‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 262 sur 333 · A du Pcyrou, 27 janvier · texte numérisé non relu

A du Pcyrou, 27 janvier

VOI.TAIHË ET .I.-,I. KOISSK.VI- -107

commetliiil une iinprudi'nce cl qu'il la regrelterait amèrement. « Monsieur, lui avait ilil le baron d'Holbach, vous allez réchauffer une vipère dans votre sein : je vous en avertis, vous en sentirez la morsure. » Mais le philosophe anglais crut à de la passion chez le baron et ne tint compte de son avis.

A peine en Angleterre, il écrit à tous ses amis pour leur faire part des côtés charmants qu'il découvre chaque jour dans le caractère de Rousseau : « Mon pupille est arrivé en bonne santé, mande-t-il à Mme de Bouftlers, il est très aimable; toujours poli; souvent gai: ordinairement sociable. Il ne se connaît pas lui-même, quand il se croit fait pour la solitude. Son cœur est excellent et plein de chaleur ^ » Il dit encore à la marquise de Barbantane : « Je vous déclare que je ne connus jamais un homme plus aimable et plus vertueux. 11 est doux, modeste, aimant, désintéressé, doué d'une sensibilité exquise. Je passerais ma vie dans sa société, sans qu'il s'élevât aucun nuage entre nous. 11 a dans ses manières une simplicité remarquable; c'est un véritable enfant dans le commerce ordinaire'. »

Après six semaines d'intimité, il écrit à Blair :

'( Les philosophes de Paris m'ont dit que je ne pourrais le conduire jusqu'à- Calais sans mie querelle, mais moi je crois que je pourrai vivre avec lui toute ma vie dans une amitié et une estime mutuelles. Je regrette qu'on ne puisse en faire l'expérience. .le crois (ju'unc des grandes raisons

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