‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 196 sur 333 · novembre · texte numérisé non relu

novembre

A ceux qui comme Gauffecourt lui reprochaient de s'être trop mis en cause et d'avoir écrit un plaidoyer j)ar trop personnel, il répondait :

« Je voudrais encore plus que vous que le juoi parût moins dans les Lettres écrites de la montaipie; mais sans le moi, ces lettres n'auraient point existé. Quand on fit expirer le malheureux Calas sur la roue, il lui était difficile d'oublier qu'il était là*. »

Tous les hommes sensés déploraient les dangereux préceptes de ses Lettres et en redoutaient les conséquences. Rousseau au contraire se montrait plein de sécurité.

« Au reste, écrivait-il à Pictet, ne craignez rien de l'effet de mon livre; il ne fera du mal qu'à moi. Je connais mieux que vous la bourgeoisie de Genève; elle n'ira pas plus loin qu'il ne faut, je vous en réponds-. »

Voltaire partageait la môme illusion lorsqu'il disait : Les Lettres de la montagne ne causeront point fy de guerre civile, les citoyens sont trop riciies pour se battre".

Ces prévisions devaient recevoir des événements le plus éclatant démenti.

L'optimisme de Jean-Jacques était plus apparent que réel, et au fond de son cœur il ne se dissimulait pas ce qui allait advenir. En effet, il avait eu l'idée au

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