‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 270 sur 333 · Amilord X..., 7 avril · texte numérisé non relu

Amilord X..., 7 avril

2. Plusieurs libelles lurent en elfet publiés à Londres pendant le séjour do Rousseau en .\ngleterro : la f.cthc d'un Anglais, la Leltre d'un Quaker, etc.. etc.

le connaît, que dis-je? ils habitent dans la môme maison. La trahison ne devient-elle pas évidente? Les lettres que Rousseau reçoit ont un aspect bizarre ; l'enveloppe est quelquefois déchirée, on dirait qu'elles ont été décachetées et remises en étal par une main malhabile; quel peut être l'auteur de cette misérable indiscrétion, si ce n'est Hume'?

Tout concorde, on le voit, pour prouver la fourberie du philosophe anglais et son indigne trahison. « Plusieurs autres faits me rendent tout suspect de sa part, jusqu'à son zèle, écrit Jean-Jacques. Je ne puis voir encore quelles sont ses intentions, mais je ne puis m'empêcher de les croire sinistres-. »

Une fois lancé dans cette voie déplorable, une fois repris par son incurable manie, Rousseau ne s'arrête plus. Mais maintenant, la maladie a fait d'effrayants progrès: les tristes scènes de Motiers ont laissé dans cette tète déjà si malade d'ineffaçables traces, ce n'est plus une simple crise que traverse le malheureux Jean-Jacques c'est la folie même qui s'empare de lui. L'accès, en effet, bien loin de se calmer, ne fait que s'accentuer : « Je regarde votre public, écrit-il à M. Rose, comme un tas d'enfants menés par un singe en masque et qui viennent me couvrir de boue : d'abord je m'en ûiche et bientôt j'en ris, surtout quand le singe est démasqué". »

1. II est à remarquer que, pendant son séjour à Moliers, Rousseau s'était déjà plaint de recevoir ses lellres décacliclées.

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