‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 14 sur 333 · CHAPITRE lî · texte numérisé non relu

CHAPITRE lî

SoJiMAiRE : Départ de Housseau pour Genève. — Il rentre dans la toi évangélique. — Discours sur Vin égalité des conditions sociales. — 11 le dédie à la République. — 11 l'envoie à Voltaire. — Tremblement de terre de Lisbonne. — Poème de Voltaire. — Lettre sur la Providence. — Candide.

En 1754, Gauffecouit fut obligé d'aller à Genève; il offrit à Rousseau de l'accompagner, et la proposition fut acceptée avec empressement.

Jean-Jacques était alors âgé de (}uarante-deux ans ; il y en avait vingt-six qu'il était éloigné de sa ville natale, il y revenait précédé d'une assez grande réputation.

« Arrivé dans cette ville, dit-il, je me livrai à l'enthousiasme républicain qui m'y avait amené. Cet enthousiasme augmenta par Taccuellque j'y reçus. Fêté, caressé dans tous les états, je me livrai tout entier au zèle patriotique, et, honteux d'être exclu de mes droits de citoyen par la profession

ôi VULTAIRE ET J.-J. ROUSSEAU

d'un autre culte que celui de mes frères, je résolus de rel)rendre ouvertement ce dernier....'. >>

Il demanda en effet à rentrer dans la religion de son pays, ce qui lui lut accordé. Il se soumit aux instructions du pasteur de sa paroisse, et il reyut la communion-. Ayant donc abjuré ses erreurs, il fut réintégré dans ses droits et inscrit sur le rôle des gardes^ que payaient seuls les citoyens et les bourgeois.

Rousseau n'eut qu'à se louer de l'accueil de ses compatriotes; les magistrats, les ministres, les citoyens, lout le monde lui fit fête; llatté déjouer dans sa patrie un rôle aussi considérable, persuadé que s'il y habitait il y tiendrait le premier rang, il prit la résolution de venir s'installer à Genève le printemps suivant. Il repartit pour Paris après quatre mois d'un séjour délicieux.

11 s'était lié particulièrement avec les frères De Luc ^

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