‹ Voltaire. Bibliographie de ses œuvresChapitre 87 sur 94 · OUVRAGES ANNOTES PAR VOLTAIRE · texte numérisé non relu

OUVRAGES ANNOTES PAR VOLTAIRE

Voltaire avait Thabitude de couvrir de notes les marges de la plupart des livres qu'il lisait'. Quelquefois, lorsqu'il voulait donner un plus grand développement à sa pensée, il confiait ces notes à des lambeaux de papier qu'il fixait, au moyen d'un pain à cacheter, auprès des endroits qui l'avaient frappé, sur les pages qui avaient mérité son approbation ou qui avaient soulevé son indignation et sa colère : « On prétend,

« dit Peignot , que ce sont les livres de théologie qui ont

« été les plus annotés de cette manière s ».

Ainsi que le constate l'auteur du volume intitulé : Musée de VErmitage Impérial {Saint-Pétersbourg, 1860, in-8, p. 1 16), « les notes marginales de la main de Voltaire, dans les vo- « lûmes où il a semé tant de signets, otï'rent naturellement un « intérêt tout particulier'. »

1. Voyez Voltaire à Damilaville, 11 décembre lytij. Cf. Voltaire à Mme je Saint-Julien, i5 décembre 1766.

2. Souvenirs relatifs à quelques bibliothèques des temps passés, Paris, iS36, p. i5. — Ancelot, Six mois en Russie, en 1826, Paris, 1827, pp. 212, 2i3 (cités par M. G. Desnoireterres, Voltaire, son retour et sa mort, p. ^^lo).— M Léouzon-le-Duc, dans sa préface du Sottisier (édition de iSiSo), dit qu'aux marges d'une édition de Saint-Augustin, « on surprend çà et là des coups de « plume ou plutôt des coups de grilfe : coclion! gros cochon!! » (p. iiij.

3. Joseph de Maistre, dans ses Soirées de Saint-Pétersbourg (t. T, p. 3ig), est d'une opinion contraire; il dit que ces notes sont presque toutes marquées au coin de la médiocrité et du mauvais ton. Voyez M. G. Desnoiresterres, Voltaire, son retour et sa mort, p. 420, — M, Léouzon-le-Duc {Études sur

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Tel est aussi l'avis de M. le comte Hectorde Laferrière, qui, parlant dans son Troisième rapport sur les recherches faites à la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg, etc.. (Archives des missions scientifiques, etc., t. IV, p. y8;, des volumes faisant partie de la bibliothèque de Voltaire et qui sont annotés de sa main, croit « qu'il y aurait un choix curieux à en « extraire sous ce titre : Les lectures de Voltaire. Si l'on en « avait le temps et surtout la vocation, ajoute M. de Lafer- « rière, que de choses on retrouverait enfouies dans les volu- « mineux recueils où il entassait tout, notes, extraits, prose a et poésie. »

La bibliothèque de Voltaire à Saint-Pétersbourg n'a encore été l'objet d'aucun travail sérieux, d'aucune étude approfondie ' ; aussi ne faut-il pas s'étonner si l'on n'a recueilli, dans ses Œuvres, qu'une très petite partie des notes marginales dont sont remplis les volumes qui la composent.

Nous indiquerons d'abord celles de ces notes que le dernier éditeur des Œuvres de Voltaire, M. Moland, a publiées dans l'édition Garnier frères; nous dirons ensuite quelques mots des notes qu'il a laissées de côté, soit qu'il n'en ait pas eu connaissance, soit qu'il n'ait pas jugé à propos de les réimprimer dans son édition.

191 2. Remarques autographes de Voltaire en marge d'un livre anonyme du père Daniel intitulé : Observations CRITIQUES sur l'hISTOIRE DE MÉZERAI.

(Tome XXIX de l'édition Moland, pp. 41 1-438) 2. Ces Remarques ont été imprimées pour la première fois, par

la Russie, Paris, Amyot, p. 335; cf. Voltaire et la police, Paris, Bray, 1867, p. 237), pense aussi que « la plupart de ces notes sont ou trop insigni- « fiantes, ou trop indignes pour qu'il vaille la peine de les relever. »

I. Voyez néanmoins VEssai sur la bibliothèque de Voltaire, dans l'ouvrage de M. Léouzon-le-Duc : Voltaire et la police {Paris, iS67,:pp. 232 et suivantes) : cf. le Musée de l'Ermitage Impérial, Saint-Pétersbourg, 1S60, in-t!, pp. 113-119.

2 Paris, Musier, 1700, pet, in-12.— Barbier [Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daftis, III, 597-598), attribue cet ouvrage à Pierre de Lesconvel.

MM. Evariste Bavoux et A. F. (A. François), dans le volume intitulé: Voltaire à Ferney, Paris, Didier, 1860, in-M.

Les premiers e'diteurs pensent qu'elles ont été écrites vers 1775 (voyez le tome XXIX' Je l'édition Moland, p. 41 i).

L'exemplaire des Observations critiques sur l'Histoire de France de Mènerai, annoté de la main de Voltaire, appartenait à M. Renouard '. A sa mort^ ce volume fut acheté par lord Richard Tufton, qui s'empressa de le mettre à la disposition de M. A. François, l'éditeur de la Correspondance de Voltaire avec la duchesse de Saxe-Gotha. Réimpr. dans le tome Vlll= de l'édition du Siècle, pp. 1 1 1 i-i 1 18.

191 3. Remarques sur le Christianisme dévoilé ou Examen des principes et des effets de la religion CHRÉTIENNE 2. (Tomc XXXI de l'édition Moland, p. 129J.

Voltaire a attribué le Christianisme dévoilé à Damilaville (voyez sa lettre au marquis de Villevieille, du 20 décembre 1768); aussi quelques-unes des Remarques sur le Christianisme dévoilé ont-elles été publiées dans la Biographie universelle, au inot Damilaville, tome X, p. 471. — Mais l'auteur de cet ouvrage paraît être le baron d'Holbach (voyez la note de Barbier, Dict. des ouvrages anonymes, éd. Daffis, 11, 594-396}.

Les Remarques sur le Christianisme dévoilé doivent être de l'année 17C6 (voyez Voltaire à M"": de Saint-Julien, i5 décembre 1766). Elles ont été imprimées pour la première fois, dans leur ensemble, par Bcuchot (t. L de l'édition Lefèvre, pp. 336- 540).

1914. Remarques sur l'ouvrage intitulé : l'Existence DE Dieu démontrée par les merveilles de la nature, PAR M. NiEUWENTYT. (T. XXXI de l'édition Moland, pp. i ;)-i 50).

1. On lit sur le frontispice : » Ce livre esta M. Goury, lieutenant particu- < lier, 1) et plus loin : « Exemplaire très précieux cliargc de notes manuscrites « de Voltaire. Ch. Nodier. » (Note des premiers éditeurs.)

2. Londres, {Nancy, Leclerc] lySô (1761), in-S, 1767, in-12, —Londres, 1777, in-i8. Beuchot a transcrit les notes de Voltaire sur un exemplaire de 'édition de 1777 (in-8 de 2 if. Uni. et 236 pp.; Bibl. Ni<-, Réserve, C V. Beuchot, n» i326).

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L'ouvrage intitula : L'existence Je Dieu, etc .., par Bernard Nieuwentyt, médecin et mathématicien hollandais, né en 1654, mort en 1718, a paru en hollandais sous le titre sui%^ant : Le véritable usasse de la contemplation de Viinive's pour la conviction des athées et des /»créi«/e5. Traduit d'abord en anglais, il a été, d'après la cinquième édition de la version anglaise, traduit en français par P. Noguez (Paris, 1725, in-4; Amsterdam et Leip:[ig, Arkstée et Merkus, 1760, in-4 de 084 pp. Portr.).

Les notes de Voltaire ont été transcrites par Beuchot sur un exemplaire de l'édition de 1760 (Bibl. N'', Réserve, C.V. Beuchot, X9?6). L'exemplaire sur lequel Voltaire a écrit ses remarques est à la Bibliothèque Impériale de Saint-Pétersbourg.

Ces Remarques ont été imprimées pour la première fois dans le tome L de l'édition Lefèvre (pp. 543-567).

Voltaire a parlé de Nieuwentyt, en 1775, dans le chapitre viii de Jenni, et en 1777, dans le Prix de la justice et de l'humanité {voyez le tome XXXI de l'édition Moland, note i de la page i35).

191 5. Remarques sur le Bon sens ou Idées naturelles OPPOSÉES AUX idées SURNATURELLES. LoildrCS ,

1774, in-o. (Tome XXXI de Tédition Moland, pp. 151- 160).

La première édition du Bon sens ou Idées naturelles, etc... (par le baron d'Holbach) est de 1772 {Londres, pet. in-8 de 2 11, de titre, xn et 3i3 pp.).

Les Remarques de Voltaire doivent être de juillet 1773 (voyez Voltaire à d'Alemberi, 2q juillet 1775 : cf. la note de Beuchot, t. XKXl de l'édition Moland, p. i5i). Elles ont été imprimée>, pour la première fois, dans le tome L de l'édition Lefèvre,

pp. 568-58i.

1916 Notes sur la Henriade. (Tome XXXII de 1 édition Moland, Appendice, pp. 466-467).

Ces Notes ont été imprimées par .NL Gaullieur, clans l'Atlienœum français, 3= année, pp. 733-754, 12 avril 1854.

Elles ont été écrites sur un exemplaire de la Henriade que, dès 1724, Voltaire se proposait d'envoyer à M. Cambiague', à

i. On sait que la Henriade ne parut, sous ce titre, qu'en 172S. — Néan^

Londres (voyez la lettre 107 de l'édition Moland)'. Après la mort de M. Cambiague, survenue en 1728, l'exemplaire delà Henriade , qui lui avait été remis par Voltaire, passa aux Pelissari, famille italienne réfugiée à Genève, ce Un homme de « beaucoup d'esprit, qui a joué un rôle politique assez importe tant à la fin du règne de Louis XIV, Pesme de Saint- « Saphorin, gentilhomme du pays de Vaud , qui soutenait « les intérêts protestants contre l'influence française, dans la « guerre de la succession d'Espagne, s'en empara et l'annota. « Cet exemplaire annoté revient à Voltaire alors qu'il est fixé « sur les bords du Léman, et il s'amuse à le contre annoter. » (T. XXXII de l'édition Moland. Appendice, p. 466).

Cet exemplaire appartenait en 1854 a M. Gaullieur.

il existe d'autres notes de Voltaire, non pas sur la Henriade, mais sur la Critique de ce poème par Faget (voyez notre tome I", n"' 367, 368).

Ces notes ont été imprimées en 1826 dans une édition de la Henriade, publiéeà Reims (voyez notre tome !«'', n"449); elles sont aux tomes X de l'édition Lefévre, pp. 494-498, et VIII de l'édition Moland, pp. 364-367. (Cf. la page 7 du présent volume).

1917. Notes de Voltaire sur le discours sur l'inégalité DES conditions DE J.-J. RoUSSEAU. — NoTES

DE Voltaire sur le Contrat social de J.-J. Rousseau. (Tome XXXII de l'édition Moland, Appendice, pp. 468 et 474).

Imprimées par M. J.-I'xlouard Gardet dans le Bulletin du bibliophile. Paris, Tccliener, i8bo, xiv» série, pp i 527-1 343. L'article de M. Gardet est intitulé: Une visite à rEnnitai:;e ; Le Discours sur l'inéi^alité et le Contrat social, annotes par Voltaire {p. i5i9).

Les notes sur le Discours sur l'inégalité, etc., ont été écrites par Voltaire en marge du Discours sur l'origine et le fondement de l'inégalité parmi les hommes (Amsterdam, Marc .Michel Rey, ijôo); les notes sur le Contrat social, en marge

moins la lettre de Voltaire à M. Cambiague paraît être de l'année 1724, car il y est question de Mariamne, dont Voltaire lait hommage à M. Cambiague.

I. Sur M. Cambiague, voyez la note de M. Gaullieur, dans le tome XXXUI de l'édition Moland, pp. 107-10S.

des Principes du droit politique (ou Contrat social). Amsterdam, M.-M. Rey, 1762 (voyez notre n» 1679). Ces deux exemplaires sont aujourd'hui à la Bibliothèque Impériale de Saint- Pétersbourg.

Les notes de Voltaire ont été recueillies pour la première fois dans les Œuvres de Voltaire, par M. Moland [loco citaio). Cf. le n» 1891, in fine.

M" Moland aurait pu ajouter aux pièces que renferme son Appendice :

1918 : Les remarques écrites par Voltaire en marge d'un exemplaire de VExamendela nouvelle histoire de Henri IV (par La Beaumelle), Genève, 1768 (voyez notre n» 1710 . Cet exemplaire, annoté par Voltaire et par Wagniére, est à la Bibliothèque Nationale (Lb-'^, 27. Réserve). Quelques-unes de ces notes ont été reproduites dans une réimpression de VExamen qui fait Y>'à^l\& an X.om&\\ àt V Evangile du jour^ ; mais les plus importantes d'entre elles n'ont jamais été imprimées. Is'ous avons annoncé sous notre n» 1719 (page 164 du présent volume; que nous les publierions à cette place; nous pensions alors que M. Moland aurait au moins recueilli dans VAppendice de son tome XXXII", qui ne nous était pas encore parvenu, les notes que Voltaire avait fait paraître dans le tome II de YEvangile du jour. Notre attente ayant été trompée, il nous devient difficile, par suite du manque de place, de tenir notre promesse, et de donner pour la première fois au public l'ensemble de ces remarques, dont quelques-unes sont très curieuses et très intéressantes; nous nous contentons de signaler aux futurs éditeurs des Œuvres de Voltaire le volume de la Bibliothèque nationale, qui contient ces remarques; elles méritent assurément de prendre place dans la collection complète des Œuvres de notre auteur.

1919 : Les notes de Voltaire sur l'ouvrage du chevalier de Chastellux, intitulé : De là Félicité publique (voyez nos n" 1871 et 1872).

Ces notes ont été imprimées pour la première fois, en 1822, par M. Renouard [De la Félicité publique ou Considé-

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