‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 25 sur 333 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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SoMMAiHR : Article Genève de d'Alembert. — Lettre à d'Alembert sur les spectacles. — Réponse de d'Alembert. — Rousseau refuse de revenir dans sa pairie. — Corruption des mœurs à Genève.

Quand Voltaire fut établi aux Délices en 1755, son premier soin fut de vouloir y installer un théâtre. On s'explique aisément son goût passionné pour les spectacles, quand on se rappelle la situation vraiment bizarre dans laquelle il se trouvait placé: lui, le premier auteur dramatique de Tcpoquc; lui, dont les pièces formaient presque exclusivement tout le répertoire du Théâtre-Français, par suite de l'ostracisme qui l'éloignait de Paris, ne voyait jamais représenter ses œuvres. Comment les juger, les apprécier, les modifKîr suivant l'optique de la scène? Outre vu amour-prctpre d'auteur bien naturel, on comprend donc le désir très vif de Yollaire de posséder un théâtre sur lequel

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il j)ùt essayer les prochicUoiis de son génie. Mais les spcclacles étaient rigonieusenienl interdits à Genève, les marionnettes mêmes n'y étaient pas tolérées, et le poète se lieuila à une résistance invincible de la part du Consistoire : s'il se soumit, ce ne fut pas sans regrets ni sans espoir d'un retour de fortune'.

D'Alembert vint aux Délices à la fin de 1755; Voltaire lui cou lia ses doléances, il se plaignit des vexations dont il étail viclinie et de ce rigorisme exagéré qui transformait la cité de Calvin en une petite ville du seizième siècle. D'Alembert préparait l'article Genève qu'il destinait à V Encyclopédie; il fut convenu qu'il y glisserait un paragraplie sur le tliéàtre, paragraphe qui, sans nul doute, fut rédigé de concert aux Délices.

Pendant son séjour à Genève, l'encyclopédiste se trouva en relations fréquentes avec les pasteurs, et leurs entretiens roulèrent souvent sur la religion. Le clergé de Genève était renommé pour sa science et passait pour fort libéral ; bien loin de témoigner de l'aversion pour les philosophes, il acceptait volontiers avec eux des controverses sur des points religieux. C'est ainsi que les ministres de Genève traitèrent dans d'amicales conversations avec d'Alembert beaucoup de questions délicates et qu'ils se laissèrent vraisemblablement entraîner en paroles au delà de leur pensée.

L'article Genève païut en 1757. D'Alembert y louait sans réserves presque toutes les institutions de la llépu-

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