les Mémoires inédits de l'abbé Morellet, etc., 2" édition, Paris, 1S22, t. 1, pp. qi et sq...; — Delort, Histoire de la détention des philosophes et de gens de lettres, etc.. Paris, 1829, t. II, pp. 3ig et sq; — E. Meaume, Palissot et les philosophes, Nancy, 1864, in-8, pp. 47 et sq.,., etc., etc., etc.
XIII) PP. log-i^.^.. Les Qu'est-ce? à l'auteur de la comédie des philosophes.
L'édition princeps, s. l. i 7')0, in-r2 de 32 pp. (C. V. Beuchot, gi i) porte cette épigraphe sur le frontispice:
En vérité, Monsieur, les sages sont à plaindre; Et vous êtes, pour eux, un adversaire à craindre. [Com. des Pliil., acte 11, se. v.)
Voltaire a considérablement abrégé les Qii'est-ce. Les cinq derniers alinéas de la réimpression du Recueil des Facéties parisiennes (pp. 143-1441 sont tout entiers de lui : ils n'ont pas été recueillis dans ses Œuvres.
XIV) PP. 145-180. Faction du Sr. Saint-Foi.
Avec un Avertissement {àtyollzà^Q) qui a été reproduit par les éditeurs de Kehl dans le tome XLVI« de leur édition, pp. 4 et 5 (Préface du Recueil des Facéties parisiennes). Beuchot n'a pas réimprimé cet Avertissement, parce qu'il le croyait de l'abbé Morellet (voyez sa note, t. XXIV de l'édition Moland, p. 127)
L'édition princeps du Factum est intitulée : Requête présentée à Monsieur le Lieutenant criminel, par l'auteur des Essais his-
3«o VOl.T \ IRE
toriques sur Paris, s. l. n. d. (Paris, de r impr.de Ballard, 17'Jo), in-4 de 21 pp. (Bibl. N'« Ln", 18,249).
XV) PP. 181-204. Relation de la maladie, de la confession, de la mort et de Vapparition du jésuite Bertier, avec la relation du voyage du frère Garassise, et ce qui s'ensuit, en attendant ce qui s'ensuivra.
Voyez notre n" 1041.
XVI) PP. 205-222. Le Pour et le Contre.
C'est la réimpression faite par Voltaire, et précédée d'un Avertissement de sa façon, du nombre CVIl du Pour et Contre, ouvrage périodique d'un goût nouveau (par l'abbé Prévost), tome VIII (1736), pp. 25-44.
U Avertissement de Voltaire n'a pas été recueilli dans ses Œuvres.
XVII) PP. 223-228. Réflexions pour les sots. Voyez notre n» 1647.
XVIII) PP. 229-232. A messieurs les Parisie.is, Voyez notre n» 1646.
XIX) PP. 233-234. Extrait des nouvelles à la main de la ville de Montauban en Quercy, le i" juillet ij6o.
Voyez notre n» 1648.
XX) PP. 235-274. Lettres et réponses de M. Palissot et de M. de Voltaire, avec quelques notes sur la dernière lettre de M. Palissot, etc.
Réimpression de la brochure intitulée: Lettres de M. de Voltaire à M. Palissot avec les réponses, à l'occasion de la comédie des Philosophes. Genève (Paris), 1760, in-12 de G8 pp. (C. V. Beuchot, 91 1). Sur cette brochure, voyez notre tome III". {Correspondance année 1760).
L'Avis de l'éditeur qui se lit aux pp. 237-238 du Recueil des Facéties parisiennes, est de Palissot: cet Avis est imprimé en tête de l'édition séparée des Lettres de M. de Voltaire à M. Palissot.
Les notes des pages 240, 26g, 270 (note 2), 271, 272 et 274 du Recueil des Facéties, etc.. sont de Voltaire; elles n'ont pas été recueillies dans ses Œuvres. C'est à ces notes que Voltaire fait allusion, dans le passage suivant de sa lettre du 24 septembre 1760 à Palissot... « Votre commerce, qui était très a agréable, a fini par m'attirer les reproches les plus vifs de la « part de mes amis. Ils se sont plaints de ma correspondance « avec un homme qui les outrageait. Pour comble de désagré-
BIBLIOGRAPHIC DE SES ŒUVRES jSi
« ment, on m'a envoyé des notes imprimccs en marge de vos « lettres ; ccsnotes sont de la plus grande dureté. »
XXI) PP. 275-277. Fragment sur Didoii, tragédie. Voyez notre n» i56o.
