‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 121 sur 333 · Cuiif'essioiis. Partie lijiv. XI · texte numérisé non relu

Cuiif'essioiis. Partie lijiv. XI

222 VULTAHIK ET J.-,l. RUUSSEÂl

jours le gouvernement monarchique au-dessous du républicain, est que-dans celui-ci, la voix publique n'élève presque jamais aux premières places que des hommes éclairés qui les remplissent avec iionueur, au lieu que ceux qui parviennent dans les monarchies ne sont, le plus souvent, que de petits brouillons, de petits fripons, de petits intrigants, à qui les petits talents qui font dans les cours parvenir aux grandes places, ne servent qu'à montrer au public leur ineptie dès qu'ils y sont arrivés. Aussi, quand par quelque heureux hasard, un de ces hommes faits pour gouverner vient à prendre le timon des affaires dans une monarchie presque abîm.èe par ces tas de jolis régisseurs, on est tout surpris des ressources qu'il trouve et cela fait époque dans un pays^ »

Dans l'esprit de l'auteur, ce passage était une délicate flatterie à l'adresse du ministre. La fatalité voulut que Choiseul, au lieu de se reconnaître dans le dernier portrait, se crût désigné dans le petit brouillon, le petit fripon, le petit intrigant. De là une haine implacable. Cette explication, c'est Rousseau qui la donne pour rendre vraisemblable la prétendue inimitié de Choiseul, inimitié à laquelle Jean-Jacques a toujours cru et qui n'a jamais existé que dans son imagination; nulle part on n'en a trouvé la confirmation.

C'est donc pour se venger du philosophe que Choiseul, après l'avoir fait chasser de Paris, a forcé la main des Conseils de Genève et de Berne et exigé d'eux les mêmes persécutions. Mais s'il en était ainsi, on trouverait quel-

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