‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 187 sur 333 · Lettres inédiles, Bosscha, Amsterdam · texte numérisé non relu

Lettres inédiles, Bosscha, Amsterdam

2. L'auteur s'écriait entre autres choses : « 0 Rome, Rome, destinée dans tous les temps à être le fléau du monde! Ce furent au moins tes vertus qui lui donnèrent autrefois des ciiaînes; mais tes prêtres barbares ne l'ont asservi que par des forfaits, et je te vois cent fois plus éloignée aujourd'hui du christianisme que lu ne le fus sous tes aïeux idolâtres, parmi lesquels on comptait au moins des Fabrice et des Caton. » Tout l'ouvrage était sur ce ton, aussi fut-il sévèrement prohibé. Roustan publia encore en 1776 (Londres) un Examen critique de la seconde partie (le 1(1 Prof'esm)n de foi du vicaire savoyard.

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à la rélLilalioii qu'on lui avait demandée, Irouvaiil la queslionsuffisammeiil rclaircic. Suivrail-il son exemple? Très indécis, il consulta Tronchin. qui lui répondit:

« .le no sais point si la diMiiarche a été faite pour pouvoir plus hardiment plaider une mauvaise cause'. Le temps nous l'apprendra, mais ce que je sais bien, c'est ([ut^inile a lait beaucoup de mal et que le professeur Yernet pense que MM. Dumont et Bitaubé^ y ont assez répondu. Il pense qu'ils ont tout dit et qu'on ne peut par conséquent que répéter, il n'écrira donc point. C'est ce qu'il m'a dit vendredi dernier. Cela étant, voyez, mon bon ami, ce que le cœur vous dira. La cause que vous voulez défendre est bien belle, elle est bien digne de vous. Si Rousseau est chrétien. César est Catilinaire''. «

Verncs n'avait pas, parait-il, la conscience très netle lui-même, car peu de jours après il recevait une nouvelle lettre dans laquelle le docteur lui faisait envisager les conséquences possibles d'une publication.

« Mon ami Bonnet^, lui disait-il, craint que la correspondance que vous avez jadis eue avec Rousseau ne lui donne prise sur vous. Si là-dessus vous n'avez rien à craindre,

i. Tronchin veut parler de la renoncialioii que Rousseau venait de aire de ses droits de bourgeoisie.

2. A propos de la brochure de M. Bitaubé, Rousseau éci'ivait à Rey le 17 mars 17G4 : « Je ne connais rien de si plat et de si mal raisonné que cet écrit ; il est toujours à côté de la ([uestion, et il fait le plaisant d'un air si gauche qu'il m'a fait plus de mal au cœur que de chagrin en le lisant. Soyez persuadé que si je voulais faire encore à quelqu'un l'honneur de lui répondre, je ne choisirais pas de pareils barbouillons. » (LeUirs inédites, Bosscha, Amsterdam, 1878.)

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