XXII) PP. 278-280. Les Fr... (Fréron).
Sur les Fréron, voyez notre tome i", pp. 3oi-3o2.
1894. Anecdotes sur Fréron.
Nous avons dit (p. g3 du présent volume) que la véritable place des Anecdotes sur Fréron est parmi les Ouvrages édités par Voltaire. Voyez notre n» 1657, pour tous les détails relatifs à la publication de ce pamphlet.
1895. Testament de Jean Meslier. Nouvelle édition. s. L. N. d. (Genève, 1762) in-o de 64 pp. (Bibl. N'"", D2, 12975 et C. V. Beuchot, 856).
Jean Meslier (ou Mellier), né à Mazerny, en Champagne, en 1678, d'après Voltaire', — le i5 juin 1664, d'après Boulliot {Biographie ardennaise, Paris, i83o, 2 vol. in-8), ht ses études au séminaire de Châlons-sur-Marne, reçut les ordres en 1688, et fut pourvu, au mois de janvier 1692, de la cure d'Etrepigny et de But. C'est dans cette résidence qu'il écrivit ses pensées et ses sentiments « sur une partie des abus et des erreurs de la « conduite et du gouvernement des hommes , etc.. 11 en « ht, dit Voltaire, trois copies de sa main, l'une desquelles fut « portée au garde des sceaux de France, sur laquelle on a tiré « l'extrait suivant. Son manuscrit est adressé à M. Leroux, « procureur et avocat en parlement, à Mézières y). {Œuvres complètes de Voltaire, éd. Moland, t. XXIV, p. 2()3).
Nous savons, toujours par Voltaire, que la deuxième copie du manuscrit de Meslier (in-8 de 336 fl.) fut déposée par l'auteur au greffe de la justiccde Sainte-Menehould, et que le grand vicaire de Reims, M. Lebègue « s'empara de la troisième » {ibid). D'autres copies en furent faites, et Voltaire écrivait à Damilavilie, le 8 février 17O2, que, quinze ou vingt ans auparavant, on vendait ces manuscrits huit louis d'or.
\'oltaire dit que J. Meslier est mort en 1733 ; on a fait toute-
1. Il 11 mourut en 1733, âgé de ciiiquaiite-ciuq ans. " {Abrci^c de la vie de Jean Meslier- Œuvres complètes de Voltaire, éd. Moland, t. XXlV, p. 2<j5.
fois remarquer que le dernier acte revêtu de sa signature porte, sur les registres de sa paroisse, la date du 7 mai 1729, et que le premier acte signé par l'abbé Guillotin, son successeur immédiat, est du 27 août suivant.
Voltaire n'a publié qu'une partie du manuscrit de Meslier; le manuscrit tout entier a été réimprimé de nos jours par M. R. G. d'Ablaing von Giessenburg, sous le titre suivant : Testament de Jean Meslier, curé d'Etrepegny et de But en Cliampagne, par Rudolf Charles. Amsterdam, librairie étrangère, 1861, 3 vols., in-8 (Bibl. N'» D^ i3g28). Dans l'étude consacrée par M. de Giessenburg à Jean Meslier et à son œuvre, l'éditeur nous apprend que le hasard lui a fait trouver, chez un antiquaire de Hollande, un exemplaire manuscrit du Testament de Jean Meslier. \o\c\ le titre exact du Testament dans ce manuscrit: « Mémoires des pensées et des sentiments de J. ' M. prêtre, d'Etrepr et de But, sur une partie des abus et des
• erreurs de la conduite et du gouvernement des hommes, oit « l'on voit des démonstrations claires et évidentes de la vanité
• et de la fausseté de tontes les divinités et de toutes les religions
• du monde, pour être adressés à ses paroissiens après sa mo> t <■ et pour leur servir de témoignage de vérité à eux et à tous
• leurs semblables.
