Confessions. Partie H, livre XII
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commencé. Il ne vit plus autour de lui qu'espions, persécuteurs, traîtres acharnés à sa perte, il se crut la victime d'ennemis « ardents, adroits, intrigants, rusés, infatigables pour nuire, et manœuvrant toujours sous terre comme les taupes'. »
Son esprit était tellemeuL troublé qu'il ne se rendait plus compte de la gravité de ses actes :
(( Je vivais en Suisse en homme doux et paisible, ècrivailil à Malesherbes, fuyant le monde, ne me mêlant de rien, ne disputant jamais, ne parlant pas même de mes opinions. On m'en chasse par des persécutions, sans sujet, sans motif, sans prétexte, les plus violentes, les moins méritées qu'il soit possible d'imaginer, et qu'on a la barbarie de me reprocher encore, comme si je me les étais attirées par vanité^.)).
Il oubliait ces terribles Lettres de la montagne et son intervention continuelle dans les affaires de Genève.
Les mesures prises contre les Lettres de la montagne et son auteur exaspérèrent ces fâcheuses dispositions. Il n'y aurait donc rien d'étonnant à ce que dans un pareil état d'esprit Rousseau ait singulièrement grossi les menaces auxquelles il se prétendait en butte. Mais quoiqu'il en soit ces menaces existèrent dans une certaine mesure et elles étaient dues à l'intervention du clergé.
Les orthodoxes, en effet, ne perdaient pas de vue
\. 6 févriei' 1705.