‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 15 sur 333 · Confessions. Partie I[, livre YIII · texte numérisé non relu

Confessions. Partie I[, livre YIII

2. Registre du Consistoire du 1'^'" août 1754 : « Le sieur Jean-Jacques Rousseau ayant satisfait sur tous les points par rapport à la doctrine, on l'admet à la sainte Cène. » Jean- Jacques aurait dû comparaître devant le Consistoire pour y être interrogé, mais il obtint d'être dispensé de cette formalité et de se présenter seulement devant une commission de cinq membres, qui lui tirent prêter le serment de soumission à la Réforme calvinieniie; on lui reprocha plus tard de n'être pas l'cnlré régulièrement dans la religion évangélique.

3. L'état des gardes est le nom que porte à Genève l'impôt sur le revenu.

4. Luc (François de) (l(398-1780j, a composé deux ouvrages pour défendre la religion réformée. Ses deux lils furent des savants distingués : Jean André a publié de nombreux ouvrages scientifiques; Guillaume Antoine fut le collaborateur de son fi-ère.

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le (loclciir Troiicliiii'. MM. .Lillahcrl ', (ilmiipiiis'. IjiIliii \ mais c'csl siirloul avec les paslcms (|iril avait HOiiô dos l'clations intimes, e( à partir de cetti; époque il etilretint une correspondance suivie avec MM. Veines, Vernet, Ilouslan, Moullou, etc., ministres du saint Evangile.

Par une singulière ironie du sort, au moment même où Jean-Jacques, enlliousiasmc des honniuirs qui lui avaient été rendus, quittait Genève à regret, se promettant bien d'y revenir avant peu pour le reste de ses jours. Voltaire entrait dans la cité de Calvin pour « y séclier ses habits mouillés par le naufrage » et avec l'espoir d'y trouver un n^fuge « contre les rois, leurs résidents et les cardinaux impolis \ »

Après un séjour assez orageux à la cour de Frédéric, le philosophe était parti brouillé avec son royal ami. On connaît ses mésaventures de Francfort, ses efforts infructueux pour rentrer à Paris, le choix qu'il tlt

1. Tronchiu iTliéodore) 170U-1781 , célèbre métlecin genevois, disciple de Boëihave et frraïui promoteur de rinoculaliori. En 1763 il fut appelé à Paris comme méj1e> in du duc d'Orléans.

'2. Jallabcrt (Jean) (i712-17()8,i, professeur de philosophie et de mathématiques. Il joua à Genève un rôle politique et devint syndic de la République.

5. Chappuis (Marc), né à Genève en 1754, a traduit de l'italien Vllixtoire de la Socivhca, fameux brigand de la nation inorlaque, in~8". Berne, 1777.

4. Lullin (Michel) de Chàlcauvii'ux (16!»51781 , rempht plusieurs fois les fonctions de syndic; il a beaucoup contribué au développement des arts dans sa patrie.

5. Le lardinal de Tencin, sachant Voltaire mal en cour, avait refusé de le recevoir lors de son passage à Lyon. Quand le prélat mourut en 1758, Voltaire écrivait à M. de Montpcroux : « Dieu veuille avoir son âme, c'était un terrible mécréant. »

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enfin du territoire de Genève pour y attendre des jours meilleurs ^

Ne voulant pas cependant ressembler à un proscrit, il prit prétexte de sa mauvaise santé et déclara que les soins de Troncliin lui étaient indispensables. La réputation universelle dont jouissait le docteur, le grand nombre de malades qui, de tous côtés, venaient cherclier la santé auprès de lui, rendaient ces raisons parfaitement plausibles. Le Conseil* autorisa Voltaire à séjourner sur le territoire de la République, et, grâce à un subterfuge imaginé par le conseiller Troncbin^, le philosophe put se rendre acquéreur, à la porte de Genève, d'une charmante propriété, qu'il surnomma les Délices, dès qu'il y fut installé*.

Il fut accueilli avec joie par une partie de la population, particulièrement par l'aristocratie, avide de plaisirs, et qui espérait, non sans raison, qu'un personnage aussi marquant donnerait à Genève un peu de la vie qui lui manquait'. Les pasteurs montrèrent bien quelques inquiétudes et parurent se préoccuper de la réputation antireligieuse du nouvel habitant, mais sa

1. Voirla Vieintime de Volfaii'e aux Délices et à Fei-itey CalmannLé\y].

2. Le Petit Co)tseil ou Conseil des vingt-cinq représentait à Genève le pouvoir exécutif.

3. Tronchin (François), né à Genève en 1704, conseiller d'Éiut.

4. Il n'était pas permis aux catholiques de posséder sur le territoire de Genève. Tronchin acheta les Délices et les vendit à Voltaire par un bail à vie pour quatre-vingt-sept mille livres, sous cette condition cependant qu'il reprendrait la propriété à la volonté de l'acquéreurj moyennant le payement d'une somme de trente-huit mille livres.

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