‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 152 sur 333 · mars 1765. Streckeisen-Moultou · texte numérisé non relu

mars 1765. Streckeisen-Moultou

YOLTAlllE ET J.-J. ROUSSEAU 271

piujcls et sa iormelle inleiilion de renoncer ;i sa patrie, lui donnait les plus sages conseils. Lui citant en exemple les années orageuses de sa propre existence, il l'exhortait au calme et le détournait d'une démarche inconsidérée.

« l'ius j'y pense, lui disait-il (et mon amitié m'y lait penser souvent), plus je me confirme dans mon opinion que vous ne devez pas laire un pas qui pourrait offenser vos amis dans votre patrie. J'ai été proscrit de longues années de la mienne, et il y avait une récompense de deux milles livres sterling pour celui qui me prendrait. Si j'avais renoncé à la qualité d'écossais, je n'aurais pas été reçu dans le pays comme je le fus; je n'aurais plus été en droit de prétendre à l'amitié de mes compatriotes*. »

Dans les Confessions, Rousseau a clairement avoué les motifs qui le déterminèrent à abdiquer ses droits de bourgeoisie :

« 11 est vrai, dit-il, que je m'étais attendu de la part de la bourgeoisie à des représentations légales et paisibles contre une infraction qui l'intéressait extrêmement. Il n'y en eut point. On cabalait, mais on gardait le silence, et on laissait clabauder les caillettes et les cafards ou soi-disant tels, que le Conseil mettait en avant pour me rendre odieux à la populace, et faire attribuer son incartade au zèle de la religion. Après avoir attendu vainement plus d'un an que quelqu'un réclamât contre une procédure illégale, je pris enfin mon parti, et me voyant abandonné de mes concitoyens, je me déterminai à renoncer à mon ingrate patrie,

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