I. Julie de Bondeli à Zimmerinann. Borne, '29 novembre
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aurait dû soupçonner d'ouvrir ou irescauiotci' les lel- Iros; c'était la poste d'abord, qui Iticn souvent se rendait coupable de pareils mélaits, c'était ensuite et surtout la triste créature dont il avait fait sa compagne; fatiguée (le l'isolement auquel on la soumettait, désireuse de quitter un pays qu'elle détestait, désireuse aussi de garder tout son empire sur le mallieureux Rousseau, elle ne négligeait aucurr moyen pour le terroriser et lui faire croire à des persécutions imaginaires. Il est plus (jue vraisemblable qu'elle fut l'auteur des indiscrétions commises.
L'équipée de Jean-Jacques ne le brouilla pas seulement avec -Mme de Boufllers, elle mit un terme également à ses relations avec Mylord Maréchal.
Lord Keitli aimait beaucouj) Rousseau, mais il fut désolé de sa conduite.
u La malheureuse querelle de notre ami contre M. Hume, ècril-il à du Peyrou, me donne tous les jours plus de peine: tout le monde en parle. Je ne puis justifier son procédé. Tout ce que je puis faire est de justifier sou cœur, et te séparer d'une cireur de son jugement, qui a mal interprété les intentions de David*. »
« Je le regarde toujours comme un iiommo vertueux, mais aigri par ses malheurs, emporté par sa passion, ot qui n'écoute pas assez ses amis. Je ne puis lui donner raison jusqu'à ce qu"il me paraisse l'avoir. Si, dans la suite, il fait voir des preuves que Hume est un noir scélérat,
1. '27 seplenibi'e 17GG, nousaeaii. «fs aniiti et ses ennemis.
certainement, je lui donnerai raison; mais, jusqu'à cette heure, je ne vois pas apparence de preuves solides ^ »
Ennuyé et fatigué de ces querelles, Myloi'd Maréchal, cessa toute correspondance avec le philosophe. Jean- Jacques fut vivement affecté de cette décision, et il l'attrihua naturellement à une manœuvre souterraine de ses ennemis'".
« La ligue qui s'est formée contre moi est tfop puissante, trop adroite, trop ardente, trop accréditée, pour que, dans ma position, sans autre appui que la vérité, je sois en état de lui faire face dans le public. Couper les têtes de cette hydre ne servirait qu'à les multiplier; et je n'aurais pas détruit une de leurs calomnies, que vingt autres plus cruelles lui succéderaient à l'instant''. »
Il était tellement convaincu, tellement persuadé, non seulement de la trahison de Hume, mais encore de ses efforts pour le perdre, qu'il écrivait sérieusement, à du Peyrou :
« Les choses qui se passent en Angleterre à mon égard sont, je vous assure, hors de toute imagination. J'y suis dans la plus complète diffamation où il soit possible d'être.... il parait maintenant que le projet de M. Hume et de ses associés est de me faire périr ici de douleur et de misère. J'espère qu'ils ne réussiront pas. »