février 1765. Streckeisen-Moultou
'i. inédite. Mss. de Neufcliâtel.
560 VOLTAIRE ET J.-J. ROUSSEAT
lettre était plutôt de nature à les exaspérer et à les entraîner aux dernières violences.
« Vous êtes trop gens de bien pour pousser les choses à l'extrême, leur disait-il, et ne pas préférer la paix à la liberté. Un peuple cesse d'être libre, quand les lois ont perdu leur force ; mais la vertu ne perd jamais la sienne, et l'homme vertueux demeure libre toujour;. Voilà désormais, Messieurs, votre ressource : elle est assez grande et assez belle pour vous consoler de tout ce que vous perdez comme citoyens*. «
Et il s'empressa de rendre les représentants responsables de ce qui arrivait, les accusant de lâcheté et faisant peser sur eux, qui n'avaient agi que sur ses instructions, les plus vils soupçons.
Le Conseil ne fut pas seul à condamner les Lettres de la montagne; les pasteurs, si maltraités dans cet ouvrage, publièrent un mandement dont voici le principal passage :
« Nous avons vu avec la plus vive douleur notre sainte Réformation représentée sous les couleurs les plus fausses, et la religion attaquée dans ses fondements avec une audace dont on a peu d'exemples. Nous ne répondrons que par un redoublement de zèle et de charité aux paroles d'un auteur pour qui rien n'est sacré dès qu'on le blesse dans ses convictions et qu'on discute ses principes. »
Quand il connut le mandement de la Compagnie,