‹ VoltaireChapitre 93 sur 113 · OLTAIRK PRÊCHE CONTRE EE VOL · texte numérisé non relu

OLTAIRK PRÊCHE CONTRE EE VOL

le pays de Gex. Dans la .soinaiiio saiiilc de 1708 il se fit donner rabsoliition })ar un moine ([ui dinail au château, afin de pouvoir communier le dimanche, ce à quoi il se croyait obligé par sa situation de seigneur. Cette fois d'ailleurs il avait encore une autre intention. Dans les derniers temps on avait commis beaucoup de vols dans le village, et il voulait relever la conscience de ses paroissiens dans l'église même. Et en effet, après qu'il eut communié, il commença un vif discours où il les détournait du vol et les exhortait à la vertu. Il se croj'ait bien le droit de dire un mot dans l'église qu'il avait bâtie. Mais le curé ne fut pas de cet avis et transmit le fait à l'évéque d'Annecy, dans le ressort du- (juel se- trouvait Ferney; et celui-ci défendit à tout prêtre ou moine de son diocèse de recevoir en confession le seigneur de Ferney, et ,de lui donner l'absolution ou la communion sans sa permission expresse, et cela sous peine d'interdiction. « Cela pourra être fort plaisant, dit Voltaire, et nous verrons qui de l'évéque ou de moi l'emportera. » Pendant la semaine sainte de l'année suivante, il aperçut de son lit, d'où selon sa coutume il dictait à son secrétaire, un capucin qui se promenait dans son jardin ; il le fît venir, et pensa, avec un écu d'argent qu'il lui fît voir, l'amener facilement à confesser le malade dans son lit. Mais le capucin, se souvenant de la défense épiscopale, prit l'écu et sut trouver un prétexte pour s'en aller. Voltaire alors resta au lit et fît appeler le médecin. Celui-ci le trouva d'abord fort bien portant; mais bien qu'ensuite il se fût décidé à le reconnaître malade, et, selon sa mission, à se rendre tous les jours chez le curé, pour l'exhorter à ne pas refuser plus longtemps au mourant les consolations de la religion.

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