ipars 1702. Slreckeisen-Moiilloii
i>68 VOLTAIRE ET ,1.-J. ROUSSEAU
La Lettre fit la meilleure impression à Genève*. Elle vint donner un nouvel appui à ceux qui désiraient le retour du philosophe ; ils soutinrent qu'après des professions de foi aussi éclatantes, on ne pouvait plus dire qu'il n'élait pas chrétien, et qu'on devait oublier ce qu'il avait pu écrire dans ses œuvres précédentes. « De Luc est transporté, écrit Moullou, il m'a dit qu'il différait moins de vous que vous ne pensiez. Pour moi, je vous l'ai dit, il y a \ox\(^{Q,m}^^, je pense comme vous - . » Et dans son zèle il demande hi permission de communiquer la Lettre au pasteur Vernet.
« Yernet est un fourbe, répond Jean-Jacques. Je n'approuve point qu'on lui fasse lire l'ouvrage, encore moins qu'on le lui prête. Il ne veut le voir que pour le faire décrier par les petits vipereaux qu'il élève à la brochette et par lesquels il répand contre moi son fade poison dans les Mercures de NeufchâteP. »
Rousseau avait espéré que la Lettre à Christophe produirait un grand mouvement en sa faveur, que sa condamnation serait rapportée, qu'on le prierait de revenir dans sa patrie. Mais au lieu de la rentrée triomphale sur laquelle il comptait, tout se borna à des appréciations plus ou moins bienveillantes. Sa déception
1. La Lettre à Beaiimonl eût un tel succès que des libraires de Genève voulurent la faire imprimer, mais M. de Montpéroux. craignant qu'on ne répandît les exemplaires en l'ranco, pria le Conseil dinterdire l'impression, et l'on se conforma à ses désirs. (Affaires étrangères, 29 avril 1763, Monlperoux à Choiseul.)