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2. G juillet 1706. Edinbuiglis' Royal Socicly Mss. Ilumc's lifc and correspondencc.
512 VOLTAIRE ET J.-J. [lOUSSEAU
Malheureusement Rousseau a connaissance du projet de Hume; aussitôt il s'empresse d'écrire à tous ses amis, en les priant de répandre ses lettres, qu'il est parfaitement rassuré, que jamais le philosophe anglais n'osera publier leur correspondance, ou que du moins, s'il s'y décide ce ne sera pas sans les fahificalions les plus énormes. Il le dit à du Peyrou,'au libraire Guy, au pasteur Roustan, et il a môme soin d'ajouter que Hume doit amèrement regretter de s'être ainsi avancé, mais que si, après avoir promis de donner les pièces du jtrocôs, il ne les publie pas, ce sera naturellement sa condamnation la plus éclatante. « Un tel silence, après le bruit qu'il a fait, serait décisif. » Ce défi audacieux fut même imprimé dans les papiers publics de Paris et de Londres.
Hume hésitait encore et il allait probablement céder aux conseils qu'il recevait de Paris, quand les provocations de Rousseau lui imposèrent une ligne de conduite différente. Ne voulant pas rester sous le coup de ces imputations outrageantes, il consulta encore une fois d'Alembert, en lui faisant observer combien un l)lus long silence serait interprété d'une façon peu favorable. D'Alembert lut la lettre un soir chez Mlle de Lespinasse, en présence de Turgot, de Saurin, de Marmontel, de Duclos, de l'abbé Morellet. Toute l'assemblée fut d'avis que le philosophe anglais se trouvait dans l'obligation de se disculper et qu'il devait