‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 108 sur 333 · juin · texte numérisé non relu

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Cependant les partisans du philosophe, et il en avail d'acharnés dans la bourgeoisie, ne laissèrent pas passer sans murmurer le jugement qui frappait leur idole. Une quinzaine de citoyens se rendirent chez le procureur général et le premier syndic pour savoir si le décret de prise de corps avait été réellement rendu ; ils ne reçurent qu'une réponse évasive. La famille de Jean-Jacques demanda alors par requête communication de l'arrêt, mais elle ne fut pas plus heureuse*.

A celle nouvelle, Rousseau s'indigne :

« Cette manière ténébreuse de procéder est effrayante; elle est inonïe dans tous les tribunaux du monde, excepté celui des inquisiteurs d'État à Venise. Si jamais elle s'établissait à Genève, il vaudrait mieux être né Turc que Genevois*. »

Au fond du cœur le philosophe espérait bien que la rigueur dont il était victime soulèveraient l'indignation de ses partisans, que ceux-ci feraient des démarches menaçantes et que le Conseil serait forcé de revenir sur son jugement. Tant qu'il eut cet espoir, il parut s'incliner respectueusement devant la décision des madstrals :

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