AVIS AU LECTEUR
« On regardera comme un signe de grande présomption, <( qu'un voyageur 'qui n'a passé que dix-huit mois en Angle- (( terre, entreprenne d'écrire dans une langue qu'il ne peut c( pas prononcer et qu'il entend à peine dans la conversation. « Je fais ce que nous faisons tous les jours au collège, où nous « écrivons le grec et le latin : et cependant nous prononçons T ces deux langues d'une façon pitoyable, et nous serions hors « d'état de les Comprendre, si on les parlait devant nous avec <( la vraie prononciation des Grecs et des Romains. Au reste, « je considère la langue anglaise comme une langue savante « qui mérite que les Français l'étudient, comme on fait un « mérite aux Anglais d'étudier le français. En ce qui m'e con- « cerne, j'ai appris l'anglais non seulement pour ma propre sa- « tisfaction et pour mon profit personnel, mais aussi par une « espèce de devoir. Je me suis engagé cà donner une relation « de mon séjour en Angleterre. Une telle entreprise ne peut a pas plus être tentée, sans la connaissance de l'anglais, qu'un « problème d'astronomie ne peut être résolu sans le secours (( des mathématiques. Je n'ai pas envie d'imiter feu M. Sor- « bières, qui n'ayant passé que trois mois dans ce pays, K sans en étudier les mœurs ni le langage, s'est avisé d'en (f publier une description qui n'est autre chose qu'une satire <i plate et calomnieuse contre une nation qu'il ne connaissait « point '.
n I.a plupart de nos voyageurs européens critiquent et raillent « leurs voisins, tandis qu'ils prodiguent la louange aux Per- « sans et aux Chinois. C'est que nous aimons naturellement à