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tifs obéissant au môme esprit, peut passer tout sa vie en se croyant un ciloyeu suffisamment libre.
C'est là la liberté que Voltaire a désirée pour les Français. Ce n'est pas la vraie ; mais il est incontestable qu'elle est un progrès.
Sur une foule de questions qui paraissent être des questions de détwl, mais qui sont d'une extrême importance dans l'administration d'un peuple, il a donné à son temps d'excellenlsconseils. Il aplaidépourriij'giène; contre la coutume funeste d'enterrer les morts au milieu des villes, autour des églises et dans les églises mêmes; contre les persécutions à l'égard des protestants considérés encore comme bors la loi à certains égards et dont les mariages n'avaient pas le caractère légal; contre les rigueurs à l'égard des sorciers, pauvres fous qu'on se donnait encore la peine de brûler^ au lieu do prendre le soin de les doucher.
11 a poursuivi point par point toute une réforme de la magistrature et toute une réforme de la jurisprudence criminelle. Il a attaqué très vivement la vénalité des charges de la magistrature. On peut discuter, comme on sait, sur ce point. Les magistrats qui achetaient le droit de juger ou qui en héritaient de leurs pères, et qui avaient leur siège au tribunal comme une propriété, étaient évidemment hautains, superbes, infatués, avaient tous les défauts des privilégiés. Mais ils étaient indépendants à l'égard du pouvoir central ; car on n'est indépendant que quand on est chez soi dans sa charge, comme le notaire ou l'avoué dans son étude, et que lorsque le pouvoir, môme si vous lui désobéissez, n'a pas le droit de vous en faire sortir. Or l'indépendance des magistrats est une garantie pour le citoyen. Seulement Voltaire était plus frappé des inconvénients de la vénalité des offices de magistrature que de ses avantages, parce
qu'il n'était nullement rennemi de l'omnipotence du gouvernement, et au contraire.
Quant à la réforme de la justice criminelle, il n'y a pas à discuter, et Voltaire a eu pleinement raison sur tous les points en cette affaire.
On torturait encore pour arracher à un coupable présumé l'aveu de son crime supposé : il a attaqué la torture.
On rouait un homme pour un sacrilège, pour un blasphème : il a soutenu que c'était un peu exagéré.*
On punissait de mort le vol domestique : il a crié que c'était d'une rigueur monstrueuse.
On fusillait le déserteur même en temps de paix : il a plaidé les circonstances atténuantes.
On confisquait le bien des condamnés, ce qui ruinait les enfants pour le crime des pères : il a montré que cette réversibilité était une iniquité stupide.
On prodiguait, en général, la peine de mort : il a soutenu énergiquement que c'était une chose dont il ne fallait pas abuser. — Il a eu cet immense honneur que Beccaria a été son élève.
Il ne s'est pas borné, en ces matières, à la théorie. Avec son esprit pratique, son goût pour les polémiques, où il était passé maître, son activité prodigieuse qui cherchait toujours de nouvelles matières où s'exercer, cette conviction aussi, très juste, qu'il n'y a que les exemples bien .choisis, les faits actuels et palpables qui frappent fortement les esprits; il s'est attaché à plusieurs reprises à relever les erreurs ou les rigueurs excessives de la justice d'alors, et à sauver, ou à faire réhabiliter ceux qui en avaient été les viclimes.
Le comte de Lally-Tollendal, gouverneur des possessions françaises dans les Indes, après les plus beaux états dej service et les plus brillants exploits, assiégé
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dans Pondichéry avec 700 hommes par une armée anglaise de 22,000 hommes, sans vivres, sans argent, au bout de plusieurs mois de résistance^ avait capitulé. Il fut condamné à mort et exécuté le 9 mai 1766. Voltaire publia plusieurs factians, lettres et brochures, et n'eut pas de cesse que l'arrêt ne fût revisé. Il le fut, comme nous l'avons vu plus haut, à la veille même de la mort de Voltaire. V Le chevalier de La Barre, âgé de 19 ans, avait eu le très grand tort de mutiler un crucifix. Il fut condamné par le tribunal d'Abbeville à être brûlé vif. Le Parlement de Paris ne lui accorda que le triste adoucissement d'être décapité avant d'être jeté au bûcher. Voltaire le défendit de tout son pouvoir, et rappela sans relâche cette cruauté pour essayer d'obtenir qu'elle ne se renouvelât plus.
Sirven, protestant, commissaire terrier à Castres, fut accuse d'avoir fait périr sa fille pour l'empêcher d'embrasser la religion catholique ; et, après un procès trop légèrement mené, fut condamné à mort par le Parlement de Toulouse. Il réussite s'échapper, à gagner la Suisse et à se réfugier sous la protection de Voltaire. Voltaire prit en main sa cause, écrivit plaidoyer sur plaidoyer, et avec l'aide du célèbre avocat Elie de Baumont, réussit à prouver son innocence et à le faire acquitter.
Calas, également protestant, négociant à Toulouse, son fils ayant été trouvé étranglé chez lui, fut accusé, comme Sirven, de l'avoir fait mourir parce que ce jeune homme avait abjuré. 11 fut condamné par le Parlement de Toulouse et exécuté. Voltaire fit pendant trois ans retentir l'Europe de ses réclamations éloquentes et de ses démonstrations péremptoires. Il réussit encore à faire éclater l'innocence de ce mal-
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henrenx, et la mémoire de Calas fut officiellement et solennellemet réhabilitée.
fl Avocat des gensmal jugés, » dit à ce propos Alfred de Musset. Il c'y a pas là de quoi rire, et ce titre est le plus beau que l'on puisse porter, et ce rôle est le plus beau qu'où puisse -tenir. Ou se surprend à souhaiter que Voltaire n'en eût jamais joué d'autre.
On voit que Voltaire, sans grandes théories politiques à la Montesquieu ou à la Rousseau, a touché un cerlaia nombre de points importants et donné toute une série de bons conseils d'oii toute une réforme pratique pouvait sortir. Il a résomê ce qo*il serait ambitieux d'appeler son programme politique, mais c*- qu'on pourrait nommer ses cœux fur favenir de la France en i774, à l'avènement de Louis XVI, dans une pa?e très curieuse, peu citée d'ordinaire, et qui montre bien le dernier état de sa pensée à cet égard. Cest dans une espèce de conte intitulé f Eloge hhtori^ue de la Raison que Voltaire met en scène la Vérité et la Raison de la façon suivante :
a EnÙQ la Rais<»n et la Vérité passèrent par la France : elles
i'^nt déjà faiî '" ' — - -:tioDS et en avaient été
-- <*« : « \Vm< - ; la Vérité à sa mère, de
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présent les acclaJiaUons de viogt millions d'hommes qui j --- -' ^ nt\. Lésons disent : « Cet avènement e«t «: .y»'ux que nous n'en payons pas la joie d').
étrf n.îrancnes. » — Et lis ont ratsoo — « Tout impôt va •^♦i'^ abili. - dirent les autres. — Et ils ont tort ; car il faut q> ' H i'i- j a:ti:ulier paye pour le bonheur général. — • Les lois toni être uni format. » — Rien n'est plus à désirei
n Louis XTI «Tait jeiaaé le dm de « iuyeex »rcaa»cat. >