Valpole à W. Cole. Paris, 28 février
470 VOLTAIRE ET .l.-J. ROUSSEAU
revenu à une appréciation plus exacte. L'excès même de la louange provoqua la critique : on se rappela que l'illustre exilé avait dit beaucoup de mal dans ses ouvrages de ce peuple anglais auquel il demandait aujourd'hui riiospitalité, et quelques articles moins clogieux parurent dans les journaux.
Aussitôt Rousseau commence à se fatiguer d'être à Londres, il aspire au repos et à l'isolement. Ilume lui trouve une résidence agréable à Chiswick. près de la capitale: le philosophe y attendra paisiblement, à l'abri des importuns, que Thérèse l'ait rejoint.
L'arrivée prochaine de cette femme mettait un assez grand obstacle à l'établissement détinitif de Jean-Jacques ; il exigeait en effet que celle qui en Suisse faisait la cuisine et servait les repas, mangeât désormais avec lui à la table de ses hôtes. Cette condition paraissait inacceptable, et les enthousiastes, mêmes se refusaient à admettre dans leur intimité, à leur propre table, cette Thérèse dont le rôle était si peu équivoque. C'est qu'en Angleterre, on ne paraissait nullement disposé à siispendre tontes les lois sociales en faveur de Rousseau '. Thérèse, toute maîtresse d'un grand homme qu'elle était, n'en restait pas moins sa maîtresse, et elle ne devait nullement compter de la part du peuple anglais sur une réception chaleureuse. Si les grandes dames de Paris, comme Mme de Luxembourg, poussaient l'engouement jusqu'à l'embrasser en public, toute la société de