‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 238 sur 333 · avril 1765, (Fritz Berthoud · texte numérisé non relu

avril 1765, (Fritz Berthoud

ser d'un voisin aussi dangereux et aussi turbulent que l'auteur d'Emile. « Il serait à souhaiter, écrivait Sarazin, qu'il cherchât un domicile fort éloigné de vous et de nous; votre tranquillité et la nôlre s'en trouveraient bien'. »

Mais comment parvenir à éloigner Rousseau, protégé par les rescrits du roi? On exploita la passion religieuse. Désormais la lutte fut circonscrite entre l'autorité séculière et le clergé; chacun y mit son amour-propre; si le gouvernement avait la force et la puissance apparentes, les pasteurs possédaient des armes bien autrement terribles.

« Ce qu'il y a de pis, écrivait M. Servaii à d'Alembert, c'est que le Consistoire de Neufchâtel a pris aussi la cause de l'Évangile en main, il a cité Rousseau, on parle de l'excommunier formellement, les villageois de Motiers- Travers sont terriblement prévenus, le sexe dévot surtout est effarouché au point que Rousseau écrivait dernièrement que pour avoir le sort d'Orphée, il n'avait qu'à sortir de sa maison ; je crois que la finesse de tout ceci consiste à le chasser du pays et h le contraindre de se retirer à Berlin. Je ne sais comment le roi de Prusse s'accommodera d'un homme qui ne veut ni opéra, ni guerre, ni rois- ».

Montmollin, poussé par ses collègues de ?seufchàlel, parla plusieurs fois en chaire contre les théories impies des Leltres de la montagne. A la suite de ces prédications, une assez vive excitation s'éleva contre le philo-

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