‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 132 sur 333 · Juillet 1702, Rousseau, ses amis ri ses ennemi · texte numérisé non relu

Juillet 1702, Rousseau, ses amis ri ses ennemi

Cette lettre fit perdre à Rousseau toute mesure :

« Après un long silence, mande-t-il à Moultou, je viens de recevoir de Vernes une lettre de bavardages et de cafardise, qui m'achève de dévoiler le pauvre homme. Je m'étais bien trompé sur son compte. Les directeurs l'ont chargé de me tirer, comme on dit, les vers du nez. A'ous vous doutez bien qu'il n'aura pas de réponse*, v.

Moultou eut beau dire : « Ne croyez pas de mauvaise intention à Vernes, certainement il n'en a aucune'- », Jean-Jacques n'en conserva pas moins contre son ancien ami une implacable rancune.

Sur ces entrefaites un incident complètement inattendu vint encore compliquer la situation.

Rousseau était persuadé qu'il avait enfin trouvé à Motiers un asile et le repos, mais il y avait des pasteurs à Neufchâtel aussi bien qu'à Berne et à Genève, et, comme le disait fort bien d'Alemberl, « le roi de Prusse, tout roi de Prusse qu'il est, n'est pas le maître à Neufchùtel comme à Berlin, et les vénérables pasteurs de ce pays-là n'entendent pas raillerie sur l'affaire de la religion'' ».

Ce serait mal connaître le clergé de Neufchàtel que de s'imaginer qu'il laissa Rousseau en repos. Les mêmes raisons qui avaient été exploitées à Genève et à Berne se présentèrent à Neufchàtel; l'accueil généreux de Milord Maréchal souleva l'indignation des pasteurs.

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