‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 301 sur 333 · I. Rousseau avait nccepté iino pnnslon de Mylord Maréclial · texte numérisé non relu

I. Rousseau avait nccepté iino pnnslon de Mylord Maréclial

VOLT A lut; ET .I.-.l. HOUSSE AU 52ù

«luo les romontrancos do ses amis n'ont pu yuérir son cœur.

« 11 a mis le trouble dans sa pairie avant d'en sortir, comme un incendiaire qui s'enfuit après avoir allumé la mèclie. Celui-là, certes, a eu raison qui a dit que Jean-Jacques descendait en droite ligne du barbet de Diogène accouplé avec une des couleuvres de la Discorde.

« On n'aurait pas reproché à d'autres sans doute ces opprobres ou connus ou secrets, dont on est forcé de montrer ici la turpilude. Il y a des faiblesses et des humiliations qu'on doit laisser dans les ténèbres, quand les affligés restent dans une obscurité modeste, quand ils ne lèvent point une tête audacieuse, quand ils ne distillent point le fiel et l'outrage. Mais c'est ici un procès personnel qui exclut tous les égards; et puisqu'il est permis à un Diogène subalterne et manqué d'appeler jongleur le premier médecin de monseigneur le duc d'Orléans, un médecin qui a été son ami, qui l'a visité, traité, qui a été au rang de ses bienfaiteurs, il est permis à un ami de M. Tronchin de faire voir ce que c'est que le personnage qui ose l'insulter. On peut, sur le fumier où il est couché et où il grince les dents contre le genre humain, lui jeter du pain s'il en a besoin; mais il a fallu le faire connaître, et mettre ceux qui peuvent le nourrir à l'abri de ses morsures.

« Finissons par faire sentir quun charlatan qui a lassé la pitié de ses bienfaiteurs et l'indignation publique n'a pu déshonorer que lui-même, et non jtas la littérature. »

Cette passion dans la lulte, cette exagération de polémique furent sévèrement jugées : « Ces notes, ditGrimm, forment un dégoûtant libelle où l'on reproche à M. Rousseau de vilaines choses qui, vraies ou fausses, ne doivent jamais souiller la i)lume d'un honnête homme. L'auteur

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des Notes se fait le défenseur de MM. Trouchinet Ilelvétius et de beaucoup d'autres honnêtes gens qui ne l'en avaient pas chargé'. »

Quel était donc Fauteur de ces Nolesl 11 n'y a pas à en douter. Elles parlaient de Fcniex , mais le philosophe s'empressa de les désavouer et il désigna le coupable comme un homme liés au courant et intime ami du docteur Tronchin\

Il faut reconnaître que malgré (h's griefs véritables et une irritation légitime, A'oltairc abusait de la situation. Emporté }>ar la passion, il trailait maintenant Rousseau comme il traitait tous ses autres ennemis, c'est-à-dire qu'il le piétinait. Et quand on lui conseillait de ménager un homme malheureux cl que tout le monde blâmait, il répondait :

« Je vous ai dit sans doute, et si je ne vous l'ai pas dit, je le redis; et, si je l'ai redit, je le redis encore : il est avéré, prouvé, démontré, que ce malheureux Jean-Jacques ne m'avait écrit, pour prix de mes bontés, une lettre très insolente sur les spectacles que pour engager avec moi une querelle, pour soulever contre moi les prêtres et les autres gueux de Genève, et pour me faire sortir des Délices. 11 n'y a jamais eu de pareil monstre dans la littérature, pas même Fréron; voilà ce qu'il faut qu'on sache. Je me reprocherais de iii'être

1. Frcroii dit é^'alement : « Une passion aveugle et une haine féroce ont dicté ce liljcUe contre J.-J. Rousseau, dont le niérile et la célébrité sont les sources uniques de ces déclamations et de ces injures (jui finiront par ennuyer le public, sans lui faire prendre le change. » (Année lil'.craire, 17GG.)

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