Déclaration relative à Vernes
s'il est coupable, conseillez-lui de se taire; c'est pour lui le meilleur parti'. »
Mais Jean-Jacques se dit avant tout un homme juste et équitable; il veut que Ternes puisse se défendre et dans ce but on soumettra le différend à un arbitre dont la décision est acceptée d'avance.
'( Sentant bien qu'après tout, raconte Rousseau, si Vernes n'était pas coupable, je n'avais pas droit d'exiger qu'il me prouvât rien, je pris le parti d'écrire, dans un mémoire assez ample, les raisons de ma persuasion, et de les soumettre au jugement d'un arbitre que je choisis : le Conseil de Genève. Je déclarai à la fm du mémoire que si, après l'avoir examiné et fait les perquisitions qu'il jugerait nécessaires, et qu'il était bien à portée de faire avec succès, le Conseil prononçait que M. Yernes n'était pas l'auteur du libelle, dés l'instant je cesserais sincèrement de croire qu'il l'esl, je partirais pour m'aller jeter à ses pieds, et lui demander pardon jusqu'à ce que je l'eusse obtenu. J'ose le dire, jamais mon zèle ardent pour l'équilé, jamais la droiture, la générosité de mon âme, jamais ma confiance dans cet amour de la justice, inné dans tous les cœurs, ne se montrèrent plus pleinement, plus sensiblement, que dans ce sage et touchant mémoire, où je prenais sans hésiter mes plus implacables ennemis pour arbitres entre le calomniateur et moi^ ))
Impossible de trouver des sentiments plus nobles, })lus généreux, et si Vernes est réellement innocent, sa réhabilitation est assurée.