« In testimonium illis etgentibuî. « (Matth., X, iS.;
Le Testament de Jean Meslier a, duns l'édition de 1861, quatrevingt-dix chapitres. Voltaire n'a donné des extraits que des XXXVIII premiers chapitres, qui forment le tome I et une partie du tome Il« (pp. i à 109), de l'ouvrage publié par M. de Giessenburg.
Dès 1735, Thieriot avait parlé du curé Meslier à Voltaire: « Comment, lui répond celui-ci, le 3o novembre i735, un curé « et un Français aussi philosophe que Locke? Ne pouvez-vous (( point m'envoyer le manuscrit ?... je vous le rendrai très fidé- « lement ». Mais ce n'est qu'en 17&2 que le patriarche ht imprimer les « Sentimeyits du curé • (à Damilaville, 4 février) ; cf. Voltaire à Damilaville, 8 février: « Mon frère aura un « Meslier, dès que j'aurai reçu l'ordre... On ne sait qui a fait « VExtrait; mais il est tiré tout entier, mot pour mot, de Tori- « ginal. Il y a encore beaucoup de personnes qui ont vu le curé « Meslier; il serait très utile qu'on fît une édition nouvelle de ce ■( petit ouvrage à Paris : on peut la faire aisément en trois ou « quatre jours ». Enfin, le 20 février. Voltaire écrit à d'Alembert: • Meslier est curieux aussi. 11 part un exemplaire pour « vous; le bon grain était étouffé dans l'ivraie de son in-folio. « Un bon Suisse a fait l'extrait très fidèlement, et cet extrait
« peut faire beaucoup de bien ». Voyez encore les lettres de Voltaire à d'Alembert, de février 1762 (lettre 4840 de l'édition Moland), — et de d'Alembert à Voltaire, 3 i mars. L'édition dont il s'agit, dans ces ditlérentes. lettres, forme un in-8 de G3 pp., imprmié à Genève, sans titre et sans taux titre (du moins dans l'exemplaire de la collection Beuchot, n» 867, le seul que nous ayons encore vu de cette première édition). Le titre de départ de la page i porte; Abrégé de la vie de l'auteur. L'Extrait des sentiments de Jean Meslier adressés à ses paroissiens, sw une partie des abus et des erreurs en général et en particulier, est aux pp. 4-(33. On lit à la page 63 : « Voilà le précis exact du « Testament in-folio de Jean Meslier. Qu'on juge de quel poids « est le témoignage d'un prêtre mourant, qui demande pardon « à Dieu. Le i5 mars 1742. »
La seconde édition est également sans titre et sans faux titre; mais le titre de départ de la page i porte: Testament de Jean Meslier. Nouvelle édition. Entre VAbrégé de la vie de l'auteur (pp. I à 3) et VExtrait des sentiments de Jean Meslier, etc. (pp. G à 64), on trouve (pp. 4 à 5) un Avant-propos, qui avait été oublié dans la première édition, et dont il est question dans les lettres de Voltaire à d'Argental,du 3i mai, et àDamilaville, du i5 juin 1762. Dans sa lettre à Damilaville du 10 octobre 1762, Voltaire déplore que personne (à Paris) ne veuille se charger de la réimpression des Sentiments de Aleslier. Cl. Voltaire au même, 6 décembre 1764. — Au milieu de l'année j 763, Voltaire distribuaitencore des exemplaires de la deuxième édition de Genève (voyez ses lettres à Damilaville, g mai et i5 juin; — à Marmontel, ig juin, etc , etc.).
Le Testament de Jean Meslier a été réimprimé dans les diverses éditions de l'Evangile de la Raison 1 (voyez l'édition s. l. (Amsterdam) 1765, in-8 (Bibl. N'^D^ 7245). Cf. l'édition cotée à la Bibliothèque Nationale D^ 7246 ^. Dans la réimpression qui fait partie du Recueil nécessaire avec l'Evangile de la Raison ', Londres (Amsterdam) 1768, 2 vol. in-8 (Bibl. N'i^ D% io5io et G. V. Beuchot 1002), VAbrégé de la vie du sieur Meslier est suivi (pp. 204-207), d'un Avis au lecteur, qui n'est pas de Voltaire.
L.' Avant-Propos est aux pages 209-216; l'Extrait des sentiments de Jean Meslier, etc.. . aux pages 2i6-3oo.