‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 133 sur 333 · août · texte numérisé non relu

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Z. A Voltaire, 51 juillet 1762.

VOLTAlUr, ET ,I.-J. IlOrSSEAU 247

« Us remplirent leur Mercure d'inepties et du plus plat cafardage' », écrit Jean-Jacques': ils firent tant et si bien, que le magistrat municipal défendit VÊmile, la classe des ministres le déféra ; le conseil d'État allait prendre des mesures contre la personne môme de l'auteur, mais Milord Maréchal, qui n'était pas homme à s'embairasser des clameurs des orthodoxes, intervint et déclara que les ordres du roi étaient qu'on laissât le philosophe tranquille; il fallut s'incliner.

Le ministre chargé de la paroisse de Motiers était un certain M. de Montmollin. C'est : « Un homme assez gai dans la société, dit Jean-Jacques, qui ne manque pas d'esprit, qui fait quelquefois d'assez bons sermons et souvent de fort bons contes'". » Dès son arrivée dans la localité, Rousseau fut mis en rapports avec lui ; le pasteur chercha d'abord à entrer en discussion, mais il fut arrêté net par cette phrase péremploire : « J'ai répété dans cent endroits de mes ouvrages que je ne disputerais point. J'ai dit ce que j'ai dit après y avoir longtemps pensé. »

Cette attitude superbe devait être de peu de durée. Fatigué de ces luttes, de ces pérégrinations incessantes, inquiet de l'avenir et craignant que la protection de Milord Maréchal ne fût pas toujours suffisamment efficace, désireux surtout de donner à ses partisans de

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