‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 182 sur 333 · Fritz Borthoud · texte numérisé non relu

Fritz Borthoud

'». A Mmo do la Tour, 7 mai lltr». Catalogue d'autographes.

VOI.TAini: ET J.-.l. ROUSSEAU 7>-n

11 mande également à Mlle de Bondeli :

(( .]o n'ose vous parlei- do mon (Mal, il contristerail votre bon cœur. Je vous dirai seulement cjue je ne puis mo procurer dos nuits supportal)los qu'en l'ondanl du ])ois tout le jour, malgré ma faiblesse, pour me maintenir dans une transpiration continuelle dont la moindre susp(>nsiou me fait cruellement soulTrir ».

Jean-Jacques n'était pas aussi malade qu'il le voulait bien dire. Certes, il passait quelquefois par des crises douloureuses, mais le reste dn temps il se portail adun'i'ablement.

« Je ne lai jamais vu incommodé, dit d'Escherny; il jouissait de la meilleure santé, il cbominait, gambadait... et mangeait de fort bon appétit. Voltaire à Ferney voulait toujours être mourant. Se dire malade est la maladie des grands hommes; c'est la coquetterie du génie et des jolies femmes ' » .

A l'appui de son assertion, il cite une anecdote assez curieuse; ils venaient de passer une nuit sur la jnontagne :

« Le lendemain malin, comme on se demandait suivant l'usage : « Avez- vous bien dormi? — Pour moi, dit « Rousseau, je ne dors jamais. » Le colonel de Pury l'arrête et d'un ton leste etmilitaire: (( Par Dieu, Monsieur Rousseau, « vous m'étonnez, je vous ai entendu ronfler toute la nuit; (1 c'est moi qui n'ai pas fei'mé l'œil. Ce diable de foin qui « ressue! « Ainsi Rousseau, [)ar une faiblesse bumaine,

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