Affaires étrangères, 7 janvier
syndics furent élus, mais à une très faible majorité. En présence de celte opposition menaçante, et fatigué des reproches dont il était l'objet, le petit Conseil déclara ({u'il allait se retirer.
La bourgeoisie fut effrayée des conséquences de celte démission ; on assurait que le grand Conseil suivrait le petit Conseil dans la retraite; les rues étaient pleines de citoyens consternés ; tont le monde voyait le danger, tout le monde voyait une nouvelle médiation prête à fondre sur la ville, personne ne savait comment s'en préserver : « Jamais dans une profonde paix la Répu- ]»lique ne fut plus près de sa ruine. »
Les bourgeois les plus pacifiques et les plus sensés s'efforcèrent de conjurer le danger, ils eurent des entrevues avec les magistrats et l'on arriva à un apaisement.
Prévenu de ce qui se passait, Rousseau se hâta de prendre les devants : « Plût à dieu, s'ecrie-t-il, que j'eusse la joie de voir finir des divisions dont je suis la cause innocente^ » et il conseilla aussitôt à ses concitoyens de faire près du gouvernement une démarche de conciliation.
Les citovens se rendirent donc, au nombre d'un millier, à la maison de ville; ils y renouvelèrent leurs représentations, mais donnèrent en même temps aux magistrats des assurances foi'melles de leur respect, de leur dévouement et de leur confiance.