‹ Voltaire et J.J. RousseauChapitre 33 sur 333 · Le passage s'appliquait à Diderot · texte numérisé non relu

Le passage s'appliquait à Diderot

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contre les Délices'. Quand Marninnlel vint voir Voltaire quelque temps après', il lui tleinandail si Genève avait pris le change sur les véritables motifs qui avaient, poussé Jean-Jacques à écrire la Lctlrc sur les spectacles :

(( Rousseau, répondit le patriarche, est connu à Genève mieux qu'à Paris. On n'y est dupe ni de son faux zèle, ni de sa fausse éloquence. C'est à moi qu'il en veut et cehi saute aux yeux. Possédé d'un orgueil outré, il voudrait que. dans sa patrie, on no jiarlàt que de lui seul. Mon existence ry'ofl'nsque ; il m'envie l'air que j'y respire, et surtout il ne peut souffrir qu'en amusant quelquefois Genève je lui dérobe à lui les moments où l'on pense à moi"'. »

Tout le monde s'attendait à voir le premier auteur dramatique du siècle prendre la défense du théâtre si vivement attaqué. Ceux qui connaissaient la situation à Genève et les secrets desseins du poète prévoyaient une réponse virulente. Et cependant Voltaire garde le silence. Ce n'est pas qu'il ne ressente le coup qui lui est porté, ce n'est pas qu'il n'y soit sensible, mais il feint de l'ignorer, et il reste indifférent à une querelle qui en apparence ne le regarde pas; encore une fois il fait preuve d'une patience et d'une douceur inaccoutumées. Le fait est digne de remarque. C'est la seconde fois que Rousseau cherche le fer, pour la seconde fois Voltaire se dérobe. Rousseau évidemment s'attendait à une réponse, sa déception fut grande de n'en point recevoir :

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