‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 249 sur 333 · janvioi- ITtiO · texte numérisé non relu

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2. M. Cl.iparùde, pas^tcur de Getiùvc et homme d'esprit, publia une défense des mirScles de l'Ancien et du Nouveau Tesl;unent conlre les .•dtaques de Rousseau [Remarques sur hi troisième tien Lettres écrites lie la Montagne, ou Considérations sur les Miracles. 1705 in-8"). Aussitôt Voilaire, sous le nom d'un joune étudiant en ttiéologie, proposa à M, Clapnrède quelque? question? ^l'.r les mirncles : il y eut viufrt lettres.

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pût travailler secrèleimnit et ne retenir aucun exemj)laire pour lui, il serait supplié, en ce cas, défaire le marché : on paierait très exactement. On le prierait de vouloir bien faire porter toutes les feuilles chez lui en sûreté. On ferait ensuite présent de l'ouvrage à tous les gens qui auraient de la vocation. C'est à M. du Peyrou à voir s'il veut rendre ce service au genre humain. Kn ce cas, il n'aurait qu'à envoyer ses ordres à M. Misopriest, chez M. Souchay, négociant à Genève.

(( M. Misopriest lui présente ses très humbles obéissances*, ))

Un peu inquiet d'une iniimilé qui grandissait Ions les jours et qui le compromoltait gravement aux yeux de Rousseau, du Peyrou envoya à son ami la lettre qu'il venait de recevoir en lui demandant conseil :

(( Je ne vois pas sans inquiétude votre commerce avec M. Misopriest, lui répond le philosophe; j'ai peur qu'il n'en l'ésulle enfin quelque chagrin pour vous, .le ne vous conseille point de faire imprimer son manuscrit; quant à la Lellre véritable, ce peut être une plaisanterie sans conséquence. Cependant, je trouve qu'il est au-dessous de vous, de vous occuper de ce cuistre de Monimollin. et de sa vile séquelle. Oubliez que toute cette canaille existe; ces gens-là n'ont du sentiment qu'aux épaules, et l'on ne peut leur répondre qu'à coups de bâton. Quand vous aurez prouvé que tous ces gens-là sont des fripons, vous u'auiez dit que ce que liiut le monde sait^ )

La persécution de Voltaire, au dir(Mlo Roujisoau, prenait (lu reste toutes les formes; elle ne se bornait pas à lui

1. 28 décembre 170,'). hir'dilr. Mniuiscrits de Neiilclifitol, ^2. 15 février 1706.

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fiilever suoccssiveniciil tous ses amis, dans les incidents les plus insignilianls, les plus imprévus, Jean- Jacques croyait toujours reconnaître la main de l'homme de Ferney. Une des vexations qu'il ressentit 1»? plus vivement fut celle relalive à la Corse, et cependant le patriarche y était complètement étian^ei'.

Les Corses, sous la conduile de Paoli, venaient de secouer le joug de la République de Gènes. Rousseau, dans son Contrat social, avait parlé d'eux « comme d'un peuple neuf, le seul de l'Europe (jui ne fût pas usé pour la législation » et il avait niaripié la grande espérance (ju'on devait avoir d'iwi tel peuple, « s'il avait le bonheur de Irouver un sage instituteur. »

il ne fut donc pas autrement surpris ([uaiid au mois de septembre 176Î, il fut invité à faire un plan de législation pour la Corse. Celte demande lui était adressée par le tils d'une des plus grandes familles du pays, M. Bultafuoco, capitaine en France dans Royal Italien. Flatté d'une proposition aussi honorable, Rousseau accepta et demanda des renseignements sur le pays, les habitants, leur caractère, leurs niduiis, leui-s usages, etc. Il ulïrit même de se reiidir dans le pays, assurant que les prêtres y seraient contents de lui. « J'aime naturellement autant votre clergé que je hais le nôtre, disaitil. « Il se trouva ainsi en coirespondancc assez fré- ({uente avec M. Bultafuoco et môme avec Paoli'.

1. Pascal l'aoli, général corse, né eu 1720. Il se mit à la tète de l'insuiToclion contre les Génois et conquit la plus grande partie de l'ilo. Lorsque Gènes céda la Corse à la lYance eu ITtlS. Paoli fut baliu par

iiO VdLTAll'.l- I.T .l.-,l. HUUSSEAU

Cepeiidanl le pliilosophe se met à l'œuvre et commence son plan de constitution ; mais à peine a-t-il jeté ses premières idées sur le jiapier, qu'on l'avise de Paris qu'il est la victime d'une mystification, que les lettres qu'il a reçues sont fabriquées, bref qu'on se moque de lui. On lui désigne même celui qui se vante d'être l'auteur "de la plaisanterie : c'est toujours Voltaire, lï'ternel Voltaire.

Au premier moment Rousseau croit qu'en effet il a été joué, il abandonne plan, projets, etc.. et à ceux (jui le félicitent d'avoir été choisi jtar rilluslre Paoli, il répond que c'est une invention de ses ennemis'.

D'Alembert, au courant des bruits qui circulaient dans Paris, s'empressa d'inlerioger le patriarche sur le crédit qu'il fallait leur accorder.

(( Dites-moi un peu, je vous prie, si vous le savL-z, ce que c'est qu'uue histoire (pi'on fait courir d'une lettre des Corses à Jean-Jacques pour le prier d'être leur législateur. Vous avez écrit à quelqu'un que tes Corses l'avaient seulement prié de mettre leurs lois en bon français : cela me paraît un persiflage ou de leur part, ou de la vôtre. C'est comme si nos seigneurs écrivaient à Paoli de mettre leurs arrêts eu bon corse,. ou aux sauvages du (Canada de les mettre en bon iroquois. J'avoue que cette dernière traduction conviendrait assez aux réquisitoires d'Orner. Quoiqu'il en soit, dites-moi, je vous pi'ie, ce que vous savez là-dessus de certain.... »

M. de Vaux, il se réfugia en Angleterre. Il vint en France en 1789, mais, s'étanl brouillé avec la Convention, il dut retourner en Angleterre où il mourut en 1807.

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