Grimm. Corrcsp. litl., jinnilbS
YOr.TAIRE FT ,I.-J. ROUSSEAU 71
sur lo llu'àlrc, c'est en faveur do Tau leur de Zaïre, el oslensiblenieut il resle plein d'égards et de rcspccl pour lui :
« Oue M. de VoHaiie, dit-il, daigne nous composerdes tragédies sur le modèle de la Moi't de César, du premier acte de Bniliis; et s'il nous faut absolument un théâtre, qu'il s'engage à le remplir toujours de son génie et à vivre autant que ses pièces ! »
Voltaire, moins que tout autre, ne fut la dupe de ces hypocrites éloges. A la première nouvelle de la publication, le châtelain des Délices ne s'était pas énm : « Qu'est-ce qu'un livre de Jean-Jacques contre la comédie? dit-il ironiquement, Jean-Jacques est-il devenu père de l'Église?' » Puis, écrivant à d'Alembert, il raille agréablement le goût des Genevois pour les spectacles :
<( Est-il vrai que Jean-Jacques écrit contre vous et qu'il renouvelle la querelle de l'article Genève? on dit bien plus, on dit qu'il pousse le sacrilège jusqu'à s'élever contre la comédie qui devient le troisième sacrement de Genève. On est fou du spectacle dans le pays de Calvin.
« Nos mœurs ctiangent, Brutus, il faut clianger nos lois. »
(La Morl de César.)
« On a donné trois pièces nouvelles faites à Genève même, en trois mois de temps, et de ces pièces je n'en ai fait qu'une. Voilà l'autel du dieu inconnu à qui cette nouvelle Athènes sacrifie. Rousseau en est le Diogène, et du fond de son tonneau, il s'avise d'aboyer contre nous. 11 y a eu lui double