A Thieriot, 17 septembre
ingratitude; il attaque im art qu'il a exercé lui-même, et il écrit contre vous qui l'avez accablé d'éloges*. »
Cependant la Lettre sur les spectacles arrive aux Délices; le patriarche en prend connaissance; cette fois il ne peut maîtriser un mouvement de colère que nous dévoile Mme de Constant' :
« Nous lisons le Rousseau genevois, écrit-elle, rien n'est plus fou et plus fait pour le bas. Il y a un passage de Platon appliqué indirectement à Voltaire qui a mis les Délices en fureur contre liii^ Voltaire déclame violemment sans croire que nous en connaissions la véritable raison, car ce que Rousseau dit sur lui tout à plat est fort obligeant. »
Cédant à ce premier mouvement, Voltaire écrit au pasteur Vernes : « A l'égard des ânes rouges qui écrivent contre l'art des Sophocles, dans lequel ils se sont eux-mêmes exercés, je les plains et je vous aime. » Puis c'est tout, à peine de loin en loin laisse-t-il échapper dans ses lettres quelques plaisanteries. Et cependant il comprenait parfaitement que par-dessus la tête de d'Alembert, il recevait un terrible coup droit qui ruinait à jamais son espoir d'acclimater le théâtre à Genève.
Il ne se faisait pas la moindre illusion sur les mobiles qui poussaient Rousseau, il savait que c'était la jalousie qui le guidait et que toute cette campagne était dirigée