Inédite. Villers-Cotterels, 21 aoùL 17C
VOLTAIUK ET J.-J. lUtUSSEAl! 520
à vouloir s'expatrier. Cet autre luu, J.-J. Uousseau, serait le plus coquiu de tous les hommes s'il n'était pas le plus fou.... Cet homme est un charlatan de vertu, et je n'aime point les charlatans, et l'homme de Ferney est un fou. Celui qui a dit que l'esprit est uu panache qui e.xpose, tandis que le hon sens est un casque qui défend, a dit une chose très vraie. Ayons du hon sens, mon cher iils, et n'envions pas aux autres l'esprit*. ))
Sou content do la Lettre à Pansophe, de lu Lettre a Hume, des-Yo^cs, Voltaire, insatiable dans sa vengeance, écrivit en 17(>7 \à Guerre de Genève. Sous le prétexte de peindre dans un poème héroï-comique, comme le Lutrin, les dissensions de la petite République et de jeter le ridicule sur ses habitants, il composa contre Uousseaii la satire la plus virulente.
Les héros du poème sont ce fameux Robert Covelle. « M. le Fornicateur », et sa tendre amie, Mlle Ferboz. Le sujet n'est autre que les mésaventures des deux amants, la sentence prononcée par le Consistoire et le refus de Covelle de se soumettre à la génuflexion, relus qui provoque la guerre- civile. Mais tous ces incidents ne sont là que pour la forme et n'ont d'autre but que d'amener ce portrait de Rousseau :
Dans un vallon fort bien nommé Travers, S'élève un mont, vrai séjour des hivers; Son front altier se perd dans les nuages, Ses fondements sont au creux des enfers; Au pied du niout sont des antres sauvages,