‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 266 sur 333 · I. Ihituesliff 0)1(1 cnrrespoiulcuce · texte numérisé non relu

I. Ihituesliff 0)1(1 cnrrespoiulcuce

Vdl.TAKir 1:T .l.-J. ROUSSEAI' 471

Loiulres lui louina le dos. el qiKind ou demaiulait une audience à liousseau, on éviluil la I.evasseuravcc grand soin. Le philosophe, dont le sens moral élait complètement finisse parles témoignages de considéralidu qu'il avait vu rendre eu France à sa compagne, fut profondément froissé du peu d'accueil qu'elle reçut en Angleterre, el il chercha à s'éloipiier de Londres le plus rapi- (hunent possible'.

Après bien des recherches infructueuses, car son pupille se moulrait fort exigeant, David Unit par dt'convrir à Wootton. dans le Derbyshire, une délicieuse résidence qu'on mit gracieusement à la disposition du citoyen de Genève. Le propriétaire, M. Davenport, ne l'habilait pas, mais il y entretenait un assez nombreux personnel. Il fut convenu que, pour mettre la susceptibilité du philosophe à l'abri, M. Davenport accepterait une pension annuelle de trente livres sterling.

Ce ne fut pas sans inquiétude que Hume vit son ami se retirer à la campagne. Il redoutait l'effet de la solitude sur sa nature triste et mélancolique : « Je ne serais pas étonné, disait-il, qu'il ne fût pas heureux et quil quittât bientôt la retraite que je lui ai trouvée. » On voit du reste à cette époque que ses idées se sont modifiées et qu'à l'enthousiasme des premiers jours a succédé une appréciation plus saine du caractère de Kous seau.

H Cf.'t hoinnie, niande-l-il à lUair, le plus singulier de tous I. 179!). Orii/iiin/ letlrrs of.l.-.l. Houssrt/ii.

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les êtres humains, m'a enfin quitté et j'ai peu d'espoir de jouir (le nouveau de sa société dans l'avenir, bien qu'il m'ait dit qu'il ferait chaque année à pied, pour me voir, la route de Londres ou d'Edimbourg.... Il était absolument décidé à se précipiter dans la solitude, en dépit de toutes mes remontrances; je prévois qu'il y sera malheureux comme il l'a toujours été dans toutes les situations; il y sera entièrement sans occupation, sans société et presque sans amusement d'aucun genre". )>

La veille du départ pour Wootton, M. Davenporl raconte qu'il a trouvé par hasard une voiture de retour et que, moyennant un prix modéré, le philosophe sera transporté dans sa nouvelle résidence. C'était un moyen ingénieux de ménager sa bourse sans le froisser. Mais Rousseau se doute de la ruse; il accable Hume des plus \iolents reprocbes, se plaint d'être traité comme un enfant et assure qu'il ne supportera pas qu'on se moque ainsi de lui. Après une scène des plus vives, il tombe dans un silence morne : tout à coup il se lève, va s'asseoir sur les genoux de Hume stupéfait, l'embrasse avec la plus grande chaleur et lui dit en couvrant sa figure de larmes : « Mo pardonnerez-vous jamais, mon cher ami? Après toutes les preuves d'alïection que j'ai reçues de vous, je vous récompense par un indigne traitement. Mais j'ai cependant iiii cœur digne de votre amitié. Je vous aime, je vous estime. » David, attendri, le serre vingt fois dans ses bras. « Aucun événement de ma vie ne m'a plus affecté, raconte-t-il". »

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