‹ VoltaireChapitre 102 sur 113 · SA DERNIÈRE CONFESSION · texte numérisé non relu

SA DERNIÈRE CONFESSION

après son arrivée, il tut pris en dictant de son lit d'une violente hémorrhagie. Une saignée lui fit du bien; cependant il continua à cracher le sang pendant quelques semaines. Il fut défendu au malade de parler, de recevoir aucune visite ; mais on tint peu de compte de cette interdiction. Il lui eût fallu la plus grande tranquillité, et au lieu de cela on se querellait et on criait dans sa chambre, parce que son entourage ne pouvait s'accorder sur le choix du médecin auquel on devait le confier.

En même temps que le médecin, Voltaire avait demandé l'abbé Gauthier, car il ne voulait pas, disait-il, que l'on jetât son corps à la voirie, comme celui de la pauvre Lecouvreur. « II y a quelques jours, dit-il à l'abbé lorsque celui-ci eut été introduit, que je vous ai fait prier de venir me voir pour ce que vous savez. Si vous voulez, nous ferons tout à l'heure cette petite affaire. » L'abbé entendit sa confession, mais lui demanda une profession de foi écrite ; Voltaire la donna sans hésitation. Il y déclarait, ce qu'il avait souvent déclaré déjà , qu'il voulait mourir dans la religion catholique, où il était né ; qu'il demandait pardon à Dieu et à l'Église, s'il avait pu les offenser. Là dessus l'abbé lui donna l'absolution, et Voltaire lui remit un billet de 600 livres pour les pauvres de la paroisse. Le bon Wagnière, qui nous rapporte ces faits comme témoin oculaire, était hors de lui-même à la vue de cette faiblesse de son maître, et ne comprenait pas les amis philosophiques de Voltaire, qui l'approuvaient, qui, comme d'Alembert, la lui avaient même conseillée, ^^^agnière était protestant, franc-macon et fervent disciple de son maître en ce qui touchait la libre pensée dans les choses religieuses ; mais il

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