‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 136 sur 333 · A Mme de Boufflers, 30 octobre · texte numérisé non relu

A Mme de Boufflers, 30 octobre

2. Montmollin au pasteur Sarazin {J.-J. Rousseau el M. de Monlmol/in, l^ar Fritz Berthoud. Fieurier, 18841.

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par les philosophes et des hommes qui pouvaient éclairer le monde s'ils avaient été réunis. Mais, mon cher frère, malgré la trahison de Judas, les apôtres persévèrent'. "

Damilaville répond aussitôt :

« J'ai reçu la lettre de mon très illustre maître du 9 et' la copie de celle de Jean-Jacques au pasteur de Motiers-Travers, qui y était jointe. Celte pièce, le comble de l'extravagance et de la bassesse, caractérise parfaitement le composé Ijizarre de cet insensé et prouve qu'il n'a besoin que de luimême pour se couvrir du ridicule le plus complet. On est bien persuadé que rien n'est plus inconséquent que celte tête, mais on ne se serait jamais permis de la soupçonner do l'être autant-. »

La communion de Rousseau fut en général sévèrement jugée. Mme de Boufflers elle-même, malgré tout l'intérêt qu'elle portait à son ami, ne put lui dissimuler le mauvais effet produit par un acte qu'on considérait comme une pure hypocrisie, car les motifs en étaient par trop visibles. Le philosophe répondit qu'il ne comprenait pas ce qu'on lui reprochait et pourquoi on s'avisait tout à coup de lui faire un crime de pratiquer sa religion, dont il avait toujours suivi les préceptes même vivant en pays catholique.

Mais pourquoi n'avoir pas fait les choses simplement, pourquoi avoir mis le monde entier au courant d'un acte intime, pourquoi lant de fracas?

1. Voltaire à D;imilaville, 0 septembre ITG'i; dans la Correspondance (édition Moland), celte lettre porte la date du IS septembre; c'est une erreur, elle est du 9.

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