‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 110 sur 333 · A M. Plctet, 23 septembre · texte numérisé non relu

A M. Plctet, 23 septembre

V(H T.UKt ET J.-J. ROUSSEAT tKO

iiijuslos, il se laissait aller conlrt' eii\ à des menaces I>oii déguisées :

1 Ils se sont dopècliés. avec une étourdtMio tjiii n'a poinl d'exemple, de me donner le dernier coup de pied, sans considérer que ce parli n'est bon qu'en cas que je reste écrasé, mais que si j'en reviens, ils auront contre eux la clameur publique, ma réputation qu'ils ne sauraient jamais m'oter, et qu'ils auront aliéné à pure perle un bomme dont la plume peut encore leur devenir inquiétante au moment qu'ils y penseront le moins*. «

Sans songer qu'il pouvait par ses récriminations et ses excitations amener la guerre civile dans sa patrie, il poussait ses amis à reconquérir leur liberté perdue, leurs droits foulés aux pieds : « Faites, agissez en mon nom, leur disait-il, et soyez sûrs d'être avoués tous. > Mais les bourgeois, se tenant pour satisfaits après une première démai-che infructueuse, ne cherchèrent pas à renouveler les démonstrations publiques.

Rousseau garda toujours rancune « ses concitoyens de n'avoir pas plus énergiquement pris sa défense, et, dans ses Confessions, i\ ne cache pas la déception (jue lui fit éprouverleur indifférence. Le philosophe ne fut pas juste pour ses amis ; assurément ils répugnaient aux moyens violents qui auraient porté le trouble et le désordre dans la république, mais ils s'efforçaient par les voies pacifiques d'arriver au même résultat. Le terrain religieux si bien cboisi par le Conseil

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