Année lilléraiie
:,16 VOLTAIRE ET J.-J. l'.dUSSEAU
gea la publication de cette querelle fâcheuse pour la philosophie : « Hume prouve que Jean-Jacques est un maître fou et un ingrat pétri d'un sot orgueil, écrit-il à Damilaville, mais je ne crois pas que ces vérités méritent d'être publiées'. »
Rousseau ne répondit pas à ï Exposé succinct, il garda le plus profond silence. Une de ses dévotes, Mme de la Tour Franqueville, prit pour lui la parole el essaya de réfuter la brochure de Hume.
Le procès » de la bienfaisance contre l'ingiatitude » passionnait tous les esprits. Mme de la Tour eut des imitateurs et il parut en faveur de Jean-Jacques plusieurs écrits dont le style malheureusement ne fut pas à la hauteur de l'intention : « On a publié ici pour sa défense quatre brochures, écrit d'Alembert', toutes plus mauvaises les unes que les autres : c'est un homme noyé, ou peut s'en faut, et tout son pathos, pour l'ordinaire si bien placé, ne le sauvera pas de l'odieux et du ridicule''. »
Hume, quoi qu'on ait pu en dire, agit vis-à-vis de Rousseau avec générosité; il ne lui garda pas rancune de ses indignes procédés, et il s'employa de son mieux peu de temps après pour lui faire obtenir la pension que