août
3. La lettre était fermée d'un cachet de cire rouge, gravé de signes arabes ou turcs, dont Rousseau faisait fréquemment usage. (PYitz Berthoud.)
VOLTAIRE 1:T J.-.I. noUSSKAl! 249
" .relais bien éloigné, dit Rousseau, d'altondre de celle leltre l'eflet qu'elle produisit : je la regardais comme une protestation nécessaire et qui aurait son usage en temps et Hou. Ouclle fut ma surprime et ma joie de voir dès le lendemain, chez moi, M. de Montmollin me déclarer que non seulement il approuvait que j'approchasse de la sainte table, mais qu'il m'en priait, et qu'il m'en priait de l'aveu unanime de tout le Consistoire, pour l'édification de la paroisse dont j'avais l'approbation et l'eslime'. »
L'étonnement de Rousseau ne s'explique pas. II devait s'attendre à l'émotion que sa lettre produirait. Un homme qu'on poursuit partout pour ses théories antichrétiennes, qu'on regarde comme un déserteur de sa religion et qui vient tout à coup dire qu'il y a méprise et demander à communier, ne doit pas s'étonner de produire un certain effet. « Il communia le dimanche suivant avec une humilité et une dévotion qui édifia toute l'église, humilité profonde qui portait avec elle le caractère de la sincérité'. »
Voltaire ne put s'empêcher de rire de cette nouvelle contradiction.
« Nous envoyons au cher frère, écrit-il à Damilaville, la belle leltre de J.-J. Rousseau au cuistre de Motiers-Travers. On peut juger de la conduite noble et conséquente de ce Jean-Jacques. Ne trouvez-vous pas que voilà une belle fin? Je mourrai avec le chagrin d'avoir vu la philosophie trahie