‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 197 sur 333 · A la duchesse de Saxe-Gotha, 0 avril 17GG · texte numérisé non relu

A la duchesse de Saxe-Gotha, 0 avril 17GG

moins singulière d'envoyer à M. de Montpéroux un exemplaire des Lettres de la montagne, accompagné de la lettre suivante :

« L'écrit, Monsieur, qui vous est présenté de ma part, contient mon apologie et celle de nombre d'honnêtes gens offensés dans leurs droits par linfraction des miens. La place que vous remplissez, Monsieur, et vos anciennes bontés pour moi, m'engagent également à mettre sous vos yeux cet écrit. Il peut devenir mie des pièces d'mi procès au jugement duquel vous présiderez peut-être. D'ailleurs, aussi zélé sujet que bon patriote, vous aimerez me voir célébrer dans ces lettres le plus beau monument du règne de Louis XV', et rendre aux Français, malgré mes malheurs, toute la justice qui leur est due.

« Je vous supplie, Monsieur, d'agréer mon respect*, b

N'est-il pas curieux de voir Rousseau prédire dans cette lettre les conséquences qui allaient résulter de son dangereux pamphlet? En disant au résident que ce serait Viine des pièces d'un procès auquel il présiderait peut-être, le |diiloso[dic provoyait donc très nettement que les Lettres de îa nio)itagne amèneraient forcément à Genève l'intervention de la France.

M. de Montpéroux, malL;rè son peu d'espril. fit à Rousseau une réponse bien dure dans son laconisme. Au citoyen de Genève qui parlait si lé-,èrenient d'intervention étrauiière. le résident de France rappela qu'en 1737 il s'en elait fallu de i^eu que Genève, du con-

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