‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 186 sur 333 · CHAPITRE \IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE \IV

SomiAiRE : Le pasteur Roustan réfute Rousseau. — Vernes publie également une réfutation. — Les Lettres de la campagne. — Les Lettres de la montagne. — Indignation qu'elles causent à Genève. — Enthousiasme des partisans de Rousseau. — Troubles à Genève. — Menace de démission du Conseil. — Pacification apparente des deux partis.

Depuis la condamnation de Y Emile, les théologiens de Genève n'étaient pas restés indifférents; la communion de Motiers, la Lettre à Beaumont les avaient laissés incrédules; n'ayant pu obtenir de Rousseau la rétractation authentique et publique qu'ils exigeaient de lui. ils se décidèrent à combattre ouvertement les doctrines de leur ancien ami,

Roustan lui-même, intime ami du philosophe, écrivit une Réponse à Ro7(sseau skv le chapitre du Contrat social oii il prétend que le christianisme est contraire à la politique.

Loin de se froisser de cette réfutation. Rousseau l'approuva, car il écrivit à Rey le 26 décembre 1762 :

« J'ai vu cet ouvrage et il est très bon, quoique un peu impétueux pour la liberlé. Comme celui qui l'a composé est plein de vertu, de talents, de mérite et très pauvre, je souhaite que son manuscrit lui vaille tout ce qu'il peut lui valoir, et je souhaiterais qu'il vous convînt de vous en charger, sans vous mettre en peine de ce qu'il est contre moi, car il est à cet égard écrit très convenablement et l'auteur mérite de l'appuie »

On comprendra le langage de Jean-Jacques quand on saura que Roustan l'avait réfuté avec la plus grande modération et en soutenant même beaucoup de ses idées ^

Quand Rousseau eut abdiqué la bourgeoisie, l'indignation contre lui ne fit que croître dans le clergé de Genève.

Le pasteur Vernes préparait depuis assez longtemps un travail où il soutenait que Jean-Jacques n'était pas chrétien. L'ouvrage terminé, il recula d'abord devant une publication. Son collègue Jacob Vernet avait renoncé

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