‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 219 sur 333 · juillet · texte numérisé non relu

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losopliique portatif, sans nom d'auteur; il -est colporté et vendu clandestinenaent. Il n'en est pas moins lu, au contraire. L'auteur est bien vite reconnu :

« J'ai parcouru de l'œil, écrit Bonnet, ce Dictionnaire jihilosophique , le plus détestable de tous les livres du pestilentiel auteur. Il n'a lu VÊcriture que pour la mêler à son arsenic. Il s'efforce de la déguiser onde la détruire; il redouble ses efforts à mesure qu'il vieillit; c'est qu'elle est pour sa conscience ce que l'arsenic est pour les inloslins. »

Le scandale fut grand à Genève, et le portatif naturellement n'échappa pas aux flammes. Le résident de France en avisa le duc de Choiseul.

(( Le Dictionnaire philosophique a fait tant de bruit ici, et ! la bourgeoisie a marqué tant d'indignation contre cet ouvrage, ' que le Conseil n'a pu se dispenser de le condamner hier, comme téméraire, impie, scandaleux, destructif de la révélation. En conséquence de ce jugement, le dictionnaire fut lacéré et brûlé par l'exécuteur de la Haute-Justice, devant la porte de l'bôtcl de ville'. »

Le duc de Choiseul répond aussitôt :

(( 11 serait à désirer que le Conseil de Genève usât plus souvent de la sévérité avec laquelle il a traité le Dictionnaire philosophique. S'il était plus attentif à réprimer la licence de la presse, il viendrait beaucoup moins de mauvais livres dans le royaume, et les auteurs français seraient moins